‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 153 sur 280 · GeUe fin de phrase est barrée au Mkc · texte numérisé non relu

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ne me souciai pas que Ton attendit pour cela mon arrivée, préférant le solide avantage que cette diligence me donnait à la vaine satisfaction qu'un autre eût peut-être trouvée à faire dire qu*il se fût lui-même rencontré à ces deux attaques. Ce n'est pas que ce ne fussent en effet deux places de réputation. Car Besançon, se prétendant ville impériale, ne reconnaissait le roi d'Espagne que pour protecteur, et passait pour la plus peuplée du pays , comme aussi Salins était sans difficulté la plus riche par les fontaines qui lui fournissaient le sel. Mais, après tout, en l'état où étaient alors l'une et Fautre de ces places, il était malaisé qu'elles se défendissent longtemps.

Le prince de Condé marcha lui-même sur Besançon, n'ayant au plus que deux mille hommes , et la somma néanmoins si fièrement de se rendre, que les habitants, persuadés qu'il était suivi de toute mon armée, capitulèrent dès le même jour, tandis qu'il envoyait le duc de Luxembourg à Salins, où, la consternation se trouvant pareille , on lui rendit sans combat la ville et les deux forts.

Ces deux nouvelles m'arrivèrent le même jour à Auxonne , d'où je partis le lendemain pour attaquer Dôle , quoiqu'à dire vrai la chose ne fût pas sans difficulté. Car le plan de la place m'apprenait qu'elle était garnie de sept grands bastions, la plupart bâtis sur le roc ; l'histoire me faisait voir qu elle avait deux fois résisté à de puissantes armées-, et la saison où nous étions m'avertissait qu'il n'était pas possible de camper longtemps. Mais, d'autre part^ je voyais aussi le peu de monde qui était dans la place, la consternation générale

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