‹ Mémoires de Louis-Auguste Le PelletierChapitre 17 sur 49 · De Pluviers (Hyacinthe), brigadier le 1" janvier · texte numérisé non relu

De Pluviers (Hyacinthe), brigadier le 1" janvier

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faire ma cour, .le «l('-li()iii|»av M. <li' (iuimoml sur hicn des choses (lésohligcaiilcs (in'oii avoil dilcs sur AI. *\v SI-IN-iicr cl liiy rendis loiilc la juslicc (lu'il nicriloil, mais en nK^nic Icins je (lenian«la\ (le ne |)Uis servir en llalie.

M. \)\\ l'.rocard ' cl mon IVère, qui éloil major de r<''(iiiipage d'Allemagne et venoil de faire eu celle (jualilé le siè<,M; de IMiilipsbour;^-, sachant (jue M. de \'allière navoil pas goûté M. Roy du Guez cl dcmandoil un autre commissaire de parc, me proposèrent à M. de ^'allière ' (pii m'accepta. C'étoil M. le mareschal de Coigny qui commandoit l'armée du Uliin depuis la mort de M. le mareschal de Berwick, tué d'un boulet de canon au siège de Philipshourg, que nous avions pris malgré les elVorls du prince Eugène pour nous faire lever le siège.

J'eus ordre <le M. de ^'allière de partir au mois de mars 1735 pour me rendre à Strasbourg et y faire travailler, avec le sieur de Varu de Gompiègne, garde du parc, à un des plus gros équipages d'artillerie qui eut encore paru, aïant esté de plus de 120 pièces et 2 700 chevaux d'artillerie. Dans ces tems là on ne refusoit rien à M. de Vallière en qui les bureaux et le ministre avoient toute confiance. Mon frère étoit major de l'équipage et moy commissaire du parc, ainsy nous avions tout le détail et la confiance de M. de Vallière à nous deux et, si cette guerre eut duré, il y a apparence que nous y aurions trouvé bien de l'avantage.

L'armée ne fit pas de bien grands mouvements. Xous allâmes camper près de Dalheim, assez près de Mayance et tout près d'Oppenheim. Sous INI. de YalUère il y avoit M. de IMalézieux '

1. Du Brocard (Henri de Baraillon), capitaine d'ouvriers le 2o juillet 1729, brigadier le 13 août 1734, maréchal de camp le 20 février 1743. Tué à Fontenoy en 1745.

2. De Vallière (Jean-Florent), lieutenant de mineurs en 1690, capitaine général des mineurs en 1703, brigadier le 9 décembre 1710, maréchal de camp le 1" février 1719, colonel-inspecteur de Royal-Artilllerie en 1720, lieutenant général le 20 février 1734.

3. De Malézieu (Pierre), commissaire extraordinaire vers 1700, brigadier le 3 avril 1721, maréchal de camp le l'^aoùt 1734, lieutenant général le 20 février 17iS.

cl M. lo chevalier de la Roche-Ajmon ', mareschaux de camp, MM. le baron de Meslay et Du Brocard, brigadiers, et Téquipage étoit très nombreux en officiers.

Entre les commissaires provinciaux étoient MM. de la Gueste, Archambaud, Boisloger le fils, qui étoient lieutenants provinciaux, mais ne servoient qu'en qualité de commissaires.

Nous restâmes presque toute la campagne dans ce camp de Dalheim.

Ce fut là que par hasard mon frère reconnut chez M. le mareschal, le sieur Reith qui avoit été notre précepteur à Luxembourg, puis secrétaire de mon père, puis corsaire. Il étoit alors un des officiers de justice de l'électeur de Mayence, et venoit chez le mareschal pour les affaires des contributions de la part de son maitre.

Vers la fin de la campagne, M. de Sekendorf, un des comniandans des impériaux, marcha du costé de Trêves. La jalousie, dit-on alors, de M. de Coigny sur M. de Belle-Isle qui luy demandoit seulement quelques troupes pour s'opposer à M. de Sekendorf, fit qu'il voulut y aller luy-mesme avec la plus grande partie de l'armée, qui fatigua beaucoup dans cette course précipitée. Il y eut quelques actions de ce costé sans rien de décisif.

M. de Yallière eut ordre de retourner à Strasbourg avec un tiers de l'équipage et l'état-major. Arrivé dans cette ville, je fesois radouber l'équipage, lorsqu'un jour à 7 heures du matin, comme j'allois à mes travaux qui étoient près de la citadelle, un bourgeois que je rencontray dans la rue, me dit que la paix étoit faite et qu'il en étoit arrivé la nuit un courrier à M. le mareschal du Bourg, qui commandoit à Strasbourg. Nous ne nous y attendions nullement.

Pendant mon séjour à Strasbourg, je vis mon cousin et ma

1. Chevalier de la Roche- Aymon, cadet dans Royal-Artillerie en 1701, brigadier le 3 avril 1721, maréchal de camp le \." août 1734, lieutenant général le 10 mai 1748.

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(•oiisiii(> (le ( lit'sillciiioiil , sd-iir <lc Mme I l('l\»''liiis. Mon ( oiisiu rloil alors livsoiicr provincial (rAlsacr, il aciiopla cnsuilc la cliai-fj^o (le lri''soi'i(M' ^(Mirral des |)onls cl clianssées. Il laissa ;{ lillcs, Mme la haroniic de (;iiam|K)iircin, iMablie du coslé de Toidoiise, Mine de \'i]|ei(»/.(>, é(a])lie à IJé/iers, et Mme Des lîarres.

,1e iclonrnay chez nioy au mois de déeemhre 1735 et Irouvay ma l'cinmc, qui vcnoit d'accoucher le 2 décembre d'un fils, Augusle-Louis-Michel, qui fut baptisé en l'église Sl-Jacques de Compiègnc le 11 janvier 1730. Je repartis ensuite pour (îrenoble, où j'élois toujours commandant en second de l'école d'art illerie.

Pendant un congé j'acquis le fief haut justicier de Liancoinl, situé à Sacy-le-Grand près Clermont-en-Beauvoisis, je l'acheptai d'un gentilhomme nommé Chalillon d'Arsillemont de la grande maison de Chatillon-sur-Marne, mais très peu opulent, qui avoit épousé une demoiselle de Garge, de Nauroy, près Neuilly St-Front. Le contrat fut passé le 15 novembre 1738 chez Poultier, notaire à Gompiègne.

Ma femme accoucha le 13 octobre 1738 d'un second fils nommé Antoine, baptisé en l'église St-Jacques de Gompiègne. Il fut tenu sur les fonts de baptesme au nom de M. Michel- Antoine de Bourdaizc de Monléran, conseiller au conseil souverain de l'isle de la Guadeloupe, ce qui fit sa fortune, car ce fut par cette qualité de son filleul que M. Bourdaize le fit légataire universel de tous ses biens.

A cette couche, ma femme fut à toute extrémité, on fit venir M. Le Drans, fameux chirurgien de Paris, qui luy sauva la vie ; cet accident nous coûta plus de 3000 livres au chirurgien.

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