NB PAS TROP SE CONFIER A LA FORTUNE
Ad da cahier 18* et le comroencemeût do 19« (À, t. tf, f^ 927- SKI; B, t. n, ^ 165-168). L'éâiteot de 1S«6 n*û ^ imité cette sage abstentioD (t. II, p. 146-148). lin'y a qno quelques eorrectioDs à relever sur les deux textes.
Il estcert»n que, dans la portée du raisonnement hu^ main, le parti que je leur conseillais {aux Hollandais) de prendre était sanscontredit le meilleur, parce qu'il était absolument sans dangers; que ^ quandily a unparti suri prendre dans une affaire, c'est toujours malfait d'en pren*dre un hasardeux. A quelque but que l'on veuille parvenir, le chemin le plus sûr est toujours celuique Ton doit suivre* Les Hollandais pouvaientbien espérer d'être vainqueurs, puisqu'on effet ils le furent cette fois -, mais ils pouvaient encore plus raisonnablement attendre la victoire de leur prodenceque du sort incertain des combats. L'espérance de vaincre mène ordinairement tous les deux partis i la mêlée -, et cependant il y en a toujours l'un des deux qui demeure vaincu. Les états de Hollande^ qui avaient été battus l'année dernière, pouvaient l'être en» core celle-ci ; et peut-être même qu'étant de bonne foi^ ils avoueraient qu'il y eut en cette occasion plusieurs moments où la flotte ennemie pouvait avoir l'avantage sur eux, si quelque secret destin favorable à notre cause ne l'avait empêchée d'en profiter.
n est bon de bien espérer de la fortune quand on est contraint de se commettre à sa foi ; mais tandis qu'il nous est libre de prendre un parti plus sûr, c'est loujours une grande faute de ne s'y pas attacher.
1. B, f* 166 ▼*, cette fin de phrase etl ajoutée en interligne.
L'espérance nous flatte bien agréablement ; mais elle nous trompe bien aisément : c'est elle qui nous excite aux choses les plus glorieuses -, mais elle nous en fait beaucoup entreprendre qui tournent à notre confusion, et je crois que ce serait une question fort difficile à décider, desavoir si, dans la conduite ordinaire des hommes, Tespérance produit plus de bien que de mal.
Les douceurs qu'elle leur fait goûter en idée sont quelquefois suivies de grandes amertumes le pouvoir qu'elle a de les élever au-dessus d'eux-mêmes ne sert bien souvent qu'à les faire tomber de plus haut; et comme, pour l'accroissement de leur fortune et de leur vertu, il n'est rien qui leur soit plus nécessaire que d'être touché de quelque bel espoir, il n'est rien aussi dans toute leur conduite en quoi ils paraissent plus déréglés et moins raisonnables que dans les choses qu'on leur voit espérer.
Il n'y a personne qui, dans cette matière, puisse être si bon juge que nous, qui voyons lous les jours paraître à nos yeux des espérances de si différentes natures, et qui par là reconnaissons clairement combien il s'en forme d'impertinentes, et combien elles font faire d'inutiles pas. Mais le plus salutaire fruit que nous puissions tirer de cette réflexion, c'est d'apprendre à faire un plus juste examen des nôtres mêmes, parce que, comme nous jugeons maintenant des autres, la postérité jugera quelque jour de nous*, et s'il est vrai que nos actions nous puissent promettre d'avoir quelque temps à vivre chez elle, nous ne devons pas négliger l'autorité de ses jugements.