OPINION OE LA COUR. DISPOSITIONS EN ALLEMAGNE
en avait qui désiraient la continuation de la guerre , comme il y en avait qui demandaient la paix ; mais , à parler généralement, tous me traitaient sur ce sujet avec la plus grande honnêteté du monde. J'envoyai ' vers ceux qui s'étaient nouvellement engagés à défendre le passage du Rhin contre les troupes impériales, pour leur persuader de joindre leurs forces à celles du prince de Condé, que j'envoyais à même dessein.
Pour l'empereur, je lui avais fait donner avis ^ du voyage que je faisais en Flandre, et il l'avait reçu avec moins de chaleur que je ne m'étais figuré, me répondant seulement qu'il me priait de me contenter de choses raisonnables. Et même ' le comte de Furstem-
pereur, l'électeur de Bavière m'offrait encore les siennes pour m'en ser- Tir en tel lieu qu'il me plairait. » Le texte A, 9* cahier, f* 363 r*, parle aussi et dans les mêmes termes de l'électeur de Bavière. Ce détail, qui lui est particulier, a disparu de la rédaction définitive.
1. Au Journal (du 28 et 29 décembre, V. p. I9ô) : « Je traTaillals auprès des princes d'Allemagne, afin qu'ils Joignissent leurs troupes & l'armée que je youlals entretenir sous M. le Prince, pour empêcher le passage du Rhin. »
2. Cette phrase est presque littéralement dans le Journal (n* 25 du 19 juillet,. V. p. 177) : « Je fis donner part à rEmpereur par Gremonville de mon Toyage de Flandre, et, au lieu de recevoir cette proposition avec l'aigreur que je m'étais figurée, il me répondit simplement qu'il me conjurait... » Au texte A, 9* cahier, f» 362, il y a un commentaire : « ... il l'avait reçu avec moins de chaleur que je ne m'étais figuré, soit que la justice de mes droits lui fût si connue qu'il ne trouvât pas étrange que je les poursuivisse, soit qu'ayant de son chef d'autres affaires, il ne te crût pas encore en état d'entreprendre celle-lÀ, ou soit enfin que dam la connaissance qu'il avait de l'engagement où étalent entrés les autres princes d'Allemagne pour empêcher le passage de ses gens, il fût absolument persuadé qu'il s'opposerait inutilement à mon entreprise. » Le second : « soit que... » est effacé au Msc. La suite est comme au Journal: « 11 me répondit seulement qu'il me conjurait... »
8. Au Journal (n* 32 du 19 juillet, V. p. 181). « Le comte Guillaume de Furstemberg avait fait cependant la proposition do traité éventuel à l'em-
berg lui ayant fait quelque proposition touchant le traité éventuel, il témoigna ne s'en éloigner que par la peine qu'il aurait d'en faire Touverture aux ministres d'Espagne avant que le cas fût arrivé.
Mais cela ne m'empêchait pas de prévoir que, ma querelle continuant avec les Espagnols, ce prince les assisterait sans doute, et, faisant mon compte là-dessus, je recherchais tous les expédients qui pouvaient divertir ses forces ailleurs *.
Le dessein ^ que j'avais eu de donner à la Pologne un prince de ma maison , ayant été traversé par la mort de la reine, sur laquelle il était principalement fondé, le duc de Neubourg me fit prier de favoriser sa prétention; et le prince de Condé à qui j'en fis parler, m'ayant répondu avec toute Vhonnèteté et la soumission possibles,
perear, lequel avait témoigné être disposé à toute sorte d'accommodement sar ce sujet, mais qu'avant le cas arrivé, Il aurait honte de proposer la chose aux ministres d'Ë«pagne. » — Au texte A, 9* cahier, r* 3G2. « Et même le comte de Furstemberg lui avant fait vers ce temps-là quelque proposition touchant ce trailé éventuel dont je vous ai parlé l'année passée, il lui témoigna... » Au Journal, au lieu de « Furstemberg, » on a mis par erreur : « Nassau. » Le texte A copie la Taute, puis la rectiOe. — On peut ajouter ici un fait particulier que mentionne le Journal du 28 et 29 décembre (V. p. 198) : « Cependant étant né un fils à l'empereur, quoique ce ne me fût pas une nouvelle a;;réable, je la reçus de telle sorte qu*il eut lieu d'en ôtre oatisfait, témoignant en cela que j'avais quelque pouvoir sur mes premiers mouvements. •
1. Le Journal, un peu avant la phrase reproduite dans la note précédentA, contient c^ci : « Je recevais toujours des paroles civiles de l'empereur. Mais je ne laissais pas de me préparer î ce qui pouvait arriver de son côté. »
2. Le Journal est très-complet là-dessus (n^ 31 du 19 juillet, V. p. 180] : « La reine de Pologne étant morte rompit les prétentions que j'avais pour le duc d'Anguien sur cette couronne... Je promis mon assistance au duc de Neubourg, et donnai charge à mon ambassadeur de proposer le mariage. »
RELATIONS AVEC l'EMPEREUR, Là POLOGNE, LA SUÈDE. 281
je promis au duc ce qu'il me demandait : même, pour le servir suivant ses intentions , je fis proposer le mariage de sa fille avec le roi nouvellement veuf, lequel je tâchai de dissuader de l'abdication qu'il avait projetée. Mais depuis \ ayant entendu qu'il n'avait aucune inclination pour ce mariage, et voyant que le duc de Neubourg ne viendrait pas aisément à bout de son projet , je m'avisai de tirer un autre fruit de cette conjoncture. J'accommodai aussitôt ma conduite à ce nouveau dessein, et je résolus de favoriser moi-môme l'abdication que j'avais auparavant retardée, afin que les contestations qu'elle produirait attirassent les armes des Allemands, pendant que je m'établirais en Flandre. Quant aux Suédois ^, j'eusse bien désiré m'en assu-
1. Au Journal, dans les articles do 28 et 29 décembre (V. p. 196) : « Je tftchafs à donner à l'empereur de l'occupation en Pologne, tintôt en empêchant l'abdication du Roi, jusqu'à lui promettre de lui donner les mêmes secours pour le mainlfnir, en Tavorlsant la prétention de l'électeur, de Brandebourg, que s'il eût Tavorisé celle de M. le Prince; et puis, voyant que je ne le pouvais pas porter à ce parti-là, je me ramenais à le porter moi-mêdie à faire l'abdication, atln que les prétentions qui naîtraient ensuite attirassent les armes de l'Allemagne pendant que Je ferais mes affaires en Flandre. »
2. Au Journal, il est plusieurs fois question des Suédois. Dans les articles donnés par le Roi le S9 mars (n** 12, V.p. 158): « Je pressais le traité de Suède, mais je n'osais pourtant y faire paraître trop d'empressement, de peur que cette couronne n'en prît avantage. » A la suite de cet article, e5t indiqué le thème d'une réflexion qu'on lira dans le Supplément aux Ml moires de 1 667 n** 6 : le texte A l'a seul développée. Dans les articles donnés la veille de Pâques, par conséquent encore avant que la guerre fût commencée (n* 33, V. p. 165) : « Je donnai ordre à Pomponne de ne pas presser le traité de Suède parce que cela le faisait reculer. » Dans les articles donnés le 19 juillet (n^ 20, V. p. 176) : « Les Suédois continuaient dans leurs Troideurs, mais ils s'adoucirent pourtant un peu connaissant mes premiers succès. » Dans les articles donnés le 28 et 29 décembre
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rer auparavant que la guerre fût déclarée. Mais étant certain que, comme de leur part ils pouvaient être utiles à mes desseins, mon alliance leur apportait aussi des avantages qui ne devaient pas être négligés, et voyant que plus on les pressait plus ils reculaient , je voulus tenter si, en leur témoignant plus de froideur, ils ne s'avanceraient pas davantage ^ Et, depuis, voyant encore que ce remède n'opérait pas et ne voulant pas épargner des démarches de cérémonie pour venir à de plus solides fins, je leur fis reparler de nouveau, mais ce fut toujours inutilement ^ Je reçus du roi de Danemark des offres fort civiles ' ;
(V. p. 196) : « Après avoir affecté de la froideur avec les Suédois, J'avais fait reparler inutilement d'accommodement. Mais lorsque Je n'en atlen* dais plus rien, eux-mêmes sont revenus, et l'on est rentré en traité. »
I. Le texte A, où les négociations avec la Suède placées beaucoup plus haut, après les négociations avec les Hollandais au sujet du salut des amiraux (V. p. 233), enjambent du 6* au V cahier (f* 178 v» et ^ 340 r*) s'en tient à ces mots. La »Mite est donnée dans le texte B (6* cahier, f* 269 r*). ,2. B, f 269 : « .. mais ce fut inutilement. » Ce texte B emprunte ensuite ridée du Journal. « Et néanmoins, quelque temps après, lorsque je n'y pen:*ais plus, ils renouèrent d'eux-mêmes la négociation. » La phrase a été effacée, sans doute & cause de la stérilité de ces négociations, et on a, par une addition en interligne, formé la phrase actuelle : « ...mais ce fut toujours inutilement. » — Le texte A, ?• cahier, I* 340-342 . ne contient pas la phrase des textes B et C : « Et depuis, voyant encore... mais ce fut inutilement. » H y en a une autre : « C'est pourquoi J'envoyai de nouveaux ordres à mon ambassadeur touchant cette négociation, loi commandant de s'y porter en apparence avec toute la froideur qu'il pourrait affecter, sans nuire absolument au succès de Taffaire. » Laquelle phrase est suivie d'une réflexion sur la conduite des princes en matière de traités, que les textes B etC n'ont pa^davantage conservée. L'éditeur de 1806 l'a à tort fondue dans son texte qui est cependant la copie du texte C. On la lira dans le Supplément aux Mémoires de 1667, n* 6 : le dernier alinéa surtout a une certaine importance.
3. Au Journal du 28 et 29 décembre (V. p. 196) l'artide est presque dans les mêmes termes.