XV. SUB QBELQUBS TEXTES INÉDITS
wi*#a$ûT(|MtTa de Libanius contiennent une autre Ckrie sur la même matière ».
Le second exercice oratoire appartient à la classe des rvup.». C’est une sentence énonciative (t™!"» *iro»*vn*ii) empruntée aux Qlynthiennes de Démosthène. « Il faut de l’argent; sans argent, rien ne se fera de ce qu’il faudrait. » On trouve dans Libanius une paraphrase de cet axiome, qui est distincte du morceau conservé par le manuscrit de Bourges; on en trouve une hutre encore dans les Progymnasmata de Nicolétis*.
Le troisième exercice appartient à la même classe, et il développe une sentence d’Homère ( Odyssée , XVIII, 130) : a La terre ne nourrit pas d'être plus méchant que l’homme. » C’est ce que les rhétours nommaient fort justement une sentence hyperbolique.
Enfin, le quatrième morceau est une réfutation, en cinq grandes pages, de la fable d'Adonis.
Or, M. Cougny fait remarquer : 1° que, parmi les modèles d’exercices insérés par Aphthonius dans ses Progymnasmata , se trouve précisément une narration de l’aventure d’Adonis ; 2° que les deux sentences développées par notre auteur anonyme spnt signalées par Aphthonius, dans son chapitre iv, comme des sujets à traiter ; 3° qu’un vieux commentateur d’Aphthonius 3 fait honneur à cet écrivain d’avoir le premier, ou plus que les autres, éclairé par des exemples ses préceptes sur les Progymnasmata. De ces rapprochements, il est disposé à conclure que les quatre morceaux en question sont d’Aphthonius lui-même, ce qui serait leur attribuer une hon-
' A ces rapprochements, que fait M. Cougny, j'ajouterai que la réponse d’Alexandre est signalée aussi comme matière classique dans la Commentaire de Doxopatris sur Aphthonius, t. II, p, *59 et p. *83 des Rhéteurs grecs de VVali.
* Dans les Rhéteurs grecs de Walz, t. I. p. *79.
3 Publié en latin par Escobar, éditeur d’Apbthonius, en 16*7, et en grec par Wall, Rhet. graci, t. II, p. 131.
DES RHETEURS GRECS.
nête ancienneté. Mais cette conjecture manque, je crois, de preuves suffisantes; certains indices me permettent même de l’écarter comme invraisemblable.
Chaque chapitre d'Aphthonius so compose des règles sur
l’exercice qui en fait le sujet, puis d’un exemple à l’appui de ces règles. Le chapitre vin, de l'Eloge, fait seul exception à cette habitude, et l’exception est motivée ; car l’éloge pouvant avoir pour objet une personne ou une chose, il est assez naturel que le rhéteur ait placé à côté de Y Eloge de Thucydide un Eloge de la sagesse. L’économie de ce petit ouvrage est donc très-régulière, et l’on ne voit pas pourquoi, à priori, ou y soupçonnerait, dans son état actuel, des lacunes ou des interpolations. Une autre raison contre cette hypothèse se tire des commentaires sur Aphthonius qui sont parvenus jusqu’à nous, et qui tous s’appliquent certainement au texte que nous avons sous les yeux. Les longues Homélies de Jean Doxopatris, que M. Walz a publiées dans le tome II de ses Rhéteurs grecs, ne laissent aucun doute à cet égard. L’auteur suit chapitre par chapitre, quelquefois ligne par ligne ou mot par mot, les Progymnasmata , dont il veut éclaircir et développer la doctrine. Or, dans un passage, il justifie son auteur d’avoir donné deux exemples de Y Eloge et un seul exemple du Blâme , et, à ce propos, il montre explicitement qu’il lisait dans le livre des Progymnasmata tout juste le même nombre d'eiemples que nous y lisons aujourd’hui. Bien plus, il mentionne à plusieurs reprises des variantes des manuscrits1; il en avait donc plusieurs sous la main, dont aucun ne s’écartait notablement de ceux qui ont servi aux éditeurs modernes. Enfin, il cite souvent les interprètes, ses prédécesseurs, Sardéon, Sopatros, surtout Géométrès, et nulle part il Be laisse voir quo ces interprètes aient eu sous les yeux un
1 P. 471, 530, 550. Cf. /Md., p. 48, où uee des variantes est rappelée aussi par un scboliaale anonyme, probablement d’après Doxopatris.