‹ Mémoires de Louis-Auguste Le PelletierChapitre 31 sur 49 · Contrat reçu par Poulleticr, notaire à Compiègne · texte numérisé non relu

Contrat reçu par Poulleticr, notaire à Compiègne

DESCKN'DANCH. 14:i

(le iiion piTo (('allicriiu' Le l'cllclici-, tnariro en 1078 à Aiiloim- Houidai/.c, cominissniro provincial (TarlilUM'ic^), avoil vendu Ions l(>s fonds el ellels de la succession de sa ni(>rc cl avoil aclic|)l('> plusieurs liahilal ions à la ( liuidelonpe. Il ('-loil le j)arrain du (chevalier de Liancourl, mon second (ils.

« l']n nî)5, il mcdcmanda roiienienl do luy envoyerson lilleul, (pii éloil alors officier pointeur à l'Ecole de la Fèrc, que je comniandois. Je reçus des Ictlres pressantes de deux personnes de ce pays là, ni'annon(;anl ({ue mon cousin étoil fort malade. Mon fils parlil de lîordeaux; il devoil faire ce voyage en six semaines, el fui Irois mois hatlu des vents. Enfin il aborda à la (luadeloupe el la première nouvelle qu'il appi'il fut (|ue M. Bourdaize y étoil mort il y avoil cinq jours, mais qu'il l'avoit fait son légataire universel, par son testament du 28 may 1755. Mon fils eut très peu après une compagnie de canonniers-bombardiers et se distingua lors de la descente des Anglois à la Guadeloupe, et après la prise de cette isle, il se relira à la jMarlinique '.

« A dix-sept ans, il avoil par l'inventaire de son cousin 1 723 000 livres de biens et étoil capitaine de canonniers dans son Isle; sans la guerre avec les Anglois, quelle fortune n'auroit-il pas faite?

« Il se maria au mois de may 1761 avec Mlle de Longvilliers de Poincy, fille du gouverneur de la Martinique, petite nièce de M. de Longvilliers de Poincy, chef d'escadre, bailly grandcroix de l'ordre de Malle et gouverneur des Isles sous le vent, qui avoit conquis l'Isle de Saint-Christophe el autres Isles. Ils sont alliés aux Choiseul el à beaucoup de grandes maisons de la Cour.

« La guerre qui se déclara entre la France et l'Angleterre a fait changer de face cette brillante fortune. La Martinique a été prise par les Anglois au mois de janvier 1762 et nous attendons quel sera le sort de Liancourl, de sa femme el de ses

1. Les preuves de noblesse d'Antoine Le Pelletier de Liancourl ont été enregistrées le 14 mars 1769 au conseil supérieur de la Guadeloupe.

possessions, tant à la Martinique du coslc de sa femme qu'à la Guadeloupe. »

Si la fortune d'Antoine Le Pelletier de Liancourt eut à souf frir de la guerre avec les Anglais, elle resta néanmoins considérable. Il conserva à la Guadeloupe l'importante habitation de Beausoleil et acquit en France deux grandes terres, la vicomte de Villers-Hélon en Valois, et celle de Crécy-au- Mont, située près de Coucy-le-Château en Soissonnais.

Sa femme, Louise-Luce de Longvilliers de Poincy, dont on voit encore le tombeau dans l'église de Villers-Hélon, est morte le 23 septembre 1784.

Antoine Le Pelletier de Liancourt, vicomte de Villers-Hélon a épousé en secondes noces IMarie Anjorrant, veuve de M. de Montmori de Beaurain, comte de Glaignes. De sa première femme il avait eu une fdle et quatre fils, savoir :

1° Louise-Elisabeth Le Pelletier de Liancourt, mariée à Gilles-Charles de Maupcou, comte d'Ableiges, officier au régiment des gardes françaises, puis député de la Martinique;

2° Louis-François Le Pelletier de Liancourt, qui servit dans l'état-major du régiment du Roi, puis aux gardes françaises et mourut jeune encore, avec un brevet d'officier supérieur. Sa femme, Marie-Charlotte de Bonnaire de Forges, périt sur l'échafaud le 9 avril 1794;

3** Louis-Antoine, vicomte Le Pelletier de Liancourt, capitaine de frégate, qui de son mariage avec Mlle de Gaigneron de Morin n'a laissé qu'un fils mort sans postérité ;

4° Jean-Marie Le Pelletier de Montéran, capitaine au corps royal d'artillerie;

5° Félix-Philippe Le Pelletier des Tournelles, d'abord officier de marine, puis conseiller au conseil supérieur de la Martinique. De son mariage avec Marie-Elisabeth-Céline Baillardel de Lareinly il eut un fils mort jeune sans avoir été marié, et une fille, Marie-Victoire-Désirée Le Pelletier des Tournelles, qui a épousé le comte Du Boberil et en a eu un

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lils cl Mlle (illc. Mlle ri-sidc ;iii cliAlcaii de l'x'niichriic, pr^s (le Kciia/A' (Mayenne).

La <l('sc(Mi(laMco du licideiiaiil «^(''iirral Lo>iis-Au<^uslc le Pellelier a rlé conl imire jiis(|irà nos jours par son Iroisième lils Lonis-l"'ran(;ois le INdIclier de (îlalij^ny, scignenr d'Ancourl el de (Uali^iiy.

Né à Coinpiè^ne le 13 mai 17i(> ', il a élé reeu en 1750 à l'Kcole niililaire (jui venait d'èlre fondée à Paris. Elève à l'École d'arlillerie de la Fère en 1701, lievilenanl en second dans le corps royal d'arlillerie en 1703, lieulenanten premier en 1705, capitaine en second en 177i, capitaine de bombardiers en 1777, capitaine de canonniers en 1781. 11 a pris part à l'expédition dirigée contre (libraltaren 1782.

Chevalier de Saint-Louis en 1787, lieutenant-colonel en 1791, il a reçu du roi Louis XVIII un brevet de maréchal de camp "" et le titre de baron ''.

Il avait été élu député de la noblesse du Valois aux Étals généraux de 1789, dans des circonstances qui ont un certain intérêt hislorique.

Au moment où il allait être procédé à l'élection du député de la noblesse du bailliage de Ca'épy, le comte de Mazancourt demanda que M. le duc d'Orléans, seigneur apanagiste du Valois, fût nommé par acclamation, ce qui, n'étant pas conforme au règlement, ne devait être qu'un hommage au Prince, L'ordre y consentit. M. de Mazancourt pria ensuite qu'on donnât à la nomination la forme légale, c'est-à-dire celle du vote par scrutin, el l'assemblée, qui ne voulait pas du prince pour député, ayant refusé, le comte de Mazancourt déclara qu'il était chargé de la procuration du duc d'Orléans et de son refus pour le cas où il serait élu. « Ainsi , ajoula-

1. État des services de Louis-François Le Pelletier de Glatigny. délivré par ordre du niinislre de la guerre le 2" juin 1814.

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