XV. SUR QUELQUES TEXTES INÉDITS
question posée, surtout en vue . d’un parti à prendre dans la vie pratique.
14° La proposition d’une loi, ou plutôt la discussion d’une loi réelle ou supposée telle.
La différence qui séparait ces divers exercices est souvent assez légère ; mais on en maintenait rigoureusement les limites à l’aide d’analyses et de distinctions minutieuses. Dans chaque genre, on admettait des subdivisions ; pour chacun d’eux, on posait des règles spéciales de développement oratoire, mieux encore, des règles de style. Tout cela rappelle, en partie et avec un surcroît de subtilité, les Suasoriœ et les Declamutiones des rhéteurs latins. Ces rhéteurs aussi enseignaient par l’exemple autant que par le précepte, et les maîtres grecs ne tardèrent pas à sentir l’insuffisance de leur théorie, s’ils n’y joignaient, dans leurs livres élémentaires, l’enseignement de la pratique. Sur ces divers sujets des Progymnasmata, Hermogène se bornait à donner des préceptes ; un de ses successeurs, Aphthonius, probablement au quatrième siècle de l’ère chrétienne, eut l'idée de joindre à chacun des préceptes nn exemple ou deux de sa façon *. L’idée fit fortune, à ce qu’il semble, et elle fut fort louée ; on trouve môme, plus tard, des Progymnasmata composés uniquement d’exemples ; tel est le recueil qui porte le nom du sophiste Nicolaüs.
La nouvelle doctrine ainsi constituée se perpétua régulièrement, surtout dans les écoles de la Grèce orientale. Elle y jouit d’une popularité égale à celle des grands traités d’Hermogène pour le reste de la rhétorique, à celle de Denys le Thrace pour la grammaire. Tous ces ouvrages étaient com-
1 Aphthonius et non pas Théon, comme le dit par erreur M. E. Gros dans son Etude sur l'état de la rhétorique chex les Grecs, depuis sa naissance jusqu'à la prise de Constantinople (Paris, 1835, p. 86). Au moins, le seul témoignage que nous ajons sur ce sujet, le témoignage du sctaoliasle, qui sera cité plus bas, nomme Apbtbonius comme l’auteur de celte innovation.