‹ Mémoires de Louis-Auguste Le PelletierChapitre 22 sur 49 · II était né le 2 décembre l"3b · texte numérisé non relu

II était né le 2 décembre l"3b

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hoiir^, d'oii jo pailis dans ma chaise à deux, y (loiinaiil iiikî place à M. d'Altoville, el j'ariivay à (;<)in|)iè<^iie, oii j<' Iroiivay Mme Le l'éioii, ma sceiir. dans la plus cxlrc'ine ariliclioii (pTon puisse comprondi'c. Il lui resl(> un autre fils tout aussy brave et aussy uiéritanl, anjonid'Iiuy caiiilaiue aux draj^'ons de (lai'auKin.

.le lus l'ail le l'^'' novembre 174i brigadier des armées du Hoy.

.l'avois rci^xi mes ordres pour retourner à Cambray, qu'on avoit choisi pour faire les préparatifs du ^rand siège qu'on vouloil entreprendre, mais qu'on ne nommoil pas; je devois aussi rai>provisionner la place de fa(jon à pouvoir soutenir un siège, remonter toutes les bouches à feu, réparer les armes, outils de pionniers, enfin toutes choses. M. de Saint-Périer, lieutenant général du déparlement, m'envoya les fonds que je demandois, et après avoir tout terminé, j'eus, je crois, 5 500 livres de reste que je renvoyai à M. de Saint-Périer, qui en fut fort surpris, n'étant pas accoutumé à ces renvois d'argent, mais qui ne m'en marqua pas plus de gré, car il n'y avoit que ses neveux qui pussent luy plaire.

On ne sçavoit pour quel siège tout cela se faisoit. La maison du Roy étoit alors à Cambray. Un soir, comme j'arrivois chez M. de Laurière, lieutenant de Roy de cette place, et qu'il y avoit un monde infini chez luy, il vint au devant de moy et me remit une lettre de M. le Mareschal. Je l'ouvris et alors lui dis et à la compagnie qu'il n'y avoit plus de mystère et que c'étoit le siège de Tournay qu'on alloit faire, et que c'étoient les ordres de la cour pour y faire marcher toute notre artillerie, ce que je fis le lendemain matin.

J'eus le cœur bien gros d'avoir fait une grande partie des préparatifs de ce siège et de ne pas en estre, mais dans ce tems là M. le comte d'Eu, notre Grand-Maître, fesoit successivement servir ses lieutenants de deux années lune, et j'avois fait la campagne précédente.

On fil donc le siège de Tournay, puis il y eut la bataille de

Fontenoy et ensuite l'affaire de Mesle où M. de Bassal se distingua el fit bien jouer son artillerie. Le pauvre M. Du Brocard ', mareschal de camp et commandant l'artillerie, fut emporté d'un boulet de canon à Fontenoy. Ce fut une perte pour le Roy, et qui fut très grande pour le Corps: c'étoit le plus zélé que j aye connu pour nos intérêts. En allant à Tournay, il passa à 5 heures du matin à Cambray; comme il changeoit de chevaux, il m'aperçut que j'allois aux travaux. Il fut content de me voir matinal et me marqua ses regrets de n'avoir pu m 'obtenir pour cette campagne.

On commença cette année 1716 à faire le siège de Bruxelles en janvier. Mon frère et moy nous reçûmes des ordres dattes du 7 mars i7iG pour servir à l'armée de Flandres, et je fus détaché pour aller faire le siège de la citadelle d'Anvers.

M. le marquis de Thiboutot* s'y trouva mon ancien. M. le comte de Clermont prince, de qui j'étois plus connu, me fit venir chez luy et me dit qu'il ne connoissoit pas ce M. de Thiboutot, et qu'il vouloit que je luy rendisse compte de tout et que l'on m'obéît par préférence. .Je luy répondis que j'étois extrêmement pénétré de la confiance qu'il avoit en moy, mais que M. de Thiboutot étant l'ancien, je le priois que ce fût luy qui luy rendît compte. Que c'étoit un ancien officier qui avoit servy dans la cavallerie, le génie et l'artillerie, et qu'il pouvoit compter sur luy. Qu'au surplus nous étions amis et qu'il y avoit apparence que nous agirions toujours de concert. Et cela fut aussy dans tout le siège.

Le comte d'Yorck, fils du prétendant d'Angleterre, alors séculier, vint voir ce siège; le prince de Clermont me donna à luy pour le conduire et expliquer toutes les tranchées. Il est aujourd'liuy, en 1764, le cardinal d'Yorck.

Pendant ce tems M. le prince de Conty fit les sièges de Mons

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