CONDUITE A TENIR DANS CES ÉGAREMENTS
ne se peuvent absolument maintenir que par un travail assidu. Car, quelque transportés que nous puissions être, nous devons, par le propre intérêt de notre passion, considérer qu en diminuant de crédit dans le public, nous diminuerions aussi d'estime auprès de la personne pour laquelle nous nous serions relâchés.
Mais la seconde considération, qui est la plus délicate et la plus difficile à conserver et à pratiquer, c'est qu'en abandonnant notre cœur, il faut demeurer maître absolu de notre esprit ^ *, que nous séparions les tendresses d'amant d'avec les résolutions de souverain; que la beauté qui fait nos plaisirs n'ait jamais la liberté de nous parler de nos affaires, ni des gens qui nous y servent ^, et que ce soient deux choses absolument séparées '.
Vous savez * ce que je vous ai dit en diverses occasions contre le crédit des favoris : celui d'une maltresse est bien plus dangereux K
1. Ao bronilloDy f 37S, eette phrase ett ijoatée en marge. Elle est fondue dani le texte de la copie, f* 374 r*. L'éditeur de 1806 ne la donne pas.
3. Le brouillon porte : • ... n'ait jamais part à nosafEalres. » L'éditeur de 1806, qui suit ordinairement la eopie, y renonce cette fois, on ne foit pas pourquoi.
3. Le brouillon, f* 37&, continue ainsi : « Lee inconfénients qui peuvent arriver de ce mélange sont si grands, que je ne puis assex vous les représenter. Les Antoine, les Antiochus... » Ces derniers mots sont même répétés par inadvertance. Le tout a été barré et ne reparaît pas sur U copie, f» 374 V*. ^ Le brouillon donne ensuite une phrase que la copie, f* 374, n'a pas conservée : € Dès lors que vous donnes à une femme la liberté de vous parler de choses importantes, il est impossible qu'elle ne vous fasse faillir. • L'éditeur de 1806 fait figurer cette dernière phrase, en alinéa séparé, après Talinéa suivant.
4. Au brouillon, f* 375 r*. un renvoi marqué par des signes connus fkit retrouver cette phrase écrite ao bas du f» 376 v<*.
6. La phrase est solfie, f* 376 v«, d'o» eommeocemeiit de développe-
s 16 SUPPLÉMENT AUX MÉMOIRES DE 16G7.
On attaque • le cœur d*un prince comme une place. Le premier soin est de s'emparer de tous les postes par où on y peut approcher. Une femme adroite s'attache d'abord à éloigner tout ce qui n'est pas dans ses intérêts^ elle donne du soupçon des uns et du dégoût des autres, afin qu'elle seule et ses amis soient favorablement écoutés, et si nous ne sommes en garde contre cet usage, il faut, pour la contenter elle seule, mécontenter tout le reste du monde.
La réflexion ne se termine pas là. La belle copie, f»* 378« 374, ne donne rien de plus ; mais le brouillon, ^ 375, contient encore un développement assez étendu qui mérite d'être conservé. L'éditeur de 1 806, en donnant le morceau qui suit, fait remarquer (note de la p. 293, t. II) qu'il c se trouve, daos la minute, surajouté à la mise au net du commencement. » C'est, avons-nous dit, la continuation du brouillon, non reproduite sur la belle copie. La page manuscrite est curieuse, parce qu'elle donne, en quelques mots écrits d'une façon fort peu lisible à la marge , la substance des idées qui vont être développées, et en indique même qui ne le seront pas.
Voici cette analyse :
Mauvais choix des gens. Haines ou amitiés attirent des haines. €e qui se fait par d'autres ^ platt d'autant
ment que Tolei : « Un homme qui a sa l'élerer Jusqu'à nous approcher de si près, ayant d'ordinaire beaucoup de bon sens, n'entreprend de nous persuader que des choses où ii y a beaucoup de fondement, et ne nous les peut... «Cette phrase, qui est restée inachevée» a été effacée depuis. Elle répond k une idée développée ailleurs (V. p. 238-241).
1 . La copie, f* 814 , à i'origine, s'arrèlait aux derniers mots de la phrase précédente. Tout l'alinéa qu'on va lire : « On attaque le cœur d'un prince...» ne ligure pas au brouillon ; c'est une addition faite sur la copie.
2. Les mots : « ... plaît d'autant, » Je les imagine pour faire un sens,