‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 3 sur 302 · AVERTISSEMENT. > IJ · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT. > IJ

nées. Il nous a semblé qu*il valait beaucoup mieux laisser en présence, et sans aucun mélange, tous ces textes qui remanient tant de fois la même idée : ils sont par eux-mêmes un assez curieux spectacle, à la fois politique et littéraire.

La même méthode est suivie pour l'année 1 667 , qui est seulem^it un peu moins riche. On a moins de Feuillets du Roi. Le Journal est développé dans les mêmes proportions qu'en 1 666, les parties en sontmieux ordonnées. Aussi les Mémoires ont pris plus facilement et plus vite leur brme définitive, lesrédacteurs étant plus expérimentés etmieux guidés. Le Supplément, par suite, est moins abondant.

On a un seul texte, avec quelques corrections, pour le début de Tannée 1668 jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle et jusqu'au traité éventuel de partage de la succession d'Espagne entre les cours de Versailles et de Vienne.

Là finissent véritablement les Mémoires pour l'Instruction du Dauphin.

La partidpation de Pellisson à ce travail remarquable à tant de titres ayant commencé en 1670 ou 1671, et s'étant bornée à la révision de l'Introduction , nous ne donnons qu'après les textes des années 1666, 1667 et 1668, les fragments de Flntroduction que fournissent les manuscrits. La première année de l'Introduction, Tannée 1661, est fort curieuse : deux rédactions ont précédé la révi^on de Pellisson, et sur le texte do Pel-

VIJJ AVKKTLSSËHKNr.

lisson Louis XIV a fait au crayon des correctioDS et additions dont Pellisson profite aussitôt sur le même manuscrit. L*éditeur de 1806, qui parait aToir eu le manuscrit sous les yeux, n'a pas remarqué les traces de la main du Roi. Nous publions un long sommaire inédit de la première rédaction de cette année 1661. La seconde rédaction, faite éridemment d'après la première, a presque l'importance de la troisième rédaction des Mémoires de 1666, qui est toute nouvelle pour le public. Nous lui subordonnons, comme variante, le texte de Pellisson. Nous croyons qu*en comparant le texte de Pellisson avec celui du second rédacteur, on ne donnera pas la supériorité à l'écrivain le plus connu, le seul connu jusqu'ici pour avoir mis la main aux Mémoires de Louis XIV. Le Suj^lément aux Mémoires de 1661 est composé de réflexions générales ou lieux conununs, d'un style facile, sonore et assez brillant, dont Pellisson trouvait les germes dans les textes antérieurs : ils se sont épanouis trop largement sous sa plume. L*année 1662, beaucoup moins complète que la précédente, intéressera non-seulement par des textes de Pellisson, mais par on fragment assez long d'une rédaction antérieure, et surtout par l'exposition, en brouillon, d'une réflexion fort téméraire. Quant à la suite de l'Introduction, qu'elle ait été rédigée ou non, elle est perdue.

Poursuivant au delà de 1668 tout ce qui a de l'ana-

AVBRTISSEMGNT. JX

logieayec la composition des Mémoires pour le Dauphin, nous reproduisons des parties de Feuillets du Roi qui se rapportent aux années 1670 et 1671, et quelques réflexions générales extraites des nombreuses pièces d'histoire militaire que le Roi a écrites ou a dictées pendant la longue guerre que termine la paix de Nimègue, sans penser sans doute à son fils. Tout au plus ose-t-on affirmer qu'il faisait un objet d'instruction directe du morceau fameux, intitulé ordinairement : Réflexions sur le métier de Roi, par lequel se termine notre second Tolume . ' Nous ne pouvions mieux finir que par ces pages toutes royales. Ce sont les dernières que les manuscrits nous offinent comme écrites de la main du Roi à l'intention du Dauphin. Le fils de Louis XIY a alors dix-huit ans, il est afiranchi de la tutelle de Montausier et de Bossuet, il se marie. Ce serait le moment pour lui de mettre à profit les conseils paternels. Chacim sait que , malgré tout ce qu'ont écrit Montausier, Bossuet et Louis XIY, il ne s'est pas rendu digne de son père.

Nous ajoutons, enappendice, à la fin du second volume : 1* un aperçu bibliographique sur les Mémoires du Roi ; 2* des textes de Pellisson pour l'année 1661, dont on a seulement une copie, reproduite dans l'édition de 1 806 des Œuvres de Louis XIV. Ne retrouvant rien dans les manuscrits qui corresponde à cette copie, nous la livrons, telle qu'elle est, à l'appréciation des lecteurs.

X AVSRTISSEMEXT.

Les Mémoires que nous publions , s*ils ont été sans effet sur le développement moral et politique du Dauphin, mettent en pleine lumière les idées de .Louis XTV ; nous espérons que les textes nouveaux qu*on va lire présenteront un vif intérêt. Ils montrent comment les I)ensées ont pris naissance , comment elles se sont développées et transformées dans la singulière association d'un Roi dominateur et d'écrivains à gages.

Ces Mémoires sont un des premiers et un des plus remarquables exemples de ce que peut produire la collaboration littéraire : comme il arrive presque toujours, le plus grand nom , celui de Louis XIY, a absorbé tous les autres ; il en est deux cependant, celui de Périgny et celui de Pellisson, qui méritent de survivre.

Page 1