CE QO^ON PEUT LOUER CHEZ LES RÉDACT. DES MÉMOIRES. CCXLIII
pas les intérêts et l'ambition de la France, soit pour rexubérance de développements parasites, pour la roîdeur et Tenflure du style, ont eu du moins le mérite d'accomplir courageusement une tâche difficile et de ne rien devoir qu'à eux-mêmes. Ils auraient pu, comme on faisait si souvent alors, accumuler des réflexions empruntées aux publicistes et aux moralistes de tous les temps, passer d'Âristote à Machiavel, de Grotius à Bodin ou à Isocrate, ouvrir un champ de discussion, pourfendre des adversaires politiques, exhiber en faveur de la royauté des textes de l'Évangile. Avec plus de science, ils n'eussent pas été plus persuasifs : ni Louis XTV, ni la postérité n'eussent apprécié leur érudition.
Quel accueil Louis XTV eût-il fait à un étalage de documents d'où n'auraient pu se produire sa pensée et sa personnalité? Que lui importaient les théories du monde ancien, ou les doctrines d'un âge pendant lequel la royauté n'était pas uûe souveraine absolue et incontestée? Richelieu même, qui a mis la dernière pierre à l'imposant édifice, n'est jamais cité. Louis XIV avait-il parcouru les pièces politiques innombrables qu'a laissées le grand ministre? On sait que Colbert, quand il cherchait quelque autorité sur laquelle il pût s'appuyer pour les projets qu'il soumettait au Roi, n'en trouvait pas de plus concluante. «Sire, M. le cardinal... n disait-il souvent à Louis XTV. Je ne doute pas que Louis XIV n'ait pris connaissance de quelques-uns des papiers d'État de Richelieu. VHhtoire et les Mémoires pour V Histoire du cardinaly double publication de M. Aubery, avocat au parlement et aux conseils du Roi, VHistoire en 1650, les Mémoires en i66â, auraient au besoin ramené l'attention