‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 210 sur 302 · FERA-T-ON LES DEUX GUERRES · texte numérisé non relu

FERA-T-ON LES DEUX GUERRES

d'Angleterre, je disposerais mes forces et mes intelligences pour commencer plus heureusement celte de Flandre ; que les Anglais seuls n'étaient pas à craindre, mais que leur secours serait d'un grand poids pour la défense des terres d'Espagne * -, que d'attaquer ces deux puissants ennemis a la fois, c'était former entre eux une liaison qui ne se pourrait pas dissoudre quand on voudrait, et qui m'obligerait infailliblement ou à les com*battre toujours ensemble ou à m'accorder avec tous deux à des conditions nK>ins avantageuses ; que cette union de l'Espagne avec l'Angleterre avancerait la paix du Portugal ^ i que considérant les Hollandais selon le temps présent et dans Papplication qu'ils avaient à leur propre défense^ leur secours ne pouvait me procurer tant d'avantage que les Anglais me feraient de préjudice, et qu'en voulant raisonner sur l'avenir ^ il n'y avait pas de moyen plus honnête pour les engager dans mes intérêts que de leur faire paraître ma bonne foi eo commençant la guerre purement pour eux \ mais que

lenré lang raiton par Téditeur de 1806 (t. II, p. 8) t « Je pensais qae pourvu que je pusse parvenir à toutes les fins que je m'étais proposées. Il ne m'importait pas dans combien de temps, mais que peut-être même H arriverait qu'en traitant séparément œs deui affaires, j'aurais pris la chemin ie plus court, aussi bien que le plus assuré. » — Les phrases suivantes de notre texte G sont dans un ordre dIfFérent au texte B,

]• B, l'idée est développée par les phrases suivantes: « que lorsqu'ils

auraient rempli la Flandre de leurs troupes, il me serait mal aisé d'y

faire beaucoup de progrès, que le roi catholique serait obligé de oédet

quelque port à ces insulaires ou dans ses pays ou dans les miens, d'où l'en

'De les chasserait pas sans difficulté. ■

2. B, la phrase se continnait d'abord ainsi: « ... du Portugal, à qui lel Espagnols trop occupés feraient de jour en jour des offres plus considé^ râbles, tandis que le roi de la Grande-Bretagne emploierait son crédit pour les faire accepter^ »

du moins il me serait glorieux devant toutes les nations de la terre, qu'ayant d'un côté mes droits à poursuivre et de l'autre mes alliés à protéger, j'eusse été capable de négliger * mon intérêt pour entreprendre leur défense ^.

Je fus quelque temps incertain entre ces deux opinions, mais si la première flattait plus doucement mon humeur y la seconde touchait plus solidement ma raison ', et je crus que dans le poste où j'étais, je devais faire violence à mes sentiments pour m'attacher aux intérêts de ma couronne.

Ainsi je résolus de ne m'engager qu'à la seule guerre de mer, et pour la faire plus avantageusement, je désirai de mettre le roi de Danemark dans notre parti ^.

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