‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 142 sur 280 · LES VERTUS GOMMUNES SONT POUR LE PEUPLE, MAIS LES ROIS · texte numérisé non relu

LES VERTUS GOMMUNES SONT POUR LE PEUPLE, MAIS LES ROIS

lears propres malheurs, au lieu qu'aucun ne s'est fait illustre pour n'avoir rien entrepris. Mais afin que les choses que je dis ici pour élever votre courage ne vous jettent pas dans une folle témérité, je suis bien aise en même temps de vous avertir qu'il ne faut pourtant pas embrasser toutes sortes d'occasions à la légère; que c'est principalement dans le choix que nous en faisons que la prudence nous doit servir de guide; que les plus brillantes ne sont pas toujours les plus estimables, et que tout l'éclat qu'elles nous font paraître ne doit jamais éblouir nos yeux jusqu'à nous empêcher de suivre les lumières de notre raison.

Telle est la réflexion dans son entier. On peut la faire suivre, ce me semble, d'un fragment qui est comme perdu dans le tome I (f<» lâo; r<» et v<^), et dont le début rappelle l'idée jetée en marge : « Les vertus communes sont pour le peuple, mais les rois... » Le rédacteur, comme il lui arrive si souvent, laisse en route sa pensée s'égarer un peu : sur le chapitre des louanges, comment la pente ne serait-elle pas glissante? Le vulgaire est encore maltraité : on Faccuse de ne savoir même pas donner au prince les louanges qui le toucheraient le plus! Il n'y a que quelques ratures sur ce texte isolé. L'orthographe y laisse à désirer : c'est sans doute une copie.

Les projets ordinaires et communs sont faits pour les âmes communes; mais ceux qui prétendent s'élever audessus ^ de leurs pareils doivent concevoir ^ de grandes et illustres pensées, qui puissent effectivement mériter

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