‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 92 sur 302 · iln · texte numérisé non relu

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LE DAUPHIN BN 1671. HABnUDES PU BOI. CXLIII

dans son Jonnial de qaartier, qu'après la mort de M. Vallot, premier médecin du Roi, qu*il cessa de déjeuner avec les bouillons auxquels il avait répugnance , et prit tous les matins da pain et un peu de vin et d'eau : d'où il commença à croître et à renforcir, » Au dire de Dubois, M. Valiot a donc bien fait de mourir le 9 août 167 j, pour que la France ne fût pas exposée à perdre le Dauphin.

Ce M. Valiot décidément est un maladroit : il croit Mpnseigpear capable de vivre sans prendre le matin du pain et du vin, et d'autre part, il ne croit pas que Sa Majesté ait un tempérament as^ez robuste pour tenir longtemps à la vie qu'il mène avec ses maîtresses. On rapporte en effet ^ que Valiot, peu de jours avant de mourir, avait déclaré au Roi qu'il était obligé de lui dire ep honneur et en con^ science, comme son sujet et son premier médecin , que s'il ne changeait de façon de vivre , il courait fortune da ne pas vivre âge d'homme. A quoi le Roi aurait répondu qu'il se souciait peu de vivre longtemps s'il ne vivait avec plaisir. Louis XIV a donné un démenti aux tristes pronostics de son médecin : il n'a pas changé ses habitudes de galanterie, et Dieu ne lui en a pas moins accordé de longs jours. Les gens sages avaient le droit de penser comme cet honnête M. Valiot, lorsqu'ils apprenaient qu'au mois de février 1671 Sa Majesté, tout en gardant auprès de lui madame de Montespan, faisait appréhender au corps, par les mains de M. de Bellefonds et de Colbert, jusque chez les religieuses de Sainte-Marie de Chaillot, madame de La Vallière. a £lle est toute rétablie à la cour,

1. Bibl. imp. Use. Fondt Bouhler, 34. Mél. de Phiiib. de Lqmare fCommeneéi 00 1670, art. 1238.

CXLIV h& LA COMPOSITION DES HÉMOmES.

écrit madame de Sévigné, le 18 février; le Roi la reçut avec des larmes de joie^ elle a eu plusieurs conférences tendres : tout cela est difficile à comprendre, il faut se taire. » Oui , ce sont là des choses bien étranges de la part d'un prince qui aime sincèrement ses enfants, et qui a la prétenticm de dicter pour le Dauphin des leçons de moralité.

Son affection paternelle ne s'est pas refroidie un instant : tous les billets adressés à la gouvernante de 1668 à 1671 en font foi. Ce âls bien-aimé, il veut toujours le former à la pratique de toutes les vertus comme à la science du gouvernement, ainsi que l'atteste la continuation ou le remaniement de ses Mémoires, dans ce tempslà môme , par les soins de M. de Périgny, puis par ceux de Pellisson. Les princes se figurent trop souvent que les taches, les souillures de leur vie privée sont emportées , disparaissent dans le courant des gloires de leur règne. Mais, plus leur vie publique a de grandeur, plus on interroge curieusement leur caractère et leurs passions. Nous avons d'autant plus le droit de demander compte Louis XIV de tous ses actes, que dans les Instructions Dauphin il s'érige en maître de la sagesse. C'est < moins le rôle que lui donnent les rédacteurs des Mémo res.Il avait, on n'en peut douter, le sentiment desdevoiio qui conviennent à un roi ; l'exercice du pouvoir suprême, qui était à ses yeux comme une délégation de l'autorité divine, lui paraissait exiger bien des qualités et des efforts. Il crut donc que son fils ne serait jamais formé trop tôt à ce difficile métier. Être sage et modéré , c'était, nous nous rappelons les billets de 1667 à la gouvernante , ce qu'il demandait d'un enfant de cinq ans et demi. «Je

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