‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 103 sur 302 · CLXVIII DE LA COMPOSITION DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

CLXVIII DE LA COMPOSITION DES MÉMOIRES

de nouveau celle faveur, comme si Thistorien avait à puiser ailleurs que dans sa conscience le sentiment de la vérité et de la justice. On va voir que Pellisson a une peur terrible d*ôtre pris pour un panégjTiste. Une page, écrite entièrement de sa main, nous apprend que c'était surtout la campagne de Franche-Comté (fév. 1668) qu'il tenait à mettre en pleine lumière : on s'explique mieux alors les proportions qu'il a données à son travail.

Cet ouvrage < sera sans doute rooint imparfait si Sa Majesté daigne le voir et le redresser.

I. Nous rencontrons pour la première fois (en tète du Msc. s. Pr. 22&2, t. II| in-4*) un morceau de la main de Pellisson. Il faut en établir la complète authenticité. Cette écriture ne ressemble en rien à celte du « Project • qu'on vient de lire. Pellisson, nous l'avons dit, avait seulement écrit le titre : « Premier Project que le Roy a depja veu. » Le Projet même est une eopie d'une très-belle écriture ronde, vraiment moulée. L'écriture de Pellisson eat d'une main courante, très-rapide ; les mots sont Irès-espacés, il y a peu de mots dans une ligne, peu de lignes dans une page. Ces signes dUtinctifs paraîtront plus saillants encore sur le texte de l'année 1661, qui «st bien visiblement de la même main que la page ici transcrite, l^ Bibliothèque impériale nous fournit un billet (^aos signature, il est vrai , mais l'écriture parle d'elle-même} qui est, pour la main, tout à fait pareille au texte de 1661 et à cette page. Le voici (Bibl. Imp. Msc. Baluze, arm. V, paquet IV, n** 3, L. 1, in-f^, t. Il, f 190- 192. Au v** du f> 191 est cette suscrf pilon : A monseigneur. La lettre est donc adressée au surintendant Fouquet) : « Vendredy après disner, 21 Janer [tic) 1661. M. de Roquette m*a dit qu'il fallait envoyer ce paquet à monseigneur dès aojourd'buy. Que M. Tambonneau ferait l'affaire du moins pour cent huit mille livres, et peut-être pour deux cens surs (?], et que pour luy il se tenait aussi à ce qu'il avait proposé et que monseigneur avait agréé. C'est-à-dire que si monseigneur veut qu'on touche cet argent dès demain mesme , il le peut en m'envoyant aujourd'huy un billet de cent huit mille livres payable dans un an prochain, et un autre de quatre-vingts mille pour M. de Roquette, lequel m'a dit qu'il reviendrait demain malin en sçavoir des nouvelles. Rt si monseigneur veut faire encore un autre billet de cent huit mille

IL S AGIT SCRT013T DE LA CAMP. DE FRANCHE-COMTÉ. CLXfX

Il est diyisé en articles dont chacun a son titre, mais qui ne peuvent être bien goûtés ni entendus s^ils ne sont lus de suite.

Sa Majesté se souviendra, s*il lui platt, qu*on s*est retenu en plusieurs endroits pour éviter le stile du panégyrique suivant le premier Project que je joins encore ici ' a6n qu*elle puisse mieux juger s'il a été bien suivi.

Une ' histoire particulière et de peu de temps souffre beaucoup de circonstances que la générale devrait omettre.

D'ailleurs » les Comtois étant si fous qu'ils s'imaginent que la plupart de leurs places ont été vendues , et les Espagnols assez glorieux peut-être pour prendre à l'avenir ce même tour dans leurs histoires, il importe qu'il y en ait une qui explique nettement jusqu'aux moindres ressorts de ces événements à la vérité surprenants et extraordinaires.

Je * n'ai pas appréhendé de faire valoir la Franche-Comté ce qu'elle vaut. Car plus on l'estimera, plus je prétends que l'action est grande et héroïque de l'avoir rendue. Mais cela ne peut être expliqué qu'à la fin.

L'œuvre historique de Pellisson, telle qu'il la composa alors (en 1668), ne nous est pas arrivée tout entière. Le manuscrit en contient le i*' livre incomplètement; puis les 4«, 5«et 6«; ce dernier aussi est inachevé. Remarquons cette division en livres, que les Mémoires de Louis XIV

livres pour M. Tambonneau, je le garderai pans en parler, si non en eat qu'il demandast luy mesme à faire toute l'affaire, comme il l'avait proposé au commencement en se contentant des promesses qu'on luy peut donner. » — Pellisson écrit el peu serré sur chaque ligne et dans chaque page, que le petit morceau que nous donnons dans notre texte comprend sur le Mse. deux pages et demie.

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