‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 19 sur 280 · Celle idée «st dani le brouillon f · texte numérisé non relu

Celle idée «st dani le brouillon f

46 SCPPLÉMENÎ AUX MÉMOTRES DB I666.

Je pourrais ajouter à ceci une considération capable assurément de toucher une âme tendre et raisonnable, qui serait) que nos enfants, demeurant après nous sur le trône, nous laissent pour ainsi dire un intérêt immortel' dans la solidité des établissements que nous faisons, et semblent nous obliger par un nouveau titre à mesurer nos soins à la durée de notre postérité.

Une dernière réflexion est écrite au f» 344 v<> :

Mais ces intérêts de ' et du sang doivent être

comptés pour peu de chose auprès de ceux de noire couronne et de notre devoir. Notre État nous doit être bien plus précieux que notre famille, qui n'en fait qu'une légère partie. Et le titre de père de nos peuples nous doit être beaucoup plus cher que celui de père de nos enfants, puisque enfin Tun n'est qu'un don fort commun de la nature, et que Tautre est un fruit fort singulier de notre vertu.

Yoilà donc placée tant bien que mal cette idée annoBoée dans le Journal du Roi (V. 1. 1, p. 55) : « J'aime mieux conserver la qualité de père de mon peuple, que celle de père de mes enfants. La nature donne la dernière, et la vertu la première.» Elle n'est répétée nulle part ailleurs. Ici même, elle est sacrifiée avec les autres développements qui précèdent : une barre est passée sur toutes ces pages (^ 341-344).

L'ensemble de ces réflexions que le texte B n'a pas reproduites, qu'il a remplacées par deux ou trois phrases nouvelles, '

I. Le rédactear n*a pas trouTé le mot, puisqu'il laisse la place en liIaDe : « de ramour-propre, » sans doate.

UN Ml DOIT ÉTEB LE PÈKB DE SES P60»LES. 47

ne me paraissent, pas, malgré ravertiflaernent domié par le rédadear qu'elle^ étaient réservées pour un autre endroit , avoir pris place dans aucun des cahiers veivus Jusqu'à nous. Elles se rapprochent, en quelque chose, des idées exprimées dans le n*» précédent ; elles en seraient , à la rigueur, la eontinaation et le complément. Mais Tun de ces développenents ne saurait tenir lien tout à fait de Fautre. Ce sont les deox parties d'une même thèse, ayant, comme toujours, pour point de départ le prince, etaboutissantau prince, quelque éloge qui soit fait des serviteurs bons et fidèles, quelque intérêt qui soit témoigné pour les peuples.

ft* 10. — V. t. I, page 1<8, note î.

Bft» pa» lai— rr 4wer Imi dîfÊéartmêm emire Imi

Le texte définitif ne donne qu'une seule phrase sur • les différends entre les gens de considération » que le roi a soin d'apaiser dès qu'ils naissent. Le premier texte, A (t. III, b 12-16, 25« cahier), contient une réflexion développée, qui a dû être beaucoup travaillée , car même sur ces pages, qui sont d*une belle main, certaines- parties sont écrites deux fois avec des remaniements et des retouches, notamment le commencement. On peut la lire dans l'édition de 1806 (t. II, p. 189-192). La voici, d'après le texte A : on se rappelle que le texte B nous manque au delà du 20'' cahier.

Pour moi, je n'ai jamais pensé que Tod doit tenir pour une bonne maxime celle qui met le principal art de ré{(oer i jeter la division et le désordre partout» Laa

querelles qui se forment entre nos alliés, nous engageant tôt ou tard à prendre un parti, nous font des affaires d'autant plus fâcheuses qu'elles nous détournent des nôtres propres, et les démêlés que nous tolérons entre nos principaux sujets, obligeant chacune des parties à se fortifier contre son ennemi, les détournent toutes deux également de l'application qu'elles auraient à notre service. Je sais bien qu'il est des princes faibles et mal établis, qui, ne se pouvant pas soutenir par leurs propres forces, croient trouver un grand secours dans les animosités des particuliers, et ' qui, n'étant pas capables de se faire obéir par autorité, tâchent au moins de se rendre nécessaires par intrigue ^. Mais quel que soit en cela leur raisonnement, je ne saurais être de leur avis. Ce raffinement de politique qu'ils mettent à faire nattre des différends entre leurs sujets pour en devenir les arbitres, peut véritablement leur attirer, en certain temps, des déférences plus soumises qu'à l'ordinaire, mais ils ne sauraient manquer de leur produire tôt ou tard des conséquences très-dangereuses. Dès lors que

1. Dans la première copie du texte A, la phrase se continuait ainsi : «... et pour se rendre maîtres d'une partie de leurs sujets, Tculent bien se rendre compagnons des autres. Gomme ils iK>ient leur souTeraineté mal établie, ils prennent sans scrupule les voies les plus basses (par correction, on écrit : toute sorte de voies) pour la défendre. •

2. La phrase étant terminée ainsi , dans la seconde copie on y ajoutait une idée nouvelle qui faisait opposition à ce qui est dit des princes faibles et mal établis : « et (Je sais) qu'il y a bien de la différence entre la manière de gouverner les petits États et celle de soutenir les grandes monarchies. • Cette pensée nouvelle a sa valeur, mais elle n'aurait pas été à sa place; le rédacteur l'a biffée. -* Dans le Journal (V. t. I,aa haut de la p. 28), àproposdes libéralités et des pensions faites par le Roi aux étrangers, sont distingués les grands princes et les petits Ëtats.

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