DEUX RÉDACTIONS AVANT CELLE DE PBLLI8S0N
sur les lignes et les additions en marge, dont on a tenu compte en récrivant les pages 27-70 du 1^ cahier. Nous n'avons de brouillon, de minute antérieure, que pour ce petit nombre de pages. Du reste, le fragment a contient un sujet entier : 11 traite de Tétat intérieur et du rôle extérieur de la France en 1661 . Ce qui précède dans le i" cahier n'est qu'un préambule (Msc., p. 1-38) sur le dessein de l'ouvrage et sur les sentiments du Roi avant la mort de Mazarin.
Nous trouverons sur le texte quelques observations de Louis XIV au crayon : c'est d'un crayon aussi , mais d'un crayon rouge que se sert Pellisson pour envelopper par des barres verticales ou larges guillemets les développements qu'il ajoute au texte B antérieur. Il importait donc de conserver ces traces de crayon : c'est ce que comprit le bibliothécaire qui fit relier les divers manuscrits de Pellisson. En tête du 1*' volume, se lit un ordre pour la reliure de < plusieurs cayers in-4'', assemblés par de larges sinets rouges, et de quelques feuilles indépendantes. » Il se termine par ces mots utiles : c Ne rien rogner du tout des marges, parce qu'il y a quelquefois de l'écriture sur toute leur largeur; ne point battre, parce que les fréquents crayons rouges et autres maculeraient, et qu'on ne saurait plus où l'intenlion de l'auteur a été de les poser. >
Les manuscrits in-4'' de Pellisson furent déposés à la Bibliothèque royale en 1768 par le maréchal de Noailles, qui, déjà neuf ans auparavant, y avait remis les portefeuilles in-f<> de Louis XIV (S. Fr. 2281, 3 vol.). Le dépôt est attesté par une note du bibliothécaire, qui prend place en tôte du P' volume (S. Fr. 2282, in-4o) ;
« Ces manuscrits m'ont été remis par M. le maréchal de Noailles, le 6« de septembre 1758. M. Melot y était présent. Sallier. >
Le maréchal de Noailles , qui avait reçu ces papiers de Louis XIV mourant, a sans doute dicté cette autre note écrite de la main d'un copiste :
« Mémoires faits sous les yeux da feu Roi, et qui m'ont été remis par Sa Majesté. »
La différence de format, in-f» pour les rédactions antérieures au travail de Pellisson, in-4o pour ses cahiers de révision ; les différences si sensibles d'écriture , non-seulement entre Pellisson et ces rédacteurs, mais entre ces rédacteurs et le copiste dont Pellisson s'est servi pour sa Campagne de Franche^Comié (t. II du Wsc. 228*2), auraient dû empêcher d'attribuer indistinctement tous ces papiers à un même auteur.
L'orthographe est un autre signe caractéristique. Nous allons mettre en présence une suite de mots empruntés : P au texte Â, dont on n'a que la table; 2** au texte B, dont on a deux cahiers et demi développés; Z^ au texte de Pellisson. Nous signalerons d'abord certains usages communs : u pour V, 0 pour a dans les verbes; y pour i dans les substantifs et les prétérits. Dans la table A, on saisit des différences entre le texte et les additions faites en marge. L'^ finale est de forme courte dans le texte, de forme allongée dans les additions : or M. de Périgny a ses 5 finales très-allongées. Les additions marginales ont leur orthographe particulière pour certains mots : c adjouter, ailleurs. » Si nous nous permettons un inventaire grammatical aussi minutieux , c'est pour mettre les lecteurs curieux à même de découvrir à quel auteur ou à quel copiste on peut rapporter ces textes manuscrits A et B, qui ne sont certainement pas de Pellisson. La révélation serait d'autant plus précieuse , que les cahiers de la seconde composition (texte B) sont de la même main à laquelle on doit un texte tout nouveau et très-important (texte C) des Méjmoires de 1666 que nous avons donné. L'écriture connue de M. de Périgny est celle qui se rapproche le plus de ces différents textes de 1666 et de 1661.
Voici les formes les plus saillantes de la Table des huit cahiers (S. Fr. 2281, t. I, f*»* 108-109) :
Des senti meD«: nuuarin; à l'égar; courone: aplicaUon; commança: choi«; pereoneejapela; di/érens; portraU, ejlre apeles ; re/Qexioa ; de/-