Marquis de Sabrevois (Henri). Voir i
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mille, ce sont des orniit'crs. Mais rien <le plus lri>-|e (|iie de voir les désolai ions ipie l'cniuMiii (il dans le; cliAlcaii (4 dans le houi ^" ([IK' je ne ponvois reeonnoisire de ce (pie j avois ven (juchpies jours avanl.
11 est encore à dire (pie c ('loil la ;{" l'ois en peu de jours (pie ce cliAleaii fui alhupu'; M. de Lij^neville y (''loil enlié par une trouée (iiiil avoil l'aile aux murs du parc Iléloil alors défendu par des miliciens tout nouvelhMiienl arrivés de l'rance |)our recruter les réo^imenls. On eut toutes les peines du monde à les faire relirer, tant ils trouvoient drosle de tuer, des feneslres du chàleau, quantité de monde qui marchoient en colonne sans lirer.
Quant à celte atla(iiie derni('re par nous, on la trouva mal conduite. On y marcha par colonne, on oublia qu'il y avoit un fossé, sur lequel il y avoil à la vérilé un pont de pierre, mais les ennemis y avoienl fait une barricade et des traverses. La colonne arrivée sur une place qui étoit en avant se forma en lig'ne et tira dans les croisées du château. Les ennemis qui éloient aux fenêtres, couverts seulement de matelas, tables ou autres meubles, ne purent d'abord soutenir le feu de nos soldais qui avoienl mis un genou en terre. Mais la poudre manqua aux François, on les fil relirer par un à droite, alors les ennemis les tirèrent en dos, et en tuèrent tant qu'ils voulurent, jusqu'à ce que nos troupes fussent hors de portée. Il y avoit un prestre dans le clocher qui nous tua une quantité de monde. Le lendemain les ennemis évacuèrent sans souffrir d'autre attaque.
C'étoit M. de Mercy qui commandoit l'armée de l'empereur, très bon général. Il se campa ensuite un peu en arrière de la petite rivière de Colorno, assez difficile à franchir, et peu à peu levant son camp sur sa gauche du costé de Parme il passa le Colorno au-dessus de Parme et nous vint donner la bataille. Pour nous, nous restâmes en deçà du Colorno, jusqu'à ce que nous marchâmes tout à coup du costé de Parme, le jour
de la Sl-Pierre, L'artillerie fut partagée par brigade à chaque brigade d'infanterie, je tombay à la brigade de Champagne que commandoit M. le marquis de la Chastre, qui y fut tué. Nous ne nous attendions nullement à rencontrer l'ennemi, on mit larmée en bataille le long de la chaussée du faubourg de la Croisetle et M. de Cadrieux, qui étoit allé on avant pour reconnoistre l'ennemi qui arrivoit sur nous, pi'it la précaution de s'emparer des maisons, autrement dites cassines, qui éloient en avant de la chaussée, de les créneler et d'y mettre de bons picquets d'infanterie. C'est à cette seule disposition de M. de Cadrieux qu'on dubt le gain de cette bataille, car le feu de toutes ces cassines incommoda bien l'ennemi.
M. de Mercy, sachant que le commandement de l'armée alloit lui être retiré, voulut bazarder une bataille, disant qu'il aimoit mieux, en ce jour, avoir une balle dans la teste qu'une once de chagrin sur le cœur, et efTectivement il y fut tué. Mais d'ailleurs son dessein étoit bien concerté, car si le hazard ne nous avoit pas fait avancer le jour de St-Pierre de ce costé là et que M. de Mercy eût pu s'emparer du pont de Saca où étoient tous nos vivres et nos munitions de guerre, il nous meltoit dans le cas de capituler si nous n'avions pu luy passer sur le ventre.
Notre armée se mit donc en bataille le long de la chaussée du faubourg de la Croisette, elle s'appuïoit sur le chemin de Crémone et au carrefour des chemins de Modène et de Crémone, la brigade de Champagne étoit à la gauche de Picardie tirant du costé de Parme, les cassines en avant occupées par des picquets d'infanterie. La cavallerie étoit derrière ces brigades dans une prairie. La brigade d'artillerie de Clugny étoit à la droite de Picardie, et la mienne à la queue de Champagne, mais toutes deux sur la chaussée. M. de St-Périer, allant nous placer, eut un cheval de main tué à costé de luy.
J'aperçus, sur les 10 ou 11 heures du matin, les ennemis qui marchoient à nous en front de bandière à l'abri dune haie
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vi\(', »|iii lions ("loil |(;iiiill»''l(', cl je ((tinmoïK^ay à lirrr de loiilcs mes l'orccs. Le halailloii de |{<>viil-Arlill<'ri(; (Hoil un |)(Mi (Icnirrc moy. M. <le Laboiic ', liculcnaiil-coloiM'l (|iii Ic^ (■()iiiiiiaii(l()il , cria (|iic je lii'ois ma pondre aux moineaux, je Ini ré|tondis (|nc ccloienl des moineaux (|ne je voyois bien, (;l i\i\c l»ienlôl il les NciTorl anssy, ce (jiii arriva nn inslani après, (piand les ennemis se monlrèrcnl an honi de la liaye. Si losl ijuils parurent les brigades do Picardie et do Champagne lircnl leur décharge el les ennemis la leur.
(^.omme on n'avoil point Jaissé d'intervalle derrière nous, nous étions enlie le l'eu de rennemi el celui de nos troupes. Si ces dernières avoienl tiré à hauteur, il n'y eut pas eu un seul homme de ma brigade qui n'eut élé touché, niais heureusemenl elles liroient si haut (ju'on voïoit les balles porter dans les branches des noyers ([ui éloient devant nous, quelquesunes cependant frappèrent contre nos canons et alTùls. Gomme la position n'étoit pas tenable pour nous, on ordonna à la brigade de Clugny et à la mienne de se retirer entre deux décharges et de regaigner le parc d'artillerie sous les murailles de Parme. J'allay trouver ]MM. les mareschaux qui étoienl sur la chaussée, pour les prier de permettre que je ne quittasse pas la partie et que je me plaçasse entre une maison et un pont gardé par le bataillon de M. de Laborie.
Nous tirâmes nos pièces à bras du premier emplacement au second. J'avois avec moy M. de Soucy, capitaine détaché, Le Blanc, Boilleau de St-Pau, St-Michel de Royal-Artillerie, et St-Hilaire.
Les ennemis s'étant formés en colonne, culbutèrent les j)icquets qu'on avoit mis en avant du fossé et qui, se repliant sur moy, nous emporièrent assez loin avec les deux mareschaux qui étoienl derrière ma batterie. Ce flot cessé, nous regagnâmes vile nos pièces et tirâmes de plus belle avec toul
l. De la Borie, sous-licutenant aux fusiliers en 1(587, brigadier le I" mars 1738.
6i MÉMOIRES DE L.-A. LE PELLETIKIÎ.
le succès possible, comme on le vil bien le lendemain sur le champ de bataille.
Quelques moments après, je vis la teste de la colonne ennemie passer la chaussée et crioi à mes canonniers de redoubler le feu.
Si celle colonne, qui perça la brigade de Champagne, avoil été soutenue, la bataille éloit perdue. .Je ne sçais comment il arriva qu'il n'y passa que 1 200 ou 1 500 hommes, je crois qu'ils ne furent pas soutenus parce que peut-être le général Mercy fut tué dans ce tems là. Si ce fut d'un coup de canon, ce ne put être que de ma batterie, car il n'y eut qu'elle qui tira ce jour là.
En vérité je n'ay jamais pu comprendre comment on ne sçut point faire usage de 13 pièces de canon qui restèrent au parc à 100 pas de la bataille, on les eut fait passer le long d'un large fossé qui fesoit l'appui de la droite des ennemis et elles eussent pris toute leur armée en flanc comme à Dettinge, mais la longue paix avoil fait oublier la guerre. Je l'avois proposé, mais on ne fît pas semblant de m'entendre.
L'action dura depuis 11 heures du matin jusqu'à 9 heures du soir, les armées ne firent aucun mouvement excepté ce qui a été dit de celte petite colonne et la journée se passa à se fusiller, ce qui fit périr bien du monde, ce n'étoit que morts et blessés.
Mon cousin, M. Boilleau ' de Saint-Pau, qui éloit à ma brigade, voïant que toutes les troupes, manquant de munitions, couroient à ma batterie pour avoir de la poudre et des balles, et que je n'en avois plus à donner, me proposa d'aller en demander au gouverneur de Parme, car notre gros parc éloit resté au pont de Saca. Avec l'autorisation des mareschaux il y alla, et fit tant par ses séduisants discours qu'après mille refus, il en obtint et en rapporta, ce fut un grand service qu'il rendit.