‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 164 sur 280 · ENSEMBLE DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

ENSEMBLE DES MÉMOIRES

question que « de levées de gens de guerre, d'armements de vaisseaux, de munitions de places, de soins inquiets, de combats sanglants, de défenses continuelles. » Mais, Dieu merci, quelques faits d'histoire intérieure , trop peu nombreux sans doute, sont interprétés avec la même sollicitude que les faits d'histoire militaire. S'il n'y a pas dans cet ordre d'idées des limites aussi précises que dans le domaine de la diplomatie et de la guerre, on peut noter, du moins, les événements les plus saillants qui sont l'objet des premières et des dernières réflexions : en Janvier 1666, la mort de la mère du Roi, Anne d'Autriche, et à la Un de 1667, la révolution domestique autant que politique qui a enlevé le trône de Portugal au roi Alphonse VI, occasion que saisit le rédacteur pour apprendre aux princes comment ils doivent se conduire envers leurs maîtresses. Les Mémoires de l'année 1668 donnent seulement la conclusion de la question militaire et diplomatique où se trouve intéressée depuis deux ans une grande partie de l'Europe ; ils n'ajoutent rien aux deux années précédentes pour Thistoire intérieure.

M. de Périgny, le principal rédacteur, celui qui revoit tous les textes, au moins les deux premiers dans les années 1666 et 1667, qui les émonde et les corrige, qui prend l'initiative de réflexions un peu audacieuses, a bien pu n'avoir pas Tintention de pousser plus loin son travail : il pouvait sentir qu'il touchait là au terme de l'époque la plus glorieuse , la plus prospère du règne de Louis XIV. D'autres fonctions d'ailleurs allaient l'enlever à cet office de scribe, j'oserais presque dire de penseur royal : le lecteur en titre de Louis XIV devient le précepteur du Dauphin dans le courant de l'année 1668. Singulière destinée! Il a vécu pendant deux ans dans un commerce intellectuel, dans une sorte de téte-à-téte avec le roi le plus hautain et le plus séduisant à la fois : tous les grands esprits du temps lui auraient envié cette rare distinction qui est restée jusqu'à ce jour un mystère. Pour le public, pour la cour elle-même, M. de Périgny ne compte

dans le monde qu*à partir dn choix ofQciel qui rappelle, par une faveur imméritée à ce qui semble, auprès de mon&ei-' gueur le Dauphin. Quand il est admis dans le cabinet d'étude de cet enfant, personne ne se doute qu'il sort du cabinet même du Roi. C'est parce qu'il a été initié au secret et à l'appréciation des plus grandes affaires, que Louis XIV le croit capable de diriger son fils dans les humbles études qui sont, pour un prince comme pour tout homme, le premier degré de l'instruction et de l'éducation morale. L'écrivain honoré de sa plus intime confiance , voilà le maître d'école qu'il donne au Dauphin.

POUR l'instruction du dauphin.

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