‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 202 sur 302 · On Ut: • Wrangucl · texte numérisé non relu

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3. Au mois d'août avaient été données des commissions ponr la levée de régiments de cavalerie, à 37 officiers, la plupart mestres de camp dans la vieille gnerre, qui avaient été réduits à une compagnie après la paix de 18&9. Dans le reste de cette année et dans la suivante, 49 autres sont de même délivrées [Bienfaits du Aof).

8i JOURNAL

[J'entretenais sévèreiiient le règlement contre les déserteurs.]

J'avais surtout une application continuelle à mes troupes [pour les dresser et les aguerrir].

[Réflexion: effet d'exercer *,]

Je fus bien aise que Von diminuât le nombre des fêtes, que je trouvais trop grand pour le bien des ouvriers qui ne s'en servent qu'A faire débauche.

Le 27 décembre, S. M. me dit ce reste-ci.

Le traité de Brème est conclu, et je vois les Suédois en disposition de faire tout ce que je désire.

J'ai eu nouvelle que Saint-Alban venait en France sous prétexte de voir la reine d'Angleterre sa maîtresse, mais c'est apparemment avec des ordres pour conclure la paix avec moi.

Dans cette pensée, je me prépare à poursuivre les droits de ma femme^ et ne croyant pas pouvoir rien faire de considérable à moins de surprendre les Espagnols, je dispose toutes choses pour mettre mes troupes en campagne beaucoup plus tôt que l'on n'a de coutume, et pour cela je fais sous diverses couleurs provisions, dans mes frontières, de tout ce qui peut faire subsister une armée d'artillerie , de munitions de guerre, et je loge mes troupes commodément pour les mettre ensemble en premier ordre.

Cependant je fais semblant de me préparer au voyage de Brest, J'en ai déjà marqué les journées, et j'ai réglé

1. Nouf avooa Ué]à vu (p, â2) cclla rénfxion, qui ««(» tU»i \m ikni passages, une addition de Pérlgnj«

d'octobre 1666. 89

Tordre de mes troupes, pour ne pas incommoder mes sujets en cas que je fusse en effet obligé d'y aller. Car, au lieu que menant mon régiment des gardes, je serais obligé de tenir quinze lieues de pays en largeur sur toute cette marche, dont les habitants seraient incommodés, j'ai résolu de ne mener que ma gendarmerie qui campera toujours ima porte, ou logera dans les grosses villes où seront faites des provisions, sans que les habitants en entendent parler ni en souffrent aucune chose.

Ces articles, donnés le 27 décembre, qui traitent de quatre sujets différents, prennent leur source indirectement dans les Feuillets do Roi du mois d'octobre. La mention do mois de décembre ne nous empêche donc pas d'affirmer que le Journal n'embrasse pas l'année entière. On verra qne les Mémoires ne dépassent pas le cadre du Journal.

En quittant le Journal pour les Mémoires, on dit adieu à la forme simple et presque franche de la conversation, on rentre dans le monde officiel. Nous offrons comme transition entre le Journal et les Mémoires la lettre suivante, adressée de Saint-Germain le 24 décembre 1666 par Louis XIV au comte d'Estrades, son ambassadeur en Hollande. C'est une de ces pièces, écrites pour être montrées, qui exposent avec art, mais qui ne résolvent pas les questions délicates. On aperçoit le dessons du Jeu, malgré les protestations royales. Quelques faits signalés dans les articles du Journal du 23 et du 27 décembre (V. p. 80 et p. 82) sur Ruvigny et sur le oomte de Saint'Alban, y sont mentionnés : les bruits qui se ré« pandaient alors d'uue négociation séparée avec l'Angleterre, ont donné lieu à cette espèce de déclaration de principes dont

Louis XIV ne sera pas embarrassé quand le moment sera venu de la violer. Nous prenons le. texte des OEuvres de Louis XIV (t. V, p. 399).

« i*ai m votre dépêche da 6 de ce mois. SI J*aTai» été capable de faire un accommodement séparé avec le roi d'Angleterre à l'exclufifon de mes alliés» je me serais bien gardé d'écrire aux États généraux (sans que j'en eusse aucune nécessité, puisqu'il ne s'agissait pas de cela) aux termes que Je Taifait dans ma dernière lettre, pour leur donner ma parole royale et toute assurance qu'ils n'auraient jamais rien à craindre de moi de ce o6té-là. Bien plus, je n'aurais eu garde d'entrer en guerre pour l'inlérét desdits États, et Je n'aurais eu pour m'en dispenser, qu'à soutenir pour * bonnes les raisons que le roi d'Angleterre employait . et qui paraissaient asses plausibles, pour prouver qu'il n'était pas l'agresseur en eette guerre K Ce parti était bien plus sûr, plus commode, et de moins de dépense pour mol, que de corrompre aujourd'hui, par une infidélité que je détesterais fort en autnii, tout le fruit de l'obligation que j'ai acquis sur les Etats en cette rencontre. Ainsi je ne i>aural8 vous exprimer assex l'iu* dignalion que je conçois» de me voir obligé de tous mander quelque chose sur eettç matière, et que le moindre billet que quelque méchant donneur d'avis s'avise d'érrire, cause des frayeurs et des alarmes dans les Provlnoes-Unies. Je ne crois pas que le sieur de Wilt, ni les principaux de l'État, me fassent ce tort, d'avoir la moindre crainte ou ombrage d'une pareille chose, comme je ne leur fais pas celui de rien soupçonner d'eux de semblable. Il n'y a qu'à considérer la boutique où se fabriquent ces sortes de machines pour nous diviser, et que c'est à Bruxelles ou i Londres; et à dire vrai, nous serions bien imprudents si nous tombions dans ces piéges-là: pour moi, je n'y donnerai jamais de lieu, et II me semble que les circonspections que j'apporte à toute ma conduite vont jusqu'au scrupule. Rien n'était meilleur à mon sens, que le billet que j'ai fait écrire par Ruvigny au comte de Saint-Alban, pour le faire voir; il n'avait pour fondement qu'une proposition faite par les États généraux eux-mêmes : cependant je n'ai pas voulu faire la chose sans l'avoir auparavant communiquée an sieur de Witt, et en avoir appris son sentiment. Le sieur Van Beuningen a vu, ou a pu voir, s'il l'a voulu, les billets de Ruvigni à Saint-Alban et les réponses, et il en sera toujours usé de même. Les avis de Londres portent que le roi d'Angleterre, le chancelier et Arlingtonont été souvent enfermés avec Saint-Alban. Peut-être a-ce été par la nécessité qu'ils ont eue. de l'instruire pour le voyage qu'il doit faire ici : mais je ne doute pas qu'il n'y soit entré aussi quekpto al^

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