GCXUI DE LA COMPOSITION DES MÉMOIRES
vrais Mémoires du Roi , qui s'ouvrent avec TâDDée 1666, et se terminent à la paix d'Aix-la-Chapelle. Louis XIV est de moitié dans la révision de Pellissou ; il en a suivi les pages le crayon à la main ; il en approuvait donc les idées et le style.
La faculté d'apprendre que nous avons reconnue chez Louis XIV ne s'exerça pas en vain : à force d'écouter et de corriger des gens d'esprit, assez riches de pensées et beaux diseurs, il devint capable non-seulement de réfléchir (qui en a jamais douté?), mais d'écrire aussi bien qu'eux. Ni Périgny, ni Pellisson , ni aucun autre écrivain de profession, n'eût mieux rendu les idées développées par Louis XIV à l'occasion de la disgrâce de Pompone, en 1679. Ces pages, qu'on a décorées du titre de Réflexions sur le métier de roi , peuvent avoir un air de famille avec d'autres morceaux des Mémoires» mais on ne s'étonne pas que Louis XIV les ait composées lui-même, et pour ainsi dire d'un seul jet. H avait assez souvent inspiré à d'autres ce qu'il fallait dire, pour rencontrer la forme à la fois majestueuse et délicate qui convenait à ses idées. Il n'y avait pas^ du reste» de réflexion qui allât mieux à la tournure de son esprit ; le fond en était tout royal ; l'expression s'est moulée sur la pensée ave csimp licite et avec grandeur. N'aurait-on que ce petit morceau de la main de Louis XIV, il suffirait pour lui assurer une place dans l'histoire littéraire d'un aussi beau siècle.
Les auteurs des Mémoires» malgré tout ce qu'on peut leur reprocher soit pour l'exagération des éloges, pour le parti pris de rabaisser tout ce qui dans le royaume est au-dessous du Roi, tout ce qui dans le monde ne sert