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|)i<''l('\l(' |>(tiir nous (Mer iiolic iici'iiiissidri, «|iic nous ;iv(»iis conservée comme oCliciors des chasses.
('e|)en(liiiil «-e lilre m'a pensé plus d'iiiie Tois couler la vie, pai' la Inreiir que j'avois (ralhujiier les l)raconniers, si losl (|iie l'en s(:a\()is, el c'esl à Dieu seul «pie je dois de n'y avoir pas allrappé (piehpie coup de liisil.
Kn 17:2."), nous peivlimes M. des Pre/, noire grand-on<de, cy-devant capitaine dansla Vicillc-Marinc, puis dans Charolois, il (Hoil frère de noire «çrand'mèrc de Grésillemonl, de mesmc ([lie l'abbé des Piez. C'étoit un 1res brave mais très borné cai)itaine, s'étant abruti par la boisson, d'ailleurs fort dévot. 11 éloil monté trois fois de suite ù la brèche d'une place et on l'avoil trouvé presque élouffé sous la quantité de morts qui étoient tombés sur luy, mais il en étoil revenu. Il avoit une pension du Roy. Il avoil toujours la plus belle troupe du régiment, el quand un soldat luy demandoit un habit ou un chapeau, il leur donnoit ses bardes quoyque toutes neuves, n'aïant d'autre souci que d'avoir une belle et bonne troupe. Il avoil encore un frère qui avoit beaucoup plus de conduite que luy et étoit extrêmement estimé, qui fut tué en Italie à la défense d'un pont qu'il reprit deux fois, mais à la troisième, il recrut un coup de fusil au-dessous de son hausse-col qui le tua roide sur le pont qu'il venoit de reprendre.
Je reslay à l'école de la Fère jusqu'à la fin d'avril 1727, mon frère le chevalier y resta jusqu'au mois de juillet, après avoir été envoyé à l'école de Metz en décembre 1723, et renvoyé à la Fère l'année suivante ; ce changement d'école étoit pour le distraire d'une inclination.
Mon troisième frère, Le Pelletier de Prévalon, resta à la Fère jusqu'à la fin de 172i, où estant tombé malade, il fut à Compiègne, chez Mme Le Féron, ma sœur, qui nous recevoil toujours chez elle de grand cœur ainsy que son mary, puis au retour de sa longue maladie, il entra dans l'ordre de l'Oratoire.
Il avoit tout ce qu'il faut pour faire un grand chemin,
étoil bon mathématicien, bon dessinateur et très appliqué, avec beaucoup de conthiite et de senlimens d'honneur. Il quitta'la communauté de l'Oratoire à cause de ses infirmités et il est venu se retirer à Saint-Sauveur, où il vit tranquillement en philosophe et en chrestien, j'ajoulerois volontiers en saint, plus heureux que nous tous, qui avons suivi la carrière du monde, des dignités et honneurs, où je nay trouvé que vanité et affliction d'esprit.
La mort de M. Tuflreau, notre commandant à la Fère, qui nous aimoit, occasionna notre départ de celte école. M. de Boisricher qui luy succéda, voulant en avancer d'autres, nous en écarta. Si M. Tuffreau eut vécu j'y eusse été fait commandant en 3^ au lieu de l'estre à Grenoble. Mais je n'aurois pas fait la guerre d'Italie, qui m'occasionna plus d'avancement, surtout celle de Corse, où je fus fait lieutenant provincial. Voilà comment les choses du monde que l'on croit être contraires tournent quelquefois à notre avantage.
Au mois de may 1727 j'eus donc l'ordre de me rendre à Ham, où je relevai mon cousin du Corel, commissaire provincial d'artillerie, et où par la proximité que j'étois de chez moy, je ne reslay guère, eslans presque toujours à Saint- Sauveur.
Vers le mois de décembre 1727, je fus blessé d'un sanglier monstrueux, dont je pensay rester estropié et boiteux pour toute ma vie, car après l'avoir touché de 2 ou 3 coups de fusil, il l'evint sur moy avec tant de furie que d'un coup de sa défense il me perça une guestre double, ma culotte de peau de chamois, me cassa la pointe de mes ciseaux dans ma poche et me fendit le bas de la cuisse entre les nerfs, me faisant une très longue blessure. Comme cet accident m'arriva dans la forest de Compiègne, dans un triage appelé le « Bosquet Gras », qui est à plus d'une lieue du village de Saint-Sauveur, j'eus beaucoup de peine à revenir chez moy, soutenu d'un costé par un nommé Jourdain, garde-chasse, et de l'autre par mon fusil. Heureusement j'étois alors bien fort et vigoureux.
phivMIKrf.s caunisons. ii
(.•('|)('IliI;ilil je pridis iiiic (|ii;ilil ili' (•(tiisidi'-iiihlr de s;ili;^ ri, nn'iv»' clic/, mov, riH'inonnt^ic in<* i'c|Mil dr plus l'or! <[niiii<l je fus lr;iii(|iiillc. .le fus lies iniil pciidaiil !2'i liciii'cs, pi rcslai |)liisiciirs mois sans poiivoii- maiclicc.
(^.cllc avaiilmc pensa encore avoii" une autre suite, c'est que le Hoy, venant <|uel<pie temps après à Conipi«'^ne, les ofllciers <lu vautrait ne trouvant que très peu de sanj^liers dans la forest, s'en plaignoient dans ranticlianibrc du Hoy; alors un bourgeois de Compiègne (pii hayoil là en hou Picard, coupa la parole à M. d'B^uevilly, capitaine du vautrait, et luy dit (ju'il s'étonnoit qu'il ne li-ouval pas de sangliers, puisqu'un gentilhomme du voisinage en avoit esté hlessez d'un, il n'y avoil pas longtems. A propos de quoy M. dEquevilly dit quil se plaindroit au Roy de ce que les gentilshommes riverains détruisoienl les sangliers, ce qui nous eut fait une alïaire. Mais heureusement M. de Villers Fransure se trouvant là, le pria de n'en rien faire, que celle avanture étoit arrivée à un de ses parents, qui n'étoit pas braconnier, mais officier des chasses, et il n'en fut plus parlé. Voilà comme un bavard tel que mon Picard de Compiégnois, pouvoit me causer du chagrin, sans que j'eusse peut-être pu être averti de ce qu'on auroit décidez contre moy.
En 1728, mon beau-frère, M. Le Féron, refusa 74 000 livres de sa charge de maitre des eaux et foresls et fit mal de ne pas la vendre à M. du Pnget, car il se fut évité bien des chagrins et eut gagné sur sa charge, sur laquelle il a perdu beaucoup en la vendant à M. Coustant, qui fut après forcé de la vendre à M. le duc d'Aumont qui la désiroit.
Dans le mois de juin 1728, le Roy vint à Compiègne pour la chasse, on raccommoda tel quel le château, et on fit dans la forest les belles routes qui en sont aujourd'huy l'ornement et qu'on a tant augmentées depuis. Il y resta trois semaines, pendant lequel tems M. Le Roiteulx, secrétaire général de l'artillerie, et en tout le ministre, logea chez ma sœur Mme Le Féron, ce qui nous rendit ce ministre tout à fait favorable.
lui qui avant ne Tétoit guère. Il vint mesmc voir ma mère à Saint-Sauveur et y resta quelques jours.
.1 "au rois du dans ce lems là me ménager le commandement en S*" de l'école de la Fèrc qui alloit vaquer, et que j'aurois obtenu si j'avois prévenu le secrétaire général et M. d'Aboville, et qui m'auroit bien mieux convenu que celui de Grenoble, mais je n'y songeai point. Je n'ay eu en ma vie d'autre politique que de demander toujours à servir en tems de guerre, et puis c'est tout, me laissans d'ailleurs aller au destin, sans rien demander, ce qui m'a fait échapper bien des choses.
Enfin je quittay la garnison de Ham, que j'avois eue près de deux ans, pour avoir celle de Saint-Quentin, le 1" mars 1730. M. de Saint-Périer, lieutenant général d'artillerie en Flandre, avoit demandé pour moy cette place, afin de m'y charger de la construction ou réédification de l'arsenal sous le vieux M. de la Rafinière. Le bâtiment alla assez mal parcequ'on voulut absolument que je fisse réédifier sur les vieux fondemens, et qu'on avoit d'ailleurs prêté cet arsenal pour y faire un grenier à sel, et qu'on voulut malgré cela se servir des anciennes briques gâtées par les salines.
Le 12 avril 1730. j'épousay, à Compiègne, Marie-Jeanne-Françoise Maresse, fille de feu Louis Maresse, escuier, commissaire des gardes du corps, et de Catherine Le Caron*. Louis Maresse était filleul du Roy Louis XIV et de la reine Anne d'Autriche, sa mère, et avoit été tenu par eux en personne dans la chapelle du château de Compiègne. Il étoit fils de Mathieu Maresse, escuier, porte-manteau du Roy, maitre des eaux et forestde Cézanne, et de Marguerite du Chesne, fils luy-mesme de Waleran Maresse, escuier, tué au siège d'Amiens.
Ma femme avoit vingt-trois ans et deux mois et moy trente-quatre ans et un mois. Nous nous mariâmes à la paroisse Saint-Jacques de Compiègne le lendemain des festes
1. Contrat du 3 avril 1730, reçu Poulletiei', notaire à Compiègne.
IMIKMIKUIIS (lAllMSONS. V.i
(le l*;is(|iics, cl le ((tiiliacl lui |»;isst'' clic/, l'oiillicr, ii(tl;iir('. .Iclois alors coniinissain; ordinaire cl nos for! unes ncloienl |»as l)ieii lirillaiiles. O lui M. de Villers l*'ransure el Mme Le Kc^roii, ma sd'iir, (|ui firent ce mariage. Nous fusmes quoique Icms après clic/ ma mère, h Sainl-Sauveur, où se firenl des Icsles, el les liahilans furenl en armes au devant de nous juscju'à la foresl. Jélois oblige daller di; lems en lems à mon balimcnl de l'Arsenal de Sainl-Oueniin, ce (jui me déplaisoil l'orl; je revenois lous les samedis el m'en relournois les lundis.
Le 3 ou i juillet de celle année, le Roy vint h Compiègne.
Après notre mariage, Mme INIarcssc, ma belle-mère, se mil en pension chez nous, ma femme avoil avec elle sa sœur, Mme de Beauval, cl Monsieur. Pendant le voïage du Roy nous étions obligés de donner des repas aux officiers du Corps el à ceux de la maison de M. le duc du Maine, nous logeâmes quelquefois chez nous M. de Saint-Périer, lieutenant général, et M. Du Brocard, ce qui éloit un service, car dans ce temps des premiers voïages du Roy à Compiègne oiî ne trouvoit point à se loger.
En janvier 1731, je reçus des ordres pour aller commander l'école d'artillerie de Grenoble, je laissai ma femme à Compiègne.
Je retrouvay à Grenoble M. de Busagny qui y commandoit l'école en chef el que javois connu à iMézières et Charleville. M. Bailly ' éloit en second el moi en 3". Nous y avions le bataillon de Romilly de Roy al- Artillerie, que j'avois connu à la Fère en 1 7iO.
J'obtins un congé au mois de novembre 1731 et partis de Grenoble avec M. Seroux dWgincourt, dit Saint-Christine, qui venoit d'y faire une belle fortune estant employé dans la réformalion des eaux el forests du Dauphinez.
Je repartis pour Grenoble le 19 mars 173:2, jour de ma nais-
I. BaiHij (Georges), officier pointeur en 1704, brigadier le 20 février 1743, niaréclial de camp le 1" mai 1745, lieutenant général le 10 mai 1748. Marié à Mlle Du Fresncdonl il eut une fille, la marquise de Puisigneux.
4i MÉMOIRES DE L.-A. LE PELLETIER.
sance; ce fut à peu près dans ce lems là que mon frère le chevalier fut nommé commandant en 3'^ de lécole de Strasbourg.
Ma femme accoucha d'une fille, à Compiègne, le 5 octobre 1732, qui fut nommée Marie-Josèphe-Catherine par M. Le Féron, mon beau-frère, et Mme Maresse, ma belle-mère, et qui fut Mme Du Passage.
Le roi Louis X^' vint cette année encore à Compiègne et y resta depuis le 20 avril jusqu'au 1" juillet.
Je fus fait commissaire provincial, alors aïans titre de lieutenant-colonel, le 23 mars 1132, et commandant en second à la place de M. Bailly, qui eut le commandement en chef de l'école de Besançon, et M. de Guiol de Guiran eut ma place en 3*= à Grenoble.
Celte ville étoit très coûteuse et très dangereuse pour le jeu et les femmes. Ouoyque je n'eusse en 3*^ que 1 700 livres d'appointements et 1 900 lorsque j'étois en second, je vescus avec tant de conduite que je n'y ay point dérangez mes affaires, a'ians la meilleure auberge avec les lieulenanl-colonel et capitaines en l^"" de Royal-Artillerie, donnans de tems en tems de grands repas au gouverneur et à M. de Borstel, lieutenant général d'artillerie, mais pas souvent, et prians toujours les officiers de l'école tour à tour, surtout quelques jours après que je les avois mis aux arrests.
Ce fut cette année que mourut M. Le Boiteulx, secrétaire général de l'artillerie, qui, après nous avoir bien négligés à la mort de mon père, tout d'un coup nous devint si favorable, à l'occasion des voïages du Roy à Compiègne, pendant lequel lems nous le logions. Il mourut d'apoplexie. M. de Gormond, son frère, luy succéda, et nous aimoit aussy beaucoup ; il avoit sous luy M. de la Riie qui, après luy, fut secrétaire général. C'étoient ces Messieurs qui, souslauthoritez du Grand Maître, disposoient alors de la fortune totale des officiers d'artillerie.