‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissements (volume 2)Chapitre 93 sur 302 · OPIKION DE LOUIS XIV SUR LE DAUPHIN. GXLV · texte numérisé non relu

OPIKION DE LOUIS XIV SUR LE DAUPHIN. GXLV

veux que vous soyez honnête homme, et vous ne le voulez pas, » dit-il au Dauphin, dans une conversation du 29 septembre i671 que rapporte le valet de chambre Dubois. Ce mot pour Louis XIV signifiait qu'il faut, à tout âge, faire ce que Ton doit conformément à son état : c^est le quod decet de Cicéron. Si le Dauphin, à dix ans, rebelle au travail, refuse de s'appliquera ses thèmes et d'apprendre son catéchisme , Louis XIV a peur, avec raison, que cet esprit d'indocilité ou d'indolence ne devienne le fond de son caractère, qu'il ne manque de même plus tard à tous ses devoirs et ne fasse un bien mauvais roi. Mais l'honnête homme, l'hopime sage et modéré comme l'entend Louis XrV, regarde, à ce qu'il parait, comme audessous de lui certaines vertus que la morale la plus vulgaire enseigne à tous les hommes.

CXLVl DB LA COllfH)6lTlON DES MÉllomBS.

Les Mémoirei pour le Daophlo , composés â*après le Journal du Roi des années i(M et 1667, ont néeessairetnent une introducUon. ^ Les rédacteurs remontent Jusqu'en 1661.^- Leur maladresse. — Lacunes d«n« le texte de lintroductlon. — Elle a été remaniée deux fois avant le travail de PelUison. — Il convient d'en tourner l'eiamen.

Les petits Feuillets de Louis XIV, dont il importe de garder tous les lambeaux retrouvés pour les années 4666 et 1667, ont servi de base, nous l'avons vu, au Journal développé. Le Journal a produit les Mémoires pour le Daupbin. On ne saurait dire à qui revient la première pensée de ce travail politique et moral, ou au Roi, ou aux écrivains qui ont, sous sa dictée, rédigé le Journal. La main de Louis XIY n'est nulle part sur le Journal : de loin en loin seulement nous la reconnaîtrons dans des corrections des Mémoires. II suffit qu'elle y paraisse quelquefois pour qu'on le rende responsable des idées qu'ils contiennent, de la forme qu'ils ont revêtue. Leur conformité avec le Journal, pour les faits et pour les jugements, établit entre les deux compositions une solidarité irrécusable.

Dès qu'on eut pris le parti de composer des instructions pour le Dauphin avec les articles du Journal, on chercha à constituer un ensemble de Mémoires politiques. Il fallut une introduction, un préambule. Le travail, enfermé dans deux années pour lesquelles on avait des éléments

NÉCESSITÉ d'UNC INTRODUCTION POtB LES MÉMOIRES. CXLVIl

trèi-ftolides d'enseignement, aurait suffi peut-être à des écrivains moins ambitieux et plus distingués, à un Roi moins vaniteux : le cadre parut trop petit, on remonta plus haut. Une raison toute simple empêcha de dépasser l'année 4661. Comme on voulait la glorification du Roi autant que l'instruction du Dauphin , celte année ofl'rait le plus beau début; Louis XIV commençant à gouverner par lui-même à la mort de Mazarin serait un exemple ^orieux pour son fils. Des généralités sur l'état de l'Europe et de la France, sur les principaux personnages qui obtenaient alors ou qui perdaient la confiance du jeune Roi pouvaient précéder l'examen des premières réformes accomplies dans les finances. Pour les finances, on n'était pas embarrassé d'en parler. Les Mémoires de Colbeft, que nous avons mentionnés \ donnaient les faits et les idée s; on n'avait qu'à retourner les phrases étales étendre. N'entretenir le Dauphin ou le public que de rentes, d'aliénations, de fermes, de taillons, c'était trop peu et trop sec. Quelques réformes intérieures, des événements de cour ) des mariages , des ambassades, des faits d'histoire étrangère étaient sous la main dans la Gazette : on a pu lui emprunter tout ce qui n'était pas affaire de chiffres. Ne vous attendez pas à rien voir de neuf : ou les rédacteurs n'ont pas pris la peine de recueillir des détails circonstanciés, qui auraient relevé par des traits piquants leur récit rétrospectif, ou on a eu peur de la précision et de la lumière, et on s'est contenté de tirer des instructions assez vagues d'événements mal éclairés.

Quelle étendue a été donnée à cette introduction? Nous

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