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('('Ile |>l;ic<* coiniiic ;iiil iclois .Iri'ielio, en l'csiinl l;i pi'occssion jniloiir. Oii ne se lioiivn |)iis Lien de celle (iiic l'iisc, ciir, coininc l;i (-(ijoiiiic .'ipproclioil un peu Irop près du loi-l, le <j,"()iiv('i'iiciir lil lircr son canctn cl nous lu;i mssc/. inulilcnicul |)()Ui' nous (|ucl(|ncs (lr;ii4'ons.
M . Du M(>snil, li oui nie l'oil cloijucnl, l'iil cli;u'!j,('' ({".lilcr iinr.'ini^ncr le i^ouNcincur pour le persuader de se rendi'c. Mais on l'obligea de sortir proniplenion! de la place, el l'on fil liicr siirluy, avant (piil l'ul niesnie hors de portée.
Vers la nuil, M. de (lournionlagnc el moy allasnies reconnoislre pour remplacement de la tranchée cl des batteries, chacun de notre coslé. Ce fort, qui n'avoit jamais été pris que par surprise, est entouré de marais et est d'accès presque inaccessible pour peu que l'année soit pluvieuse. A noire retour, M. de Courmonlagne et moy, nous nous rapporlAmes entièrement de sentiment comme si nous avions fait nos observations ensemble. Nous convînmes donc que ce fort étoit inexpugnable de tout autre costé que près d'une briqueterie, où le terrain étoit un peu plus élevé qu'ailleurs. La nuit du 28 au 29 juin nous nous approchâmes jusque sur la palissade, d'où la sentinelle nous fit retirer en nous criant : « Werda! » Nous nous retirâmes tout doucement derrière la briqueterie, et tînmes notre conseil, escortés de deux compagnies de grenadiers. M. de Courmontagne marqua sa tranchée et moy mes batteries. Pour éviter que l'ennemi, malgré la nuit, ne s'aperçut du travail, on avolt placé la compagnie des chasseurs de Fischer dans un ravin de l'autre costé du fort. Ils firent grand feu, sonnolent du cor, disoient en allemand beaucoup de sottises aux assiégés, enfin ils firent si bien que l'ennemi ne s'aperçut que très tard de notre travail.
M. de Gessln de Royal-Artillerie fit une batterie de A pièces de canon, et Rlchecourt de l'artillerie une autre de 4 mortiers. J'en plaçay une autre de deux gros mortiers de 12 pouces sur le petit front du fort où étoient les Fischer, une autre de 4 mortiers de 8 pouces sur la droite de l'attaque, et une enfin
de pièces de 24. Toutes ces opérations se firent en plein jour.
La quantité de bombes qu'on tira sur un fort aussy étroit détermina le gouverneur à se rendre, on dit mesme qu'une de ces bombes estant tombée sur un souterrain où étoit retirée Mme de Dompesche, sa femme, qui avoit seulement avec elle une femme de chambre, et étoient les seules de ce sexe dans la place, elles avoienl fait des cris si lamentables que le gouverneur en hâta sa capitulation. Il est pourtant vray qu'il étoit déjà tombé 5 bombes sur le magasin à poudre et quà la fin la voûte en eût crevé et tout le fort sautoit infailliblement. L'on peut dire que la promptitude de cette prise fut dubt à ce qu'on fit toutes les batteries en plein jour, et en un seul jour, dans un terrain fort tenace et bien près de l'eau. J'avois pour major M. de Charmois, jeune officier des plus braves et des plus intelligens, tué quelques campagnes après, et pour commissaire du parc, M. le chevalier de St-Mars *, mon cousin.
Le 30 juin, le mareschal de Noailles vint voir la nouvelle conquête de M. de Bouflers. Celui-cy me demanda un état des officiers du corps qui avoient servy à ce siège pour leur faire avoir des grâces; il m'y porta pour être fait brigadier d'armée, mais personne neut rien en cette occasion si favorable.
M. de Bombel, lieutenant-colonel, fut fait gouverneur de la Kenocque.
Le 2 juillet, j'eus ordre de partir avec mon artillerie et le régiment de Montboissier-Infanterie pour le siège de Fumes.... J'avois tout préparé pour faire les batteries près du chemin de Dixmude au delà du petit canal, lorsque M. le comte de Clermont, prince, notre général, me dit que l'attaque
1. Chevalier de Saint-Mars (François de Fortmanoir), oiticïer pointeur à la Fère en 1734, brigadier le 3 janvier 1770, maréchal de camp le 1" mars
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(levoil se l'aiic «le 1 Jiiilrc cosli' du caïuil, cl iirordonna iU', inc
disposer en ronsiMjiKMX'c le dois la justice à loiiL ro- (|u'il
y avoil d Oriicicrs avec moy, «|iic chacun Ml des |)fodi|^'es de dili}^('iice, cl eu moins de ill heures mon nouveau parc fui élahli 1res heni-enscmenl de l'auli-e coslé du canal où on \r vouloil.
Le H juillet, M. Du Bi'ocard, commandant de rartilleiie. aniva Ai^ «^raiid matin; il parut cxlr(>mcmenl surpris do nous voir si avancés cl (ju'il n'éloil arrivé aucun accident à nos pièces de ii (jui avoient eu à travei-ser un mauvais |)onl, enfin (jne tout fût prêt. Il me lira à l'écait el me dit en m'embrassant ({u'il éloit outré de douleur de ce qu'après d'aussi ])onne besoignc il a voit à m'apprend re que je ne commandois plus l'artillerie de cette attaque, que M. le mareschal de Noailles, excité par M. le duc de Penthièvrc, Grand Amiral, avoit demandé au Roy, ([ui étoit à Dunkerque, que ce fussent les officiers de Marine (pii eussent ce poste là. Qu'ils alloient arriver, qu'il falloit donc leur céder, mais sans marquer de mécontentement. Je le luy promis. Je fis préparer le meilleur dîner que je pouvois, et pendant <{u'on y travailloit, je fis un mémoire par lequel je donnois à ces messieurs connoissance de toutes mes dispositions pour les batteries et autres ressources que je m'étois ménagées, que je signay pour ma justification et que je donnay à son arrivée à M. de Belougat, qui commandoit les marins. Il avoit avec luy MM. Du Vergier, Verdier, le chevalier d'Oo, Cirfontaine, bombardier, le chevalier de Serisy, Beauregard, Bouville et les canonniers marins. Après dîner je m'en relournay rejoindre M. Du Brocard avec mes 200 canonniers et officiers d'artillerie, laissant à ces messieurs toute notre artillerie, les ouvriers, les conducteurs de charrois, les chevaux d'artillerie et le régiment de Montboissier.
Le 9 juillet, à 8 heures du soir, M. de Clermont estant encore à la tranchée, il luy arriva une lettre de M. le marquis de Chabannes, qui commandoit la tranchée de l'attaque de la
porte d'Yprcs, par laquelle il luy mandoit que les batteries des Marins n'avançoient pas, qu'ils y perdoient un nombre infini de canonniers sans que rien finît et que le 1*^' ingénieur de ce costé là (il l'appeloit Seroux et étoit de Compiègne) disoil qu'il avoit poussé sa tranchée tout au plus loin qu'elle pouvoit aller, mais qu'on ne prenoit pas les places avec des pelles et des pioches, et que si le canon ne tiroit pas, on feroil tuer bien du monde sans rien faire. M. le comte de Clermont lui cette lettre à j\I. Du Brocard, qui luy répondit que puisque M. le mareschal de Noailles avoit mis là des marins pour l'Artillerie, il pouvoit les faire agir. J'entendis cette réponse, je tiray M. Du Brocard en arrière, et luy dis qu'au fait il falloit prendre cette place, et que je m'offrois d'y aller aider ces Messieurs, de bonne volonté, sans demander aucun commandement sur eux. M. Du Brocard l'alla tout de suite dire au Prince qui vint m'embrasser et me dit qu'il avoit toujours eu estime de moy, mais qu'il voyoit que j'étois un Romain, ce sont ses propres termes, de vouloir aller ainsi secourir des gens qui m'avoient déplacé de mon commandement; il me pria d'y aller, et je pris avec moy MM. Beloy de Moutonvilliers et X.... Nous arrivâmes à minuit à la queue de la tranchée et nous y rencontrâmes tout le gros canon et les mortiers à la file, en attendant des ordres; les charretiers couchés sur leurs chevaux, immobiles, pour éviter les coups de fusil, l'ennemi faisant très grand feu au clair de la lune, et il s'y tuoit du monde et des chevaux à l'aise.
Nous fusmes rejoindre M. le marquis de Chabannes à sa baraque, où je trouvay M. de Belougat; je luy dis que nos batteries étant toutes en jeu à l'attaque de M. Du Brocard, je venois comme camarade du mesme métier luy olîrir avec ces deux officiers mes services, sans vouloir prendre aucun autre rang avec MM. les Marins que celuy de leurs amis et compagnons.
Il parut très content de sa bonne rencontre et me dit qu'il suivroit volontiers mes avis. Je luy demanday alors ce qu'il
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voiiloil rniic tic loiilc crllc ;iil illci'ic (|iii (Moil à l;i lilc, ;'i la (|ii(Mi(' (le la I iaii(li(''('. Il iin' <lil <|ii<' les coiidiiciciirs <\c, charrois ('loicnl Ions des cociiiiiis, (lu'il leur avoiL ordoniK'^ (I(î mener le canon en balhirie el «jn'il no s(;avoil pouniuoy il éloil encore là. - Je luy demanday s'il avoil l'ait faire des |»(»nls sur les fosses el cananx ([ni S(; renconlroicnt snr la vonle des halleries. 11 nie dil (jni; non, — à <|noy je réplicpiav, eoninienl il vonloil ([ne \c. canon arrivAI, puiscpi'il ne [xnivoil passer à la na^e. l^^l loul d(^ snile je détachay mes deux officiers pour faire des ponts. Je luy denianday à visiter les halleries et je n'en Irouvay aucune où il n'y eût encore beaucoup à travailler. En les voyant je ne fus plus surpris qu'on y eût perdu tant de monde. La i)lupart de ces batteries éloient en gabions dans lesquels il n'y avoit point de terre.
(^<etle visite générale étant faite, j'allay moi-mesme chercher les pièces pour les placer, c'étoit vers les 8 ou 9 heures du malin, par conséquent au grand jour. Elles arrivèrent malgré mille obstacles dans une tranchée mal préparée pour les recevoir. Il y en eut sept qui versèrent par des chevaux ou charretiers tués et par d'autres épouvantés du plein jour. Les quatre premières furent bientôt relevées, mais les trois dernières tinrent plus de lems. Cependant tout le canon qui étoit arrivé en batterie tiroit vigoureusement et j'avois desja relevé deux des trois dernières pièces, lorsque M. le mareschal de Noailles arriva à la tranchée.
La première chose qu'il vit fut cette pièce versée et moy occupé à la faire relever. Il crut apparemment que par rancune de ce que ces MM. m'avoient ôté mon commandement, j'avois exprès fait verser cette pièce et il me demanda pourquoy cela étoit arrivé et que je l'avois aparament fait exprès, mais qu'il m'ordonnoit de ne pas sortir de la tranchée qu'elle ne fût relevée.
Je lui répondis que j'étois venu icy de bonne volonté pour aider MM. les marins, que si cette pièce étoit versée je n'v pouvois mais, et que nous n'étions pas d'ailleurs assez sols
ny idiots pour verser des pièces la nuit, afin de les relever en plein jour à la barbe de l'ennemi comme je le faisois.
Cette réponse ne luy plut pas. Dans le moment les ennemis arborèrent le drapeau blanc, ce qui l'empescha peut-être de me répliquer. Mais j'étois outré et je peux dire toute la tranchée et les généraux qui m'avoient veu manœuvrer et qui disoient mille choses flatteuses sur mon arrivée à cette attaque.
Si tost'que le drapeau fut arboré, je laissay là la pièce, le mareschal, les marins, et je montay à cheval avec mes camarades et m'en retournay à notre camp.
Celte boutade de M, le mareschal fit bruit. M. Du Brocard l'ayant su, et se trouvant à souper chez le prince de Clermont, ne put s'empescher de dire à ^I. le mareschal qu'il a voit tancé à la tranchée l'officier qui méritoit le moins de l'estre et tout le contraire. Le mareschal, picqué de ce reproche en pleine table, luy dit de se taire, et que s'il luy raisonnoit il l'enverroit en prison dans une citadelle. Il fallut que M. Du Brocard se tût. M. le comte de Clermont étoit outré contre le mareschal et avoit dit qu'il s'en plaindroit au Roy. Je ne sçavois trop ce qu'il en seroit, quand j'appris par M. de Loyauté, notre major, que le prince Charles de Lorraine ayant passé le Rhin, le Roy alloit en Alsace au secours de M. le mareschal de Coigny, et que ^L d'Aboville, mon frère et moy étions nommés par le mareschal de Noailles pour accompagner le Roy,
Le mareschal, qui avoit été mieux instruit, sembloit estre vrayment mortifié de son quiproquo. Aussy, si tost qu'il m'aperçut chez lui à Metz au milieu d'une grande foule d'officiers, il m'adressa la parole et me dit : « Monsieur Le Pelletier, c'est moy qui vous ay demandé icy et non aucun autre, c'est moy au moins, c'est moy », et me fit d'ailleurs mille politesses. Voilà le monde. Bien d'autres moins religieux que luy n'eussent pas réparé la chose.
Je partis avec 1400 chevaux d'artillerie escortés par le bataillon de Gaudechart et jarrivay à Metz le 3 août.
CAMI'AriNI': I)K 1711. <y.)
I.»' roy Louis W y (Moil <l«'jii, il l<»iiil);i iii.il.ulc ilc Li ^r;iii(l(^ maladie doiil il |)i>iis;i moiirii', la xcillc (|ii<> j'en partis, sous les ordres i\c M. le chevalier de la HocluvAyinon pour aller faire repasser le Hliin au prince Chailes de Lorraine, (jui s\Hoil avancé jus(ju'à Savernc. Nous apprîmes à quelques lieues de iMelz que le Roy éloiL au plus mal, ol nous fîmes loule celle route dans la plus i^rande conslernalion, (pii éloil peinte juscjuc sur le visage de lous les soldais.
L'ennemi commença à reculer sitost (pi'il vil l'armée de M. le mareschal de ('oigny renforcée du secours que nous luy amenions; nous le poursuivîmes, mais comme l'armée marchoit avec plus de diligence que de précaution, on fut fort surpris d'essuyer tout à coup une fusillade d'un retranchement que les ennemis avoient fait dans un endroit de la chaussée. Comme on ne s'y attcndoit pas, les uns éloienl écrasés par la foule, les autres tomboient en bas de la chaussée, ce fut une scène tragi-comique. On se remit enfin et les ennemis abandonnèrent le poste dont nos grenadiers s'emparèrent. {A/faire de liichenau ou de la Cidhute.)
Le prince Charles de Lorraine repassa le Rhin. Nous étions destinés pour harceler son arrière-garde; je luy envoyai un nombre assez passable de coups de canon, ce qui l'obligea de se retirer plus vite, et ce furent les derniers que l'armée de ce prince essuya cette campagne là.