‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 49 sur 153 · VI. ARISTARQUE · texte numérisé non relu

VI. ARISTARQUE

d’une familiarité qui honore également le prince et son favori . Combien est plus honorable encore la confiance des princes alexandrins envers le savant hôte du Musée qu’ils choisissaient pour maître de leurs enfants I

Malgré ses doubles fonctions de professeur et de bibliothécaire, Aristarque fut un philologue laborieux et fécond. Un témoignage porte à huit cents le nombre de ses livres, et ce nombre, si étrange qu’il paraisse, peut n’être pas exagéré ; c’est précisément celui des livres attribués à Callimaque. C’est, avec moins de variété, la même abondance qui nous étonne dans ce que l'es anciens racontent d’auteurs plus originaux, d’Aristote par exemple, de Théophraste et de Chrysippe. Du reste, les livres alors n’étaient pas toujours ce que nous appellerions aujourd’hui un volume. Les subdivisions d’un grand ouvrage comptaient pour autant de livres. Parmi ceux d’Aristarque, on no peut citer aujourd'hui par leurs titres que ses Réponses « Comanus , à P/iilétas, à Xénon, qui étaient, sans doute, des traités polémiques, et son Commentaire sur Y Iliade et Y Odyssée. Il avait commenté aussi Hésiode, Archiloque, Pindare, Alcée, Anacréon, Aristophane le comique, Eschyle, Sophocle, Ion et Aratus, d’autres encore, et l’on voit par un exemple1, que les éditions qu’il avait données de ces poètes jouissaient, chez les anciens, d’une autorité classique. Outre ces travaux, il avait, sans doute, écrit quelques traités de critique comparative, puisque Quintilien’ lui attribue surtout, ainsi qu’à son maître Aristophane, la composition de ces célèbres Canons où étaient rangés les poètes classiques de la Grèce. L’exposé des motifs qui précédait ces listes est un morceau à jamais regrettable pour les amateurs de curiosités littéraires. Eschyle, Sophocle et Euripide, jugés par un tel

dans le Bolœana , g 9, l'anecdole qu'on a quelquefois défigurée un l’abrégeant.

• L’édition d’Alcée. Voyez le Manuel de métrique d’Hépheslion, c. xv.

! Instit. oral., x, t, g 54 et 59.

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