CCXLIV DB LA COMPOSITION DES MÉMOIRES
sur des pièces aussi importantes, dont une partie était sous la main du Roi ou de ses secrétaires d'Étal. H y a plus : la manière de travailler de Louis XIV rappelle celle de Richelieu. Les Feuillets du Roi, par leur forme si brève et si concise dont le Journal a hérité tout en développant davantage chaque article, peuvent être comparés aux notes fort abrégées que le ministre de Louis XTU jetait sur le premier papier venu pour indiquer la matière et le plan des lettres qu'il se proposait de dicter ou d'écrire ^ Louis XIV cependant n'invoque aucun souve-
I. I/édlleur des Œuvres de Ixtuis XlVf a enlrcvu celle obseryalian, (t. I. Considérations sur Louis XIV, p. 69-70). Pour nous, voici un exemple que nous lirons des Leltres et Papiers d'État de Richelieu, publiés par M. Avenel dans les Documents inédits de Chittoire de France (t. III, 1858, p. 2S0-283). M. A?enel a trouvé, dans lesMsc. des aff. étrangèret, France, 1629, t. L, ^ 18, un Mémoire du garde des sceaux Marillac, adressé à Richelieu, de Valence, le 16 avril 1C29, et au dos duquel le cardinal a écrit ce qui suit :
' « Josépin Gallerie.
« Senetère. Bouthlllier.
« La Combalet.
« Parlement du Roy.
• Ma demeure.
« L'ambassadeur de Florence retourne. Compliment, grande salis- Taction de part et d'autre.
« I l'ambassadeur de Venise, goutteux, ira vers le Roy.
« Idem, l'ambassadeur de Gennes, avec Torce conûlUirrs qu'il a faicl I>:ir8er par Savoy e et luy par Provence, à rebours des Normands, etc.
« On commencera demain à trailter d'affaires avec le marquis Striggi.
« Madame se porte bien, fors sa grossesse qui est d'octobre.
« On dict que force villes du Languedoc branlent; Je m'en rapporte à ce que l'expérience en fera voir.
« iLe Roy veut tascher d'accorder Gennes et M de Savoye. »
Tel est le brouillon, en raccourci, d'une lettre qu'il destine à la Reine mère. La lettre est écrite de Suze, le 22 avril ; remarques la date. La leilre traite chacun de ces poinU» excepté pour Bouihiilier, le secrétaire
LOUIS XIV F.MPRt'NTK-IL, AU MOINS, A RICHELIBI]? CCXLV
nir particulièrement honorable pour Richelieu, comme si la gloire de ce ministre avait été un larcin fait à la royauté. Un morceau assez curieux des Mémoires sur la nécessité pour le prince d'être instruit, et d'avoir étudié surtout l'histoire, n'a pas tiré à conséquence: les rédacteurs ne font presque jamais appel au passé pour rendre raison du présent, pour poser les principes de l'avenir. Ce n'est pas sans étonnement qu'on voit apparaître une fois le nom de Cicéron ; et encore est-ce une addition
d Etal, M créature la pins dévouée, et ponr madame de Combalet, sa nièce. On va en ju^rer. Elle est en original à la Bibl. imp. Fonds Béthune^ n* 0322, fol. 32 :
• J'ai ereu que Vostre Maje9té o'auroit pa» désagréable que Je luj disse que J'ei*time qu'il finroit à propos qu'elIt; ÙA peindre la galerie de •on palais par Josépin, qui ne désire que d'avoir l'honneur de la servir, et entreprendre ot parachever cet ouvrage pour le prix que Rubens a eu de l'autre galerie qu'il a peinte.
« M. de Seneière m*a montré une lettre de madame la comtesse (de Soiisons), et une autre de mademoiselle Senetère, par lesquelles ma* dame la comtesse tesmoigne désirer avec passion que Vostre Mi^esté nubile le passé et l'honore de la continuation de ses bonnes grâces, sous rawuraoce qu'elle donne de vouloir vivre à l'advenir, en sorte qu'elle aura satisfaction de ses actions. Ledit sieur de Senetère me priant de vous escrire sur ce sujet, Je n'ay pas voulu le luy promettre, et néantmoins J'ay pensé que Vostre Majesté ne trouveroit pat mauvais que Je luy fisse cognolstre le désir de madame la comtesse; remettant à vostre Jugement à luy en accorder l'effet selon que vous le Jugerei expédient.
« Le Roy parUra d'Iey vendredy prochain pour aller en Languedoc, aiant trouvé qu'il estoit de besoing que Je demeurasse en ces quartiers, avec quelques trouppes, Jusques à ce que les choses promli»es feussent entièrement exécutées et le repos de l'Italie du tout affermi ; et bien que ce snlt un extrême desplaisir d'estre esloigné de Si Majesté, néantmoins, puisque l'intérest de son service le requiert ain^y, je n'ay, en ce»te occasion, comme en toute autre qui le concernera, autres volontei que les siennes, qui leur serviront touijours de règles inviolables.
• M. ranit>aMadeur de Florence, qui frstoit venu trouver le Roy pour