‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 20 sur 280 · DIPPÊRBNDS KNTRB LES GRANDS FAVORISENT LES FACTIONS · texte numérisé non relu

DIPPÊRBNDS KNTRB LES GRANDS FAVORISENT LES FACTIONS

deux hommes de qualité se sont choqués, ils ont de part et d'autre leurs amis qui prennent leur querelle; il n'est personne dans l'État qui ne s'offre à l'un d'eux ; chacun des partis tient ses conseils et ses assemblées \ ceux qui sont dans les mêmes intérêts s'unissent de jour en jour plus étroitement. Le prince même ne saurait parler à personne, de qui les discours ne penchent de quelque côté. Les délibérations de son conseil se trouyent le plus souvent partagées ; mais, qui plus est, luimême est souvent obligé de se partager, et de défaire chaque jour en faveur de l'un ce qu'il avait fait en faveur de l'autre -, en sorte que, ne pouvant avoir rien d'assuré ni de constant dans sa conduite, il ne peut jamais aussi rien exécuter d'utile ni de glorieux.

Cependant, s'il s'élève d'ailleurs quelque mouvement intestin, les séditieux, toujours favorisés de l'une ou de lautre des cabales, y trouvent des chefs déjà tout reconnus, des conseils tout formés, des lieux d'assemblées tout choisis. Et s'il se présente un ennemi du dehors, celle des deux factions qui se voit la plus faible est toujours capable de lui tendre les bras, dans l'espérance d'en être appuyée ; car enfin, s'étant nourrie dès longtemps dans la haine de ses adversaires , elle trouve honnêtes tous les moyens qu'elle juge capables de leur nuire, et ne craignant rien tant que la nécessité de leur céder, elle aime mieux ' contribuer de tous ses efforts à faire désoler sa patrie que de se faire la violence de souffrir patiemment l'élévation de ses rivaux. Gomme nous l'avons trop bien reconnu par l'exemple de la Navarre, que Ferdinand

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