‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 161 sur 280 · ÉTAT DE L*EUROPE. COMPLOT DES HOLLANDAIS · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L*EUROPE. COMPLOT DES HOLLANDAIS

la France et TEspagne , et que ce terme étant passé , ils y emploieraient des remèdes plus efficaces. Et je compris que cette convention, quoiqu'elle semblât regarder également les deux couronnes , était néanmoins faite contre moi seul, tant parce qu'elle s'était résolue chez mes ennemis, que parce qu'en l'état où étaient les affaires , la paix ne devait apparemment dépendre que de moi.

Les Suédois n'avaient pas encore signé ce traité, mais on les y croyait résolus, et moyennant sept cent mille livres de pension que leur payait la république de Hollande, ils s'engageaient à lui fournir dix mille hommes de pied.

De la part des princes d'Allemagne , je n'avais pas nouvelle qu'aucun fût entré dans ce complot. Mais ceux qui avaient traité avec moi pour défendre le passage du Rhin, sommés de se joindre à M. le Prince, ne m'avaient pas encore fait de réponse positive *. Le duc de Lunebourg donnait ses troupes aux États de Hollande. L'évéque de Munster, sollicité par moi de faire quelque entreprise sur les états généraux, m'avait témoigné qu'il manquait de forces^ et, en effet, je savais qu'alors même il craignait le ressentiment de l'électeur de Cologne, lequel, ayant prétendu être nommé coadjuteur à cet évéché, s'en trouvait exclu par l'évéquedePaderbom.

Le roi de Danemark me faisait parler fort honnêtement : mais il avait une étroite liaison avec les Hollandais, et il armait alors un bon nombre de vaisseaux.

La Pologne, toujours agitée de ses troubles intestins, ne me pouvait assurément par elle-même donner sujet

t. F* S90 ▼*, les moU : « encore... poeHiTe » aont ijoatés au crayon.

de rien appréhender; mais j*apprenais aussi que je n'en devais pas attendre le sujet de diversion que j*avais prétendu faire naître de ce côté-là, parce que le roi témoignait encore de Tincertitude sur le sujet de son abdication, et la république * n'était pas résolue d'y consentir.

L'empereur paraissait assez tranquille; mais il avait toujours sur pied d'anciennes troupes , et de la part de TEspagne on le pressait de se déclarer avec toute Timpatience possible.

Les Électeurs en corps avaient député vers moi comme simples médiateurs *, mais tous n'étaient pas, en effet, dans les mêmes sentiments, et l'électeur de Brandebourg avait un corps considérable de troupes qu'il pouvait donner à mes ennemis.

Du côté d'Italie, je n'entendais que des exhortations à la paix, soit de la part du pape comme père commun de tous les princes catholiques, soit de la part des Vénitiens, qui se promettaient d'en tirer quelque secours pour Candie *, et le duc de Savoie, que j'avais excité par diverses propositions à tenter de son chef quelque chose, n'avait pu se résoudre à rien.

Pour les Suisses, je sus qu'ils avaient appris avec tout le chagrin possible mon entreprise sur la Franche- Comté, laquelle se vantait d'être sous leur protection, jusque-là qu'ils avaient confisqué les biens des officiers de leur pays dont je m'étais servi dans cette conquête d'Espagne. L'on disait que don Juan devait passer avec six ou sept mille hommes dans les Pays-Bas pour en

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