‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 136 sur 280 · AVEC LE DANEMARK, LA SAVOIE. LIGUE EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

AVEC LE DANEMARK, LA SAVOIE. LIGUE EN HOLLANDE

mais, parce qu'il ne me semblait pas en état de rien faire d'important pour moi, je me contentai de lui répondre avec une honnêteté réciproque.

J'entretenais avec plus de soin les bonnes intentions du duc de Savoie, auquel j'avais d'abord donné part de mon dessein ' ; et parce qu'il pouvait m'ètre utile en Italie, je tâchais de l'attacher à mes intérêts, en lui faisant toutes les propositions que je croyais capables de lui plaire.

Les Hollandais, qui ne pensaient peut-être pas que je connaissais les brigues qu'ils faisaient contre moi ^, me parlaient toujours avec la même liberté de ce qui regardait leurs avantages, et s'efforcèrent de m'engager à ne rien conquérir près de leurs frontières ^ ; mais je leur refusai précisément ce point. Et même * les trois mois que par leur entremise j'avais donnés de surséance aux Espagnols étant expirés vers la fin de décembre , je

1. An Journal du lOjoUlet (V. p. 179) n*28): « J avais envoyé donner part & M. de Savoie de mon dessein, et ménager son affecUon en cas qae J*en eusse besoin pour faire la guerre en Italie. » Et plus loin (artieles du 28 et 39 décembre V. p. 191) : • Le duc de Savoie m'ayaol fait des réponses fort honnêtes sur l*avis que je lui avals donné de Aion dessein sur la Flandre, je lui fis faire toutes les propositions que je crus lui pouvoir être agréables pour l'engager à faire la guerre aux Espagnols ou à leurs alliés en Italie. »

2. Les Mémoires ont déjà signalé ces cabales des Hollandais d'après on article du Journal (V. p. 265 et note S).

8. Au Journal du 28 et 29 décembre (V. p. 195). • Les Hollandais avalent voulu m'obllger à ne point aller de leur cêté, mais je n*ai voulu m'embarquer i rien. »

4. V. au Journal, avant Tartlcle mentionné dans la note précédente : « Mais le terme (des trois mois) étant expiré sans que les Espagnols eussent pris leurs résolutions, je retirai ma parole, et je fis entendre à tons les princes qui en avaient eu part que je ne prétendais plus y être obligé.»

déclarai que je ne prétendais plus la continuer. Et , en effet, m'ennuyant déjà de demeurer en repos ', je fis observer de divers côtés s'il n'y avait rien que Ton pût exécuter brusquement-, et entre autres, lorsque le prince de Condé alla tenir les États en Bourgogne , je le chargeai de reconnaître ce qui se pourrait faire dans la Franche-Comté.

J'avais depuis peu conclu un nouveau traité avec le roi de Portugal ^, par lequel il s'obligeait à ne faire ni paix ni trôve sans mon exprès consentement, et je lui promettais aussi de ne me point accommoder avec TËspagne sans lui faire accorder le titre de roi qu'on lui avait jusque-là refusé.

Mais ^ vers la fin de cette année , il arriva une révolution dans cet Etat, qui rompit absolument mes mesures : car le Roi qui, de sa personne, était fort incommodé, s'étant rendu plus insupportable encore par ses

1. Au Journal (p. 200) : « Ne voulant pas demeurer inutile même l'hiver, et voyant que les trois mois de terme que j'avais donnés aux Hollandais élaienl expirés, j'envoyai M. le Prince en Bourgogne pour observer si de ce côté il n'y aurait point quelque coup à tenter durant Thlver. .

2. Au Journal n« 29 du lOJuilIet (V. p. 179). « Je fis un nouveau traité avec le Portugal, le précédent n'étant demeuré qu'en projet. Par celuici je faisais ligue o£Pcnsive et défensive, promettant de ne point faire la paix que l'on ne lui donnât le titre de Roi. Mais, par Tévénement, cet engagement que Ton avait cru de conséquence s'est trouvé faible parce que les Espagnuls le lui ont offert d*eui -mêmes, b

3. Au Journal du 28 et 29 décembre (V. p. 198): « Comme les Espagnols faisaient toutes sortes d'offres avantageuses pour conclure la paix avec le Portugal, je travaillais aussi continuellement à l'empêciier, ou du moins à la retarder, et sur ces entrefaites j'appris la révolution qui était arrivée dans celte cour. > Il mentionne plus loin le même fait en le précisant (V. p. 200) : « J'appris qu'il était arrivé de grandes nouveautés en Portugal, et que le roi était dépossédé par son frère. »

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