LA SAGESSE DU PRINCE SOURCE DE TOUS LES BONS CONSEILS
plir de faste ni d'emportements; il sait leur donner sa confiance * , sans leur abandonner son autorité ; il sait les rendre ses confidents, sans jamais cesser d'être leur mattre.
Après quoi je m'assure que vous ne serez plus surpris de me voir soutenir que tout ce qu'ils peuvent faire pour son service lui doit être absolument attribué, et que ^ vous croirez absolument à cette heure ce que je vous ai d'abord avancé, que ce ne sont pas les bons conseils ni les bons conseillers qui donnent la prudence au prince ; mais que c'est la prudence du prince qui seule forme de bons ministres, et produit tous les bons conseils qui lui sont donnés.
V 9. -* V. t. I) p«ge 165, note 1.
illCëreMee entre l'Infidèle et le bon serYltear. — Un roi ne 4mU fl^en rnipporler %a% Inl-niéme. — 9n'll mK le père «e
{Brouillon).
La vàQalité d*mi cbaneelier ou surintendant de l'empereur, qui a servi les intérêts du duc d'Anguien aux dépens de soù propre souverain, a Inspiré des réflexions conservées dans le texte C sur le tort que font les infidèles serviteurs à la repu* tation comme à la bourse de leur maître. Le texte A ( t. II, ^ 341-846, fin du SO"» cabier) contient d'autres idées sur le
1. X, «• mot « été ëffaeé pour « créanee, •• le seul qu'OB lise an texte B.
2. X, f 129 r*, on ni d*a])ord ; « et qoe toas coticevrei efsément ee ^■f illieat les nMltrei de l'art, que ce me tout pas— *
4i SUPPLÉMENT AUX MÉMOIBBS DB 1666.
même sujet, que le texte Bn'a pas dû reproduire (t. II, flTT y"", fin du 19« cahier), sans doute à cause de cette observatiou mise à la marge ànP 341 (texte A) : « gardé pour mettre ailleurs avec la suite. > Les pages qu*OD va lire ne sont pas dans réditioD de 1806, qui se conforme au texte B exclusivement tant que ce texte ne lui manque pas pour les faits ou pour les réflexions.
Mais il est certain que rintérét est une passion aveugle : aussitôt qu'un sujet s'abandonne à la discrétion de ce lâche transport, il ne craint plus rien, il n'aime plus rien, il ne respecte plus rien; ne pensant qu'à sa for* tune particulière, il néglige sans remords celle de l'État, et ne ménage ni le bien ni la réputation de son prince \ il tâche seulement d'en conserver la confiance comme un instrument nécessaire à son propre établissement. Le fidèle serviteur, au contraire, a de tout autres égards : le bien public le touche toujours plus que son avantage particulier ; la gloire et l'élévation de son maître sont les seuls objets de son émulation.
Ce premier fragment est assez net au Msc. (f» 341). Les idées suivantes sont le fruit de pénibles efforts; le brouillon n'en couvre pas moins de deux P** (345-346). On en a fait alors une copie plus propre et plus lisible (f^' 342-343) que nous gardons :
Il (le fidèle serviteur) aime mieux le voir (son maître) autorisé dans ses États et redouté chez ses voisins que de faire éclater ni ce qu'il exécute pour son service ni ce qu'il a de crédit près de sa personne. Et bien loin de
DIFPÊRENCE BNTHB L'iNPtDÈLB ET LB BON SERVITEUR. 45
prendre ^ et de recevoir de toutes parts au préjudice de son prince, il ne voudrait pas même accepter de sa propre main ce qu*il croirait pouvoir nuire à ses intérêts. Mais pendant que je vous fais voir ici combien sont éloignés en leur procédé les bons et les mauvais ministres, pour vous apprendre avec quel soin vous devez éviter les uns et quelle estime vous devez avoir pour les autres, souvenez-vous toujours que, pour bons que soient ceux que vous aurez pu choisir, vous ne devez pas pour cela vous reposer absolument sur leur conduite ni sur leur foi d^aucqne des choses qui vous regardent. La discussion des matières se peut faire par eul, mais toutes les résolutions doivent être de vous. Quelques lumières qu'ils puissent avoir, vous les devez toujours regarder comme subordonnées aux vôtres. Quelque zélés qu'ils soient pour votre avantage, vous devez considérer qu'ils ne sont pas obligés de prendre tant d'intérêt que vous dans le succès des affaires que vous leur commettez. Quoi qu ils fassent de bien ou de mal, leur bonne ou mauvaise réputation s'éteint presque ausst6t que leur vie, ou du moins s'affaiblit de telle sorte qu'à peine après un siècle leur nom demeure-t-il connu des plus curieux -, au lieu que la mémoire et le nom du prince demeurent seuls exposés en vue à toute la postérité pour soutenir ou la gloire ou la honte de tout ce qui s'est fait de bon ou de mauvais durant tout le temps de son gouvernement.
Le f* 348 donne encore cette phrase, en marge de laquelle 00 a mis : < porter ailleurs. >