‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 184 sur 280 · MINISTRES D*ÉTAT : GOLBERT A COTÉ DE POUQUET · texte numérisé non relu

MINISTRES D*ÉTAT : GOLBERT A COTÉ DE POUQUET

temps-là ses voleries ^ m'étaient connues ; mais je savais qu'il avait de Tesprit et une grande connaissance du dedans de TÉtat : ce qui me faisait imaginer que, pourvu quMl avouât ses fautes passées et promit de se corriger, il pourrait me rendre de ^ bons services.

Mais cependant, pour prendre avec lui mes sûretés, je lui donnai, dans les finances, Golbert comme contrôleur', homme en qui j'avais toute la confiance possible parce que je savais qu'il avait beaucoup d'application, d'intelligence et de probité*.

1. Le mot est bien réellement le même au Mac. de Pellisson (p. 131]. L'éditeur de 1806 l'a souligné^ je ne sais pourquoi ; il ne Test pas au Msc. Pellisson certainement a pris la phrase toute faite dans le texte B antérieur, et n'a pas osé la changer. Il est remarquable que cet alinéa sur Fouquet et le suivant sur Colbert sont, dans le texte de Pellisson, littéralement semblables à notre texte B. Pellisson, qui ordinairement change un peu la forme de chaque phrase, respecte ici des portraits, ou des jugements qui lui sont comme imposés par la volonté royale : ses antécédents lui en faisaient une obligation. On ne comprendrait pas qu'il eût imaginé de lui-même ce mot de : « voleries » à Tégard d'un ami dont il avait été le complice. Nous avons donc une certitude morale que le texte B est antérieur au texte de Pellisson. Si Ton veut savoir comment Pellisson parle de Fouquet, quand il ne copie pas la phrase d'autrui, qu'on lise la phrase qu'il lui consacre au moment de sa disgrâce dans V Histoire de Louis JIV jusqu'à ta paix de Nimègue : « Ceux qui sauront qu'après avoir Fervi quelques années sous ce ministre, avec beaucoup de part en sa confiance et en ses bonnes gr&ces, j'ai été plus longtemps encore enveloppé dans sa ruine que j'aurais voulu éviter par la mienne, et qu'à la fin la seule bonté du Roi m'a rappelé à la cour et à son service, ne chercheront point ici toute l'histoire de ce ministre Infortuné. » (Ëd. 1749 in-13, 1. 1, livre I, p. 28.)

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