NÉGOCIATION EN SBGRET AVEC LEUR ROI
dentales; et, de leur part, ils me promettaient que Tarlicle de Tlle de Polleron n'empêcherait point la paix générale, et que, quand même elle ne serait pas conclue dans un an, ils ne traverseraient en rien mes projets. Pour dérober aux états de Hollande la connaissance de ces conventions, elles ne furent exprimées que dans des lettres missives écrites de ma main et de celles du roi d'Angleterre, à la Reine ma tante et sa mère, qui en demeurait dépositaire entre nous ^
Cela fait, je commençai^ à me préparer ouvertement à la guerre de Flandre.
1. Le texte A, 8* cahier, f*" 349 v« et f« 3S0 r". donne, à la suite, dee faits nouveaux : « Par ces mêmes lettres je m'engageais encore de ma part à ne faire sortir ma flotte d'un mois. J'observai si religieusement ce que J'avais promit qu'encore que les Hollandais , ignorant cet accord, me pressassent incessamment de mettre mes vaisseaux en mer, Je m'eo défendis toujours en leur faisant entendre que Je tenais la paix pour faite, et en le faisant ainsi publier par mes ambassadeurs, Jusîque-là que les états me priant seulement de trouver bon qu'ils se servissent des brûlots d'une escadre qui était à moi dans leurs ports Je ne le voulus pas permettre, quoiqu'à regarder les choses à la rigueur, Je ne fusse plus alors obligé d'en user de la sorte, parce que le terme de la convention était expiré. » Aucun autre texte ne donne ces faits , mais le rédacteur A a emprunté presque littéralement deux articles du Journal (V. les n** 17 et 18 bis donnés par le Roi le 19 Juillet). C'est une preuve de plus que le texte A, malgré ses formes souvent indécises , ses phrases allongées et languissantes, procède immédiatement du Journal. Il utilisera, malt plus lard seulement, le n* 18 qui traite d'une contestation survenue entre l'Angleterre et les étals an sujet de la capture de deux vaisseaux anglais, et que le Roi aplanit en fournissant lui-même la moitié du d^ dommagement réclamé (V. p, 264» note 1).
2. Cette phrase a peu de valeur sans doute. Elle est l'écho amoindri des Feuillets et du Journal. Dans les Feuillets t « Apparence de paix. Pensée de guerre réchauffée. » Dans le Journal (fin du n* 10, et n* il doonéi le 29 mars] ; « On crut la paix faite. Sur cela Je réveillai fortement tous les sentiments que J'avais pour la guerre. • Enfin voici le
Mais afin ^ de ne rien oublier qui pût justifier mon procédé, je fis publier un écrit où mes droits étaient établis, et envoyai ^ un nouvel ordre en Espagne pour demander les États qui ' m'appartenaient, et pour déclarer que si on me les refusait, je m'en mettrais en possession moi-même, ou, du moins, de quelque chose d'équivalent ^. La Reine régente répondit que le testament du feu roi, son mari, défendant expressément Faliénation de toutes les terres qu'il avait possédées , elle ne pouvait passer par-dessus cette loi. Mais Castel- Rodrigo, qui me voyait de plus près qu'elle, ne témoigna pas tant de fermeté : car à peine étais-je parti de Saint-Germain , que je reçus de lui une lettre ^ par laquelle, après quelques remontrances assez mal digé«
préambule , annoncé tout à l'heure, du 8« cahier du texte A ((^ 348} s « Vous avez vu comme depuis la mort de Philippe IV, roi d'Espagne, mon principal dessin avait toi^ours été de me mettre en possession des étais qui suivant leurs propres coutumes appartenaient Intimement à la Reine, et que le seul obstacle qui jusqu'ici m'avait empêché d*y tra* vailier était la guerre qui m'était survenue contre le roi d'Angleterre. » Or dans cette phrase, je crois reconnaître l'écriture de Louis XIV, pour les mots suivants corrigés en marge : « meure en postettion.,, propres, „ jusquHci,,, » La « pensée de goerre réchauflTée > lui vient du cœur; itU suit avec sollicitude.
1. Celte phrase a si bien Tair d'être entraînée par le mouvement de celle qui précède, qu'on ne comprend pas comment l'idée est venue de jeter entre elies un grand morceau sur les Favorites des rois , qui se Ht au t. H de l'édition de 1806 fp. 290-295). Aucun des textes A, B,G ne donne ce morceau ; et l'éditeur de 1806 qui suit page par page le texte G, rencontrant ce morceau ailleurs, et ne sachant qu'en faire, l'a placé fort arbitrairement, il trouvera sa place à la fin du Supplément de cette année.
2. Dans les Feuillets : « Propositions faites en Espagne. • Dans le Journal, le n" 19 du 19 juillet (V. p. 175-176) indique tout ce qui suit.