DEVOIRS DES ROIS ENVERS DIEU
à pied avec tous mes domestiques aux stations du jubilé, voulant que tout le monde conçût par le profond respect que je rendais à Dieu que c'était de sa grâce et de sa protection plutôt que de ma propre conduite que je prétendais obtenir Taccomplissement de mes desseins et la félicité de mes peuples.
Car ^ vous devez savoir avant toutes choses, mon fils, que nous ne saurions montrer trop de respect ^ pouf celui qui nous fait respecter de tant de milliers d'hommes. La première partie de la politique ^ est celle qui nous enseigne à le bien servir. La soumission * que nous avons pour lui est la plus belle leçon que nous puissions donner de celle qui nous est due ^ et nous péchons ^
1. Toute celte Ûo, moine le dernier alinéa, est assez sensiblement différente dans le texte de Pellisson, qui change Tordre des idées et refait les phrases. L'éditeur de 1806 cite en note (p. 90-92) ce « morceau des brouillons, qui lui parait vague et faible. » — Peltisson a un mouvement de début analogue à celui du texte B : « Et à vous dire la vérité, mon fils... »
2. Dans Pellisson, voici la phrase analogue, placée un peu plus bas : € Les armées, les conseils, toute l'industrie humaine, seraient de faibles moyens pour nous maintenir sur le trône, si chacun j croyait avoir même droit , et ne révérait une puissance supérieure , dont la nôtre est nne partie. »
3. Pelliseon : « Les rcitpects publics que nous rendons à cette puii^sance Invisible pourraient être justement nommés la première et la plus importante partie de toute notre politique, s'ils ne devaient avoir un motif plus noble et plus désintéressé. »
4. Au manuscrit du texte B, f» 178, cette phrase est ajoutée en interligne. Pellisson l'a adoptée; elle est fondue dans son texte : ce qui prouve que le texte B est antt^ieur au sien. Il la conserve presque dans les mêmes termes : « Notre soumission pour lui est la règle et l'exemple de celle qui nous est due. •
5. Pellisson place cette phrase avant la préc^ente. C'est par là , ches lui, que eommenct le morceau, « Et à vous dire la vérité, mon fils, nous
contre la prudence aussi bien que contre la justice ^ quand nous manquons de vénération pour celui dont nous ne sommes que les lieutenants. Ce que nous avons d'avantage ' sur les autres hommes est pour nous un nouveau titre de sujétion ; et après ce qu*il a fait pour nous ^, notre dignité se relève par tous les devoirs que nous lui rendons. Mais * sachez que, pour le servir selon ses désirs, il ne faut pas se contenter de lui rendre un culte extérieur, comme font la plupart des autres hommes.
Des * obligations plus signalées veulent de nous des
ne manquons pas seulement de Justice, mais de prudence, quand nous manquons... »
1 . PrlliMon : « Tout ce que nous avons d aTanta^res sur les autres hommes en la place que nous tenons, sont sans doute autant de nouveaux litres de sujétion pour celui qui nous les a donnés. »