CONCESSIONS OFFERTES AUX ANGUIS. LEURS FINESSES
part me promettre de ne prendre d'un an aucun engagement contre moi ' .
Mais tandis que cela se négociait entre nous , il me donna sujet de défiance, par la proposition qu'il fit, à mon insu, aux États d'aller traiter de la paix à La Uaye^. Car, comme cette ville était pleine d'un fort grand peuple et fort facile à émouvoir, je ne doutai point que ce ne fût un choix fait avec l'Espagne, dans le dessein d'y faire tramer des brigues par leurs ministres, soit pour rétablir l'autorité du prince d'Orange ou pour détacher cette république d'avec moi.
Mais j'éludai leur artifice ^ en le faisant connaître aux États, qui, par mon avis, répondirent au roi d'Angleterre que, s'il voulait, on irait traiter en son royaume, ou que, s'il aimait mieux négocier chez eux, ils lui don* naient le choix de Bréda , de Bois-le-Duc et de Maéstricht, parce que, disaient-ils, La Haye n'étant pas fer- Dfiée ne pouvait donner aux députés la sûreté convenable à leurs fonctions.
1. Toujours au n* 10 da Journal : « ... aucun engagement avec pas an autre prince, me confiant que bI j'avais liberté d'agir durant ce tempslà, Je me mettrais en état qu*il croirait ne pouvoir trouver de sûreté qu*avec moi. »
2. Dans les Feuillets, on Ut ces petites phrases disséminées en désordre : m Finesse enr le lieu de La Haye. Réponses faites au comte de Saint-Alban et aux Hollandais sur les lieux pour traiter. Finesses d'Angleterre sur la paix; autres finesses sur Douvres. Refus du roi d'Angleterre de traitera Douvres. — Le n» 15 du Journal donne presque littéralement cet alinéa et le suivant.
8. Le mot est en correction au Journal, n* 15. —Pour la suite, la phrase du Journal est péremptoire : « C'est pourquoi je donnai ordre que les Hollandais refusassent ce parti, et lui ofiti'issent d'aller traiter à Dourres (on comprend maintenant le langage des Feuillets}, oo c|ans Tune des quatre places fortes qu'ils lui nomm enUent.
Mais le roi de la Grande-Bretagne \ qui reconnut incontinent le véritable sujet de cette réponse, fut si fâché de voir son dessein découvert, qu'il ne voulut d'abord accepter aucune des places proposées. Et néanmoins, bientôt après ^, il choisit Bréda, témoignant même que c'était en ma considération qu'il apportait cette facilité aux affaires.
Ainsi, nos agents assemblés commencèrent à travailler ouvertement à la paix .
Et je repris aussi ', de ma part, la négociation commencée en secret, pour m' assurer au plus tôt de ce qui pouvait regarder mon dessein : car, comme je ne doutais pas que dans les divers intérêts des différentes parties il ne se formât de jour en jour des contestations qui tireraient les choses en longueur, je crus que j'avais intérêt de me détacher de l'affaire pour profiter d'un temps qui m'était précieux.
LÀ principale condition i laquelle je m'obligeais dans ce traité, était de rétablir les Anglais dans les lies occi-
1. Au texte A, 4* cahier, r* 330: « ... voyant son artifice déoouTert, refuse d'abord d'accepter aucune des places proposées par les Hollandais. » — Le refus du roi d'Angleterre est au Journal, n* 1&. i ^. Au Journal, n*> 29 (donné la veille de Pâques) : « J'eus nouvelle que le roi d'Angleterre, peréuadé, di«ail-il, de ma bonne foi, acceptait Bréda pour j traiter la paix, et j'y envoyai de ma part d'Estrades et Courtia. »
3. Pour cet alinéa et le suivant, voir le d<» 16 des articles du Journal donnés le 19 juillet par le Roi (p. 174). « Comme je voyais que l'amitié du i*oi d'Angleterre m'était néce8»aire pour le progrès de mes desseins sur la Flandre, J*) me résolus de m'accommoder avec lui... » C'e^t le même objet traité à la fin de l'article lOque le Roi a donné le 29 mars. L'échange (les lettres secrètes dont il est question en terminant ne paraît qu'au n* 16. — Ce développement ouvre le 8« cahier du texte A (^ 348), en termes un peu allongés. L'éditeur de 1806 cite en note (t. 11, p. 289-290) comme variante la page de ce premier texte, dont les lignes de début sont seules importantes : noos les citerons tout à l'heure.