ARISTARQUE
maître en présence de tous leurs chefs-d’œuvre ; Aristophane, rapproché de Ménandre et de Philémon; Démosthène, d’Hypéridej Homère, des faiseurs d’épopée qui, dès Pisistrale, renouvelaient par une étude savante quelques-unes des merveilles de l’antique inspiration ; combien de telles pages nous auraient épargné aujourd’hui de conjectures et de discussions stériles1 1
Aristarque doit aussi avoir enseigné systématiquement la grammaire grecque, chose alors nouvelle. L’un de ses disciples, Denys le Thrace, est auteur du plus ancien manuel de grammaire grecque qui nous soit parvenu, où l’on trouve, pour la première fois, les parties du discours ramenées à huit *. C’était , selon Quintilien 3 , la doctrine adoptée par Aristarque : jusqu’à lui, on n’avait distingué que six parties du discours ; il en ajouta deux qui sont demeurées dans nos manuels, le participe et la préposition. Modeste découverte, sans doute, mais qui, à sa date, mérita de faire quelque bruit. On apprend aujourd’hui ces choses-là dans nos écoles primaires ; mais on ne les lisait alors nulle part. 11 a fallu deux siècles, de Platon à notre Aristarque, pour compléter cette nomenclature des parties du discours, qui n’a guère changé depuis, et qui règne maintenant presque seule dans les grammaires de tous les idiomes européens. Il faut savoir rendre hommage à ces utiles inventions, pour lesquelles la popularité n’a pas été la gloire, et qui, du nom de leurs véritables auteurs, ont passé, grâce à leur utilité môme, sous le nom de tout le monde
1 Schccll, t. III, p. 190, rappelle, d'après Labbe, qu'il existe à uolre Bibliothèque royale un ouvrage inédit d’Aristarque intitulé: Trésor des Canons. U. Bekker nous explique la chose (Anecdola grasca, m, p. Hüu) : c'est simplement un recueil de paradigmes grammaticaux, par Aristarque le jeune.
1 On peut le lire au tome II des .Anecdola grœca de Bekker.
8 Inst, oral., 1, *, § 5.
* Voir, pour plus de détails, notre Mémoire sur Apollonius Dyscole