‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 11 sur 280 · DBS GRACES. DE LA PAVEUR OPPOSÉE A LA JUSTICE · texte numérisé non relu

DBS GRACES. DE LA PAVEUR OPPOSÉE A LA JUSTICE

mèmes^ doiis leur devons encore apporter plus de réflexion que dans les autres.

Que si nous en prenons avis, ce doit être d'une personne qui ne soit pas de nos conseils, parce qu'encore qu'ils se haïssent souvent les uns les autres, ils ont certains intérêts communs, et la grâce que nous faisons k Vun les met en droit d'en prétendre une pareille.

La faveur est directement opposée à la justice qui est la principale vertu du prince.

[Comme tous les biens de ce monde sont bornes] on ne saurait sortir de la médiocrité envers l'un, qu'on ne fasse tort i l'autre.

11 fout partager tout avec équité. [Quand la balance penche d'un côté, elle se soulève de l'autre.]

L'on est jaloux de tout ce qui part de la main du souverain, et jusqu'au travail même, lorsqu'il est jeté sur l'un plus que sur les autres, il ne manque pas de fuirc des mécontents.

Plusieurs fois je vous ai parlé touchant les M. (minisires^ sans doute), mais c'est parce qu'il n'y a rien qui distingue tant un prince habile d'avec un médiocre que la conduite qu'il a à cet égard.

Les médiocres se conduisent souvent bien en tout le reste, parce qu'ils ont de qui prendre conseil et en ce point ne font rien qui vaille, parce qu'ils ne savent pas agir de leur chef et ne peuvent être conseillés de personne que de gens gagnés , intéressés ou craintifs.

23 SUPPLÈHENT Alix MÉMOIRES DE 1066*

Sur les autres matières , beaucoup de gens vous donneront avis; mais en celle-ci , je serai peut-être le seul qui pourrai vous instruire, et quiconque vous approchera d'assez près pour pouvoir vous en informer, prétendra presque toujours lui-même à prendre crédit auprès de vous et n'aura garde de vous parler contre un poste auquel il aspirera lui-même.

• [11 faudrait un nouveau conseil pour agir avec eux, mais qui serait difiScile à choisir.]

Ce troisième morceau n'a pas, autant que les deux autres, de rapport direct avec les réflexions du texte C, sur la conduite des rois en- face de prétentions rivales. Nous ne l'avons pas séparé des deux autres, dont il est voisin sur le Msc, au même ^, écrit de la même main, et au même instant, ce me semble. Les idées très-générales qu'il contient ont pu être suggérées par celles qui précèdent. GellesK^i , pour le fond et même pour la forme, ont beaucoup d'affinité avec les réflexions du texte C, qui lui-même emprunte à deux textes antérieurs ; on doit donc considérer ces deux fragments comme de date plus ancienne; ils auront servi à préparer les considérations sur les rivalités de toutes sortes, que les trois textes ont rattachées assez maladroitement à la question diplomatique engagée entre la Suède, le Danemark, la Hollande. Voici les phrases qu'on peut rapprocher :

Fragm* i. Msc. 1. 1, f 99 r*" « Que si nous prenons avis pour les grâces, ce doit être d'une personne qui ne soit pas de nos conseils, parce qu'encore qu'ils se haïssent souvent les uns les autres, ils ont certains intérêts communs, et la grâce que nous faisons à l'un les met en droit d'en prétendre une pareille. » — La troisième maxime des textes B et G se termine ainsi : < De peur que prenant avis de l'un sur l'affaire de l'autre, quoique d'ailleurs ils ne Aisseot pas amis, ils ne

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