‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 202 sur 280 · Otte idée manque dans Pellisson · texte numérisé non relu

Otte idée manque dans Pellisson

3. Pellisson n*i pas cette phrase: H place Id troe réflexlOB sur la distinction à faire entre les traités , particulièrement pour lea traités itee TEspagne. V. le Supplément aux Mémoires de 1661, n* 4.

4. Pellisson : « Car en quelque profonde paix qu'on ait été avec eux, ont- Ils Jamais manqué à fomenter nos discordes domestiques et nos guerres driles ; et la qualité de calboUqnes par eieellfloee les a-i-alle ea nvl

40a MÉMOIRES POUR 166i«

si souvent en pleine paix et sans aucun engagement précédent s'étaient ouvertement déclarés protecteurs de ceux qui s'étaient révoltés en France ^ Et sans doute que le dessein que j'avais formé de protéger un roi lé« gitime qui ne pouvait subsister sans mon secours, n'était pas si difficile à soutenir que celui de défendre par pure animosité une populace mutinée.

Mais quoi qu'il y eût, en effet, dans mon procédé d'honnête et de généreux , j'étais bien aise encore ^ d'en re* trancher tout ce qui eût pu donner aux Espagnols quelque sujet de plainte contre moi, parle moyen du mariage dont je viens de parler*.

Mais soit que les Espagnols fussent avertis de mes intentions , ou qu'ils eussent des raisons à part pour vouloir attirer les Anglais de leur côté, ils leur proposèrent le mariage de la princesse de Parme qu'ils offraient de doter comme une infante»

Us passèrent même plus avant : car voyant que j'avais fait rejeter cette première proposition, ils firent encore les mêmes offres pour la fille du prince d'Orange, quoi«

Itmp» empêchés de fournir de l'argent sous main aux huguenoU rebelles?»

J. Pellisson ajoute : « Ils accueillent sans cesse avec soin, avec dépense, tout ce qui se retire mécontent de ce pays-ci , jusqu'à des personnes de néant et de nulle considération, non qu'ils ignorent ce qu'elles sont, mais pour montrer par là à celles qui valent mieux ce qu'on ferait en leur faveur. •

2. Pellisson rend la même idée. V. la fin du Supplément aux Mémoiree, n* 4. « Et tout ce que je croyais leur devoir déférer» était de ne le secourir (le roi de Portugal) que dans la nécessité, avec modératioa et retenue... » .

a. Pellisson signale ici le moyen d'influence dont Louis XIV crut pouvoir se servir à 1» cour de Charles U. V. le Supplément aux Mémoires, n* ô.

RIVALITÉ d'influence AVEC L'ESPAGNE. 400

que prineesse protestante, sans ' vouloir s'apercevoir que dans la profession qu'ils font d'être catholiques par excellence , il y avait quelque chose d'extraordinaire à vouloir ^ priver tous les catholiques d'Angleterre du secours qu'ils pouvaient tirer d'une reine qui ferait même profession de foi.

Mais je fis ménager cette affaire de telle façon que la seconde proposition fut rejetée comme la première , et servit môme en quelque sorte à la conclusion de celle que j'avais faite de ma part '•

Dans ce temps, je fis avorter le dessein que les ambassadeurs de Gênes avaient formé depuis plusieurs années d'usurper à ma cour le traitement royaU L'artifice dont ils s'étaient servis pour cela était de ne s'assujettir à ne prendre leurs audiences qu'aux mêmes jours où quelque ambassadeur de roi la devait avoir, et affectant d'entrer dans le Louvre immédiatement après lui, entraient comme lui au son du tambour que l'on battait à son occasion *.

1. Pellieson : t ... sans se souvenir alors de leur grand sèlcpoor la foi. »

2. Pellisson : • ... ôter aux catholiques toule la consolation et tout le support qu'ils y pouvaient espérer. »

3. Pellisson commence ici la seconde section du livre 11. L'éditeur de 1806 n*a pas marqué cette diviâion, qui prend au milieu de sa p. 68. *— Pellisson débute par une transition : « De toutes les affaires étrangères de cette année, ce fut la plus importante. Je no laisserai pas d'en toucher ici quelques autres de moindre conséquence, mais qui vous feront eonnattre qu'en affermissant tous les jours de plus en plus mon autorité au dedans. Je n'oubliais pas de maintenir au dehors, en toutes rencontres, la dignité et les avantages de la couronne. — C'est ici aussi que commence le 4* cahier de notre texte B. f* 173.

4. Pellisson : « ... afin qu'on ne pût distinguer si cet honneur les regardait ou non : vanité d'autant plus ridicule , qu'à remonter un peu plus

4lO MÉMOIRES POUR 1661.

Sur cette adresse pratiquée plusieurs fois , ils prétendaient avoir établi une possession, et furent assez hardis pour s'exprimer sur cette pensée. Mais * dès lors qu'elle me fut connue, je leur fis connaître nettement le peu de succès qu'ils en devaient espérer, indigné de voir qu'une ville autrefois sujette de mes aïeux , et qui n'avait d'autres droits de souveraineté que ceux qu'elle tirait de sa rébellion ^, osât prétendre des honneurs de cette nature.

J'éludai ^ aussi une prétention de l'empereur qui n'était guère mieux fondée. Ce prince croyant être obligé à me donner part de son élection comme avaient fait ses prédécesseurs, n'avait pu s'empêcher de m'écrire sur ce sujet-, mais parce qu'il avait répugnance à m'écrire le premier, il avait adressé sa dépèche à l'ambassadeur d'Espagne, avec ordre de ne la point délivrer qu'il n'eût obtenu de moi une lettre do compliments par laquelle il

haut, cet État tout entier, longtemps possédé par dos ancêtres, D*a aaeune souveraineté... » V. la On de l'alinéa suivant.

1. Peilisson : «Je fis entendre à ces ambassadeurs combien j*étals éloigné de souffrir leur folle prétention, dont Ils avaient bien osé s'expliquer : et ni eui ni leurs supérieurs n'ont eu garde dVn parler depuis, tremblant de peur au moindre mouvement que j'ai fait faire à mes troupes vert ntalie, par la connaissance qu'ils ont de ce que Je pourrait bien demander avec Justice. >

3. Peilisson : « ... depuis cent quarante ou tant d*années. » Et, en marge (Msc., liv. II, seet. 2, p. 7), il ajoute : « depuis 1538. > Il insiste sur cette condition de sujétion de Gènes : « ... nous appartenant légitimement à plusieurs twns titres, comme sont les traités volontaires et solennels avec tout te peuple qui se donnait à nous, sonvent renouvelés avec un plein et entier consentement , et confirmés plus d'nne fois par le droit det armes. »

3. Cette phrase de transition n'est pas dans Peilisson. La suite est presque littéralement copiée.

PRÉTENTIONS DE GÊNES, DE L'eMPBRSOR, ÉLUDÉES. 4ll

parût que c'était moi qui 1 avais prévenu* Mais je refusai de la donner, et pour apprendre à Tempereur à me mieux connaître, je Tobligeai en même temps à rayer les qualités de comte de Ferrette et de landgrave d'Alsace qu'il avait prises dans des pouvoirs donnés à ses ministres au préjudice des cessions qu'il m'avait faites par le traité de Munster. Et bientôt après je lui fis encore retrancher le titre de chef du peuple chrétien qu il se donnait dans un projet de ligue contre le Turc, comme s'il eût possédé véritablement le même empire, les mêmes droits qu'avait autrefois Cbarlemagne après avoir défendu la religion contre les Saxons , les Huns et les Sarrasins.

Cependant ^ ce trait de vanité ridicule m'oblige, à vous faire ici remarquer pour votre instruction combien ces empereurs dont vous entendez parler dans nos histoires modernes sont éloignés de la grandeur de ceux dont nous tirons notre origine et par quelles voies l'empire est tombé dans un si grand abaissement.

Car enfin, lorsque le titre d'empereur fut mis dans notre maison, elle possédait à la fois la France, les Pays- Bas, FAUemagne, l'Italie, vl la meilleure partie de l'Es-

1. PeUisMn oommenoe, non avee plus dMnsolence, mais avec plus dVmphase : « Et sor oe sujet, mon flts, de peur qu'on ne veuille vous imposer quelquefois par les beaux noms d'empire romain, de Gérar, de majesté Césarée, de successeur de grands empereurs, dont nous tirons ■otre origine , je me sens obligé de vous faire remarquer combien les empereurs d'aujourd'hui sont éloignés de cette grandeur dont ils affectent les titres. » — L'expression , « dont nous tirons notre origine , » qu'on Ut dans les deux textes, est un peu risquée au point de vue historique. Les Capétiens sont les successeurs, mais non pas les hériUers de naissance de la race eartov IngienBe.

pagne y qu*eUe avait distribuée entre divers seigneurs particuliers avec réserve de la souveraineté. Les sanglantes défaites de plusieurs peuples, venus du nord et du midi ^ avaient porté '^ si loin la terreur de nos armes que toute la terre tremblait au seul bruit du nom français et de la grandeur impériale. Mais la splendeur de cette dignité fut premièrement diminuée parles partages qui se faisaient alors entre les fils de France, et bientôt après nous la perdîmes entièrement par ^ Taffranchissement de la branche qui régnait alors en deçà du Rhin ^.

Car dès lors que les Allemands s'en furent une fois emparés, ils travaillèrent à nous en exclure pour jamais en éteignant le droit de succession qui nous y rappelait et en rendant Tempire électif \

La plupart des princes d'Allemagne ^ y trouvant leurs

Page 1