Cee deux mots : « de vertu, » ne sont pas au texte A
l'idée de vertu soutient les princes. 229
aux plus mauvais une espèce de répugnance pour le vice. Leurs cœurs, formés de bonne heure ' aux lois de Thonneur, s'en font une si forte habitude qu'ils ont peine de se corrompre entièrement, et le désir de la gloire qui les anime les fait passer en beaucoup de choses par-dessus le penchant de leur intérêt^.
Mais il n*en est pas ainsi de ces gens de condition médiocre par qui les États aristocratiques sont gouvernés. Les résolutions qui se prennent dans leurs conseils ne sont fondées sur un autre principe que sur celui de leur utilité. Ces corps , formés de tant de tètes , n'ont point de cœur qui puisse être échauffe par le feu des belles passions. La joie' qui naît des actions honnêtes, la honte qui suit les lâchetés, la reconnaissance des bienfaits et le souvenir des services, lorsqu'ils sont partagés entre tant de personnes, s'affaiblissent enfin à tel point qu'elles ne produisent plus aucun effet, et il n'y a que l'intérêt seul qui (regardant les particuliers aussi bien que le général de l'État) puisse donner quelque règle à leur conduite.
De ces vérités, mon fils, l'instruction que vous pouvez tirer n'est pas qu'on doive s'abstenir absolument de toute sorte de société avec ces sortes d'États. Car, au contraire, je tiens qu'un prince habile doit savoir mettre toutes choses en usage pour parvenir à ses fins. Mais il