XII. IXTRODIICTIOX A L'fcTCDE
Ces luttes de la conscience et du taleql, si elles m’pnt rempli d’admiratiou, m’ont appris aussi combien tout le génie d’un savant artiste était mal à l’aise dans la nouvelle poétique de l’histoire , et combien vivaient plus libres et plus heureux à cel égard les Thucydide, les Tite-Live et les Tacite.
Et pourtant, la seule difficulté en ce genre n’est pas de deviner et de reproduire les vrais accents de l’éloquence, lorsque celle-ci n’a pas laissé dans les monuments contemporain^ une exacte et fidèle empreinte d'elle-mêrae. Pour les siècles et pour les pays où les documents oratoires abondent, pour les temps surtout où la sténographie et l’imprimerie luttent de précision et de zèle à reproduire tout le détail de l’éloquence que chez les anciens on recueillait à grand’peine amoindrie ou corrigée, pour ces temps, dis-je, la richesse même devient un embarras aussi grand que l’est ailleurs l’indigence. Comment ramener aux justes proportions d’un récit convenablement ordonné, la variété, l’abondance des discours qui éclairent, passionnent, dirigent, ou simplement occupent chaque jour une nation, surtout une nation libre, à la fois jalouse et rassasiée de publicité? Comment conserver quelque unité dans la composition d’une grande œuvre historique, lorsque l’auteur du récit cédera tour à tour la parole à des orateurs aussi divers de langage que de caractère? 11 y a là vraiment pour l’historien qui ne veut pas se borner au rôle de simple compilateur un problème bien difficile à résou-, dre; et, sans méconnaître les éminents mérites de quelques-uns de nos contemporains, on peut dire que ce problème n’a pas encore , parmi nous , été complètement résolu.
Chez les anciens, l’art primait la science dans le récit historique , non sans en avoir quelquefois remords , comme nous l’attestent et certaine critique d’un contemporain de Thucydide, et certain aveu de Trogue-Pompée, historien du
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DES HISTORIEES GRECS.
temps d’Auguste'. Chez les modernes, c’est la science qui domine l’art, non sans avoir quelquefois regret des sacrifices qu’elle lui impose.
En résumé, nul sujet ne montre mieux que l’étude des historiens l’alliance des lettres grecques avec l’étude de notre littérature nationale, je pourrais dire de toutes les grandes littératures des peuples modernes. Nulle part la tradition antique n’a été plus durable ni plus puissante. Nous sommes, dans le genre historique, plus peut-être qu’en aucun autre genre, des disciples des anciens, disciples plus savants et plus exigeants de vérité rigoureuse, mais disciples enfin, et qui ont toujours à profiter de leurs leçons pour l’art du style et de la composition. Les instruments du critique et la palette du peintre, c’est l’antiquité qui les a préparés et les a mis entre nos mains. Ne soyons pas trop fiers de les avoir, en partie, perfectionnés, quand nous mesurons ce qui peut encore rester à faire. D’ailleurs, quand nous serions plus près nousmêmes de la perfection, n’oublions pas une belle et modeste parole du philosophe ancien : C’est que le commencement vaut, à lui seul, les progrès ultérieurs qu’il prépare'. Or, quels commencements que les Muses d’Hérodote et la Guerre du Péloponnèse de Thucydide ! et combien de peuples seraient fiers d’avoir fini comme les Grecs ont débuté !
< Voir la citation d'un jugement de Cralippus par Denys d'ilaücarnasse, sur Thucydide, c. xvi ; et Justin, üistorÙB philippicœ, xxxvili, 3, pour le jugement de Trogue-Pompée.
* Aristote, chapitre Huai de ses Réfutations sophistiques.
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L’HISTOIRE ET LA POÉSIE LÉGENDAIRE
Il y a de grands peuples, comme il y a de grands hommes. Quelques âmes ont eu le privilège de se développer et de vivre ici-bas avec une puissance qui représente pour nous le dernier effort de l’humanité sur une limite où elle ne pourrait plus faire un pas sans se confondre avec Dieu ; ainsi, quelques peuples nous apparaissent avec cette plénitude du génie humain qui fait les grandes destinées dans le présent et dans l’avenir. Vivants, ils ont gouverné les autres par l’intelligence armée ou pacifique ; morts, ils continuent cet empire par l’autorité des traditions.
La Grèce est au premier rang parmi ces grands peuples. Dans les sciences, dans les arts, dans la politique, partout son rôle a été glorieux, partout dominateur. Deux fois, à vingt siècles de distance, elle a renouvelé le monde par la pensée, jamais elle n’a cessé d’y agir, ici par ses leçons et ses exemples, ailleurs pas ses conquêtes. Il n’est aucune partie du domaine intellectuel et moral que ses études n’aient fécondée, aucun problème que sa haute curiosité n’ait posé, aucune profondeur que n’ait tentée son génie. Nulle part l’homme ne fut, si l’on peut ainsi dire, plus complet que dans la Grèce aux jours de sa splendeur, et il n’est pas de nation qui, dans son
1 Publié daus le Journal général de l'Instruction publique du 18 décembre 1841 .
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l'histoire et la poésie légendaire. 3.17 ensemble, représente mieux, avant le christianisme, le divin esprit de l’humanité.
De toutes les parties de la littérature grecque, aucune ne résume aussi bien que {'histoire le développement complet de l’intelligence d'un peuple, et dans ce développement celui de la civilisation : c’est ce que j’essayerai de faire saisir sur une rapide esquisse.
Rien ne répugne plus à l’homme que la destruction du souvenir ; il n’est pas de moyen qu'il n’emploie pour la conjurer ; prince ou pâtre, il veut avoir son histoire, écrire son nom sur une pierre ou le consacrer par une chanson *. 11 croit tant à l’avenir, qu’il lui on faut un, môme sur la terre, après sa mort : c’est là comme une autre forme de rinstipct conservateur.
Mais la mémoire est courte, l’imagination puissante et la raison faible, aux premiers âges de l'humanité : l’histoire invente donc alors autant qu’elle transmet, ou du moins elle supplée par l’invention aux lacunes du souvenir ; elle est une poésio plutôt qu’une science, elle est l’exercice capricieux d’un génie créateur plutôt que le travail réfléchi de la raison ; elle se confond trop souvent avec la fable.
Sans dates et sans fil directeur, elle s’égare dans le lointain des âges, elle y recule au hasard son horizon, elle y vaporise en quelque sorte la figure de ses personnages. Pour elle les hommes sont des dieux, les dieux sont des hommes; l’Olympe est une montagne où les races du ciel et de la terre se rencontrent et se mêlent. Mais, au milieu de ce désordre, l’humanité apparaît toujours avec ses passions et ses croyances. S’il n’est pas un narrateur à la façon de Thucydide, Homère est déjà un grand peintre de la nature humaine, un peintre philosophe, au sens qu’ Aristote a si bien déterminé.
Peu à peu, cependant, une sorte de division s'établit entre
1 Voir tt-dessus une belle page de Lanzi, au début même de son célèbre ouvrage iulitulé : Saggio di Imgwt ctrusca.
xm. l'histoire
les éléments de la tradition. L’élément poétique se détache do la vérité qu’il enveloppait, et, laissant à nu le corps de l’histoire, il se réfugie dans le drame, où il emprunte encore à la vérité historique une grande partie de l’intérêt qu’il doit inspirer ; dans le roman, où il reproduit sous des noms fictifs les vicissitudes de Ja vie intime, les tragédies et les comédies de la famille, les passions de tous les jours, toutes les formes de la vie morale, qui changent avec les vicissitudes de la civilisation. Alors, la tradition du passé s’ordonne et s'épure sous l’œil sévère de la critique ; celle des événements contemporains se fixe désormais par le travail impartial et réfléchi d’une raison savante. Bien plus, il y a tel moment où la raison semble dominer seule une littérature et réduire la poésie au pastiche et à l’imitation. L’histoire alors est tout entière une étude scientifique . C’est, par exemple, ce qui arrive dans le monde ancien depuis la mort d’Alexandre, et surtout depuis l’époque de la conquête romaine eu Grèce jusqu’au siècle de Constantin, époque où l’on cite beaucoup d’habiles versificateurs et peu de poètes originaux. Il se forme alors quelque chose d’analogue à ce que nous appelons la philosophie de l’histoire. On ne se contente plus de recueillir, de contrôler et d’ordonner les faits historiques, on en cherche les causes et presque la théorie. Ces nouvelles prétentions apparaissent déjà dans la République de Platon, dans la Politique d’Aristote et dans le sixième livre de Polybe : tous trois cherchent la raison constante de l’inconstance des révolutions humaines ; tous trois hasardent des formules, affirment quelques lois de la vie des nations. Il se trouve même un esprit assez hardi pour tenter, des hauteurs de l’idée chrétienne, une vaste explication des siècles passés. Un élève de saint Augustin, Paul Orose, prétend apprendre au monde pourquoi le monde a tant souffert depuis la création, pourquoi tant de meurtres, d’incendies, d'inondations et de pillages. Il expose comment Dieu, après nous
et la poésie légendaire.
avoir punis pour nos fautes, roulait nous faire désirer l'im-. périssable consolation de l’Evangile ; et telle est la grandeur du raisonnement dans cette argumentation philosophique, qu'il atteint presque à la poésie Mais si les savants et les rois se contentent de cette poésie toute rationnelle, les peuples ne s’en peuvent contenter. Depuis longtemps déjà, sous ce terrain soigneusement nivelé par la science, on entend bruire comme un sourd travail poétique. La vieille civilisation, déchirée par lés Barbares, s'ouvre à de nouvelles influences, et l'imagination populaire, longtemps comprimée, retrouve son empire.
Malgré l'autorité des documenta officiels, malgré l’autorité de témoignages impassibles comme ceux des inscriptions et des édifices, l’imagination s’échappe une seconde fois en inventions bizarres sur les grands événements et sur les héros de son choix. Dès le quatrième siècle de notre ère, Vous la voyez envahir 1 histoire sérieuse jusque dans ses plus solides monuments ; c'est comme une végétation parasite qui sè glisse entre les pierres d’un édifice savamment construit, qui les disjoint et les brise, grandit et s’élève sur leurs débris, et aux proportions savantes de l’art fait succéder l'harmonie capricieuse des accidents naturels. L’équilibre une fois rompu, l'exactitude des faits et la chronologie ne subsistent plgs dans l’histoire que comme le dernier fil d’une tradition scientifique prête à se rompre. On a de sèches chroniques, par années, par mois et par jours : chroniques du monde, chroniques de royaumes, chroniques de villes, chroniques de princes, chroniques de monastères. Mais là n’est point l'histoire vivante. Les grands personnages, les héros de ces chroniques, vivent ailleurs d une vie bien plus réelle, de la vie populaire et poétique ; ils y gagnent en grandeur imaginaire ce qu’ils perdent de leur positive réalités
Nous disons d’une vie poétique et populaire, car nous ne 1 Voir notre Examen des Historiens d’Auguste, chap. ix, § t.
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parlons pas ici des œuvres tout artificielles de versification, telles qu’élait le poème d’un certain Sotérichus sur la prise deThèbes par Alexandre. La véritable poésie historique du peuple, c’est celle qui déborde en fictions sur Alexandre, sur Charlemagne, sur Hippocrate et sur Virgile ; c’est celle qui méprise l’autorité des mémoires contemporains pour habiller à sa façon les héros qu’elle s’est choisis ; c’est celle qui, à défaut de livres historiques, invente et arrange à sa manière une histoire inconnue à l’antiquité ; c’est celle qui, sur les plus minces documents, compose une épopée tout entière, un cycle d’épopées ; celle qui a régné pendant le moyen âge, qui en fait la gloire, en compense les douleurs, et qui, parfois, a racheté par des œuvres admirables le fréquent sommeil de la critique et de la raison.
Cette poésie, que nous ne pouvons apprécier ici dans son ensemble, mais dont nous voudrions du moins faire saisir le caractère général, n’est point un fait isolé. On la retrouve aux deux extrémités de l’ancien monde , au fond de l’Orient, oh elle transporte pour de pieuses croisades les héros de l’Occident ; à l’Occident, où elle conduit par delà les colonnes d’Hercule Alexandre, vainqueur de l’Asie et de l’empire romain. Partout elle a ses scaldes, ses bardes, ses homérides et ses rhapsodes, dont l’inspiration ignorante et naïve se joue, comme à plaisir, des vérités jadi%bien établies par une critique désormais oubliée. Partout, sous les noms, devenus synonymes, de roman, d’histoire et de chanson, elle envahit non-seulement le foyer du château féodal, mais la cellule du pauvre moine. Tour à tour elle emprunte et fournit aux chroniques et aux encyclopédies de nouvelles fables ; elle est acceptée par la conscience des savants, comme par celle du peuple ; elle a détrôné l’histoire et s’est mise à la place.
On remplirait des volumes avec ces plaisantes métamorphoses de l’histoire auxquelles contribuent, chacun pour sa
Digitiz
ET LA POÉSIE LEGENDAIRE
part, les principaux peuples de l’Asie et de l’Europe. Défigurés par les licences poétiques de plusieurs générations de chanteurs et de romanciers, les personnages de l'antiquité perdent peu à peu ces formes arrêtées que leur donna le sévère pinceau de Thucydide et de Tite-Live, et ils se rencontrent sur le terrain de la fiction avec les personnages de la tradition moderne. Hippocrate parait tour à tour auprès de César Auguste et d’un roi de Hongrie ; Virgile revêt parfois le rôle de l’enchanteur Merlin ; Alexandre et un moine de Clteaux, mort en odeur de sainteté au commencement du treizième siècle, se rencontrent au même festin; Marius et les Guelfes, Sylla et les Gibelins, Perdiccas, et les douze pairs de France, Aaroun-al-Raschid et Charlemagne (ces deux princes du moins étaient contemporains) , Brutus et les ducs de Normandie, tous viennent s'asseoir au banquet de la chevalerie romanesque, tous viennent se confondre dans les nuages du merveilleux.
Au milieu de cet étrange désordre, quelques sages esprits, surtout dans l’empire d’Orientr, s’efforcent de rester fidèles aux exemples de l’antiquité classique ; mais ils ont peine à se garantir eux-mêmes de la contagion. Que voulez-vous exiger d’un chroniqueur arabe qui ne peut remonter dans l’histoire de la Grèce plus haut que Philippe, père d’Alexandre, et qui ne sait comment décider si la naissance du Christ est postérieure de trois siècles ou de soixante-cinq ans à la mort de ce dernier prince ? En Grèce même, un savant moine, élevé à l’école des anciens, Zonaras, est obligé, faute de livres, de laisser dans son récit une lacune de deux siècles, et, dans la partie de ses annales où les livres ne lui manquaient pas, il lui arrive de passer innocemment sous silence Marathon, Platée et 14 conjuration de Catilina. D’autres, avant lui, ont suppléé par le mensonge aux lacunes de la vérité. D’ailleurs, n’est-ce pas à des Grecs mêmes qu’on doit cette fabuleuse histoire d’Alexandre, si connue au moyen âge, si souvent traduite et
XIH. L’HISTOIBE
développée dans toutes les langues de l'Europe moderne, d’après l’original d’Esopus ou celui de Callisthène ; et le vrai Callisthène, lui-même, n’avait-il pas donné l'exemple de coupables négligences dans le récit de la conquête macédonienne 1 ?
Nous avons, dans une littérature tout étrangère à la littérature grecque, un exemple plus curieux encore do cette inévitable contagion de la poésie, et de l’impuissance de la raison humaine à s’y soustraire , quand tout , autour de l’historien, ne respire que fiction et mervoilleux. Un religieux danois, haut fonclionnaire ecclésiastique, Saxo, surnommé le Grammairien, à cause de son savoir, imitateur, pour le beau latin , de Valère-Maxime et de Marcien Capella , qu’il surpasse tous deux, au point d’atteindre quelquefois Tite- Jjve ou Tacite, a entrepris de réunir en un seul corps les annales de sa patrie dispersées dans les inscriptions runiques, les sagas et les autres poésies populaires du Nord. Dans ce livre, souvent admirable pour le style, la fable et la vérité sent souvent au même rang. Peu ou point de dates et de discussions critiques. L’auteur passe des vers à la prose sans publier jamais son imperturbable élégance de grammairien, et vous auriez grand’ peine à saisir chez lui la transition des siècles fabuleux à la période historique des annales danoises. Cotte œuvre, si incomplète encore et si grossière, témoigne cependant d'un énergique effort vers le progrès.; mais il semble qu’il y ait des progrès que le temps seul ne suffit pas à accomplir. Le moyen âge ne devait se transformer que SOUS une influence étrangère à son propre génie, et cette ’ formé historique, qui résume si bien en elle-même tous les caractères du moyen âge, ne se renouvela complètement qu’après la prise do Constantinople : la Grèce (et avec la Grèce il faut nommer Home, qui partagoa ses destinées litté-
1 Voir, dans le morceau qui suit, une analyse des principales légendes qui Q{U, dp si bonne heure, altéré l'histoire d'Alexandre te Grand.
ET LA POÉSIE LÉGENDAIRE. 343
raires depuis qu'elle s’en fit l’émule) donna le signal de cette rénovation et l'inspira de son génie renaissant. C’est alors seulement que, par l’étude des chefs-d’œuvre antiques, on revint au vrai sentiment de la critique et des devoirs de l’historien. C'est à cette école que se forma l'histoire moderne, et longtemps même elle ne conçut rien au delà d'une servile imitation. Mais bientôt Bossuet, puis Vico, Montesquieu et Voltaire renouvelèrent entre les deux principes de l'art historique une lutte quo, de nos jours, la science et le génie n’ont pas encore terminée *.
Si l’on écrivait n priori une histoire de l’histoire, avec tous les matériaux que le progrès des études mot à notre disposition (et ici peut-être il convient d'ouvrir une large parenthèse pour les annales du haut Orient, dont la forme et la composition sont encore mal connues si l’on écrivait à priori l'histoire de l’histoire, on n’y retrouverait pas d’autres vicissitudes que celles de l'art et de la science, do l’imagination et de la raison ; pas d'autres que celles dont la Grèce nous offre à elle seule comme un abrégé. De cet abrégé si complet, nous ne pourrons, il est vrai, analyser que la première partie dans ces leçons. Nous assisterons seulement au premier débrouillement do l'art historique ; nous le verrons sortir do la poésie, arriver à la science, mais non pas encore s’absorber dans la philosophie.
Mais un autre intérêt nous soutiendra dans ces études, celui qui s’attache au fond même de l'histoire grecque. Sans examiner précisément les faits en eux-mêmes, nous serons souvent conduits à les comparer avec le récit qui nous les a transmis, et dans cette comparaison, nous vérifierons, à l’honneur de la Grèce , une importante vérité, c’est que deux secrets sont presque inséparables dans le génie des peuples,
t Voir plus haut, p. 3X5.
> Voir plus haut, p. 317, noies 1 et 2.