SE DÉFIER DE L^ESPÉRANCE
N» 8. — V. t. 1, page 153. note 1.
C'est à la pmdeBce du prlace qii*ll tant attrlboer les hOÊk» eoiuiell* de «es Berrlteiir*.
La réflexion géDérale, inspirée par la maladresse de laconr de Madrid qni accepta sans réfléchir la médiation de la France au sojet du Portugal, est traitée assez amplement dans le texte C, où on insiste sur la prudence nécessaire dans les résolutions, sur la conduite de ceux qui conseillent les princes. Mais il est une idée, qui n'avait été signalée qu'en quelques mots ; on veut la mettre en relief et en faire la conclusion de la réflexion entière : à savoir, que c'est la sagesse du prince qui est la seule source de tous les bons conseils qui lui sont donnés. La paraphrase s'allonge donc, à la suite des pages gardées par notre texte C; le dernier rédacteur avait sous la main les textes antérieurs qui contiennent les nou« veaux développements, il n'en a pas voulu. C'est surtout pour cette dernière partie qu'un firagment plus ancien que les tex* tes À et B (Msc. t. III, ^ 127-130) est intéressant; il fait saisir certaines nuances de pensée ou d'expression. L'éditeur de 1806 (t. m, p. 115-117) suit, comme à l'ordinaire, sa copie qui est plus ou moins fldèle au texte B, que voici :
Ces sentiments (cTespérance et de crainte) que la seule estime fait naître naturellement dans leurs esprits (de ceux qui servent le Roi)y sont encore entretenus par le sage monarque avec tout Tart qu'il juge à propos d'employer, dans une chose qui lui est de la dernière conséquence. Tantôt il cherche à faire croître en eux Topinion qu'ils ont de sa capacité, soit ' en leur faisant
1. X, t. m, f^ 127 f*. La luiie de la phraae, donnée sur ce premier teite» y est biflée ; elle eet conter? ée aux textes A et B.
voir comme il sait pénétrer dans les plus secrets sentiments des hommes, soit en leur montrant comme il sait trouver dans son propre fonds ce qu'on n'eût jamais pu lui fournir d'ailleurs. Tantôt il les intéresse à son service, ou en prévenant leurs désirs par des grâces qu'ils n'attendaient pas, ou en leur accordant avec facilité celles qu'ils désirent avec justice; et tantôt il les tient dans la retenue, en ' leur faisant connaître qu'il ne serait pas sûr pour eux de sortir de leur devoir, ni de s'éloigner des bornes qu'il leur a prescrites, et eo leur faisant voir^ qu'il n'est point d'obscurité si maligne qui soit a l'épreuve des lumières qu'il a de lui-même, et qu'il reçoit incessamment de toute part.
Enfin, dans sa propre économie, il trouve le moyen de profiter de ce qu'ils ont de bon, sans rien souffrir de ce qu'ils pourraient avoir de mauvais -, il sait les rendre utiles à ses affaires, sans qu'ils soient à charge à ses sujets ; il sait leur faire part de ses grâces, sans les rem-
1. X, t. m, P> 128 T*» on litd*abord : « en ne Ifenr permettant pas de •ortir des Justes bornes. >
2. X, la première forme essayée est eelle-d : « qii*il n*est point d'entreprise au-dessus de son courage, » on « desonoœor», « nide ténèbres...,» et pois on reprend : « et point d'obscurité qui soit à couvert de ses lumières. • Tout ceci est effacé et remplacé en marge par une autre pbrase : « ...qu'il n'est, point d'obscurité qui soit à l'épreuve des lumières qu'il prend ei reçoit de toutes parts. • — L'image des ténèbres, des lumières n'est pas venue de premier Jet. Primitivement, après le membre Ae phrase, finissant par ces mots : ... « des Justes bornes qu'il a prescrites, • on lisait ceci t « soit en ne leur laissant Jamais croire qu'ils soient au-dessus de leurs concurrents, et même en leur faisant sentir qu'il peut être averti par plus d'une voie de tout ce qui se fait, et qu'un homme, quelque important qu'il lui pût être, ne lui cacherait Jamais deux fois la vérité, m N'eet-ce pas cette Idée de « cacher » qui a aatené l'obseurité, et par suite les lumières?