‹ Mémoires de littérature ancienneChapitre 69 sur 153 · INTRODUCTION A. L’ÉTUDE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A. L’ÉTUDE

DES HISTORIENS GRECS '

L’idée de l’histoire nous est bien familière aujourd’hui. Elle entre dans les éléments de notre éducation à tous les degrés, depuis le plus élevé jusqu’au plus élémentaire. Il s’en faut pourtant de beaucoup que cette idée ait été ou quo, môme aujourd'hui, elle soit familière à tous les peuples. Je ne sais pas si, comme l’ont raconté certains voyageurs, il existe quelque part sur notre globe des peuplades assez mal douées ou assez abruties pour n’avoir pas une notion distincte du présent et du passé, ni des divisions les plus simples du passé ; mais il y a certainement de grands et de fort anciens peuples chez qui l’idée de l’histoire n’a jamais été conçue avec la précision et la netteté qui en font un des plus utiles instruments de notre éducation politique et morale. Ici ce sont les Indiens, qui noient la tradition du passé dans une vague succession de cycles héroïques et fabuleux, sans chronologie, sans généalogie régulières, au point que la seule date positive que nous offre peut-ôtre l’histoire de l’Inde s'appuie sur un rapprochement et sur un synchronisme tardif avec les dynasties issues de la conquête macédonienne ; partout l’épopée ou le drame, nulle part l’histoire dans cette étrange et féconde littérature, jusqu’aux temps du moins où

1 Ce morceau, publié dans la Revue européenne de 1860, résume, avec quelques modifications, les considérations développées à l'ouverture de mon cours de littérature grecque en décembre 1859.

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