‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 63 sur 153 · VIII. DES LIVRES ATTRIBUÉS A HERMÈS · texte numérisé non relu

VIII. DES LIVRES ATTRIBUÉS A HERMÈS

toutes les doctrines peuvent trouver des arguments, personne ne s’étonnera qu’il se rencontre quelques opinions conformes au sens des vieux symboles égyptiens ; mais personne ne saurait y chercher une expression authentique de cette religion si originale. L’cnlratnement des passions religieuses et l’inexpérience de la critique ont seuls pu, sur ce point, accréditer les préjugés ou prolonger les méprises. C’est ce qui a été démontré depuis deux siècles, plus longuement et plus savamment que nous ne le saurions faire, par Casaubon, dans sa belle polémique contre Baronius; depuis cette époque, les historiens de la philosophie n'ont guère fait que reproduire les mômes conclusions, jusqu'à M. Baumgarten-Crusius, qui, dans un opuscule spécialement consacré à ce sujet (léna, 1837) , les a encore appuyées par des preuves nouvelles. Il est aujourd’hui à souhaiter qu’un philologue exercé publie une bonne édition critique de tous ces textes d'Hermès le philosophe, en les accompagnant d’un commentaire où seraient indiqués avec soin tous les emprunts de l’auteur à la Bible, aux platoniciens, à l’Evangile, à ceux des livres égyptiens que la science peut traduire aujourd’hui. Si nous ne nous trompons, la part faite au plagiaire, celle de l’écrivain original resterait bien petite, indigno en tout cas du Taut égyptien ; mais un tel livre aura toujours son importance comme témoignage de l’état des esprits dans les siècles où il a pu naître et obtenir tant d’autorité.

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