‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 210 sur 280 · O'tte idée n'eint pas dans Pellis.oon · texte numérisé non relu

O'tte idée n'eint pas dans Pellis.oon

3. Pellisson a préludé à l'idée qui va iJtre exprimée par cette phrase : « Gardez-vous bien, mon fils, je vous en conjure, de n'avoir dans la religion que cette vue d'intérêt, très-mau valide quand elle est M'uie , mais qni d'ailleurs ne vous réussirait pas, parce que l'artifice se dément toujours et ne produit pas lonfrtempA les m^mes effets que la vérité. » — Alors paraît la phrase du texte B, ain^l arrangée : « A fon égard, l'extérieur sans l'intérieur n'est rien du tout, et sert plus à Toffenser qu'à lai plaire. » Pellisson n'a pas gardé l'idée incidente : « comme font la plupart des hommes. » — Il imagine une comparaii>on entre Dieu et les rois, au sujet dfi ce respect purement extérieur et peu sincère qui offense au libU de plaire : ■ Jugez-en par vou:<-m^me, mon fils, si vous vous trouvei Jamais, comme il est dilTlcite que cela n'arrive dans tout le cours de votre vie, en l'éiat qui est si ordinaire aux roU, et ob je me suis vu si souvent : mes sujets rebelles, lors même qu'ils ont eu l'audace de prendre les armes contre moi, m'ont donné peul-être moins d'indignation que ceux qui en même temps se tenant près de ma personne me rendaient plus de devoirs et plus d'aitsidultés que tous les autres, pendant que J'étais bien inrormé qu'IM me trahissaient et n'avaient pour moi ni véritabte respect ni véritable affection dans le oœur. »

4. Lét trois alinéa suivants ne sont pas dans Pellisson. C'est toujours

Les ROIS SONT PLUS OBLIGÉS QUE LES AtJTRBS HOMMES. 423

devoirs plus épurés; et comme en nous donnant le sceptre, il nous a donné ce qui paraît de plus éclatant sur la terre, nous devons, en lui donnant notre cœur^ lui donner ce qui est de plus agréable à ses yeux.

Quand nous aurons armé tous nos sujets pour sa gloire, quand nous aurons relevé ses autels abattus, quand nous aurons fait connaître son nom aux climats les plus reculés, nous n*aurons fait que Tune des parties de notre devoir. Et sans doute nous n'aurons pas fait celle qu'il désire le plus de nous si nous ne nous sommes soumis nous-mêmes au joug de ses commandements. Les actions d'éclat et de bruit ne sont pas toujours celles qui le touchent davantage, et ce qui se passe dans le secret de notre cœur est souvent ce qu'il observe avec le plus d'attention.

Il est inBniment jaloux de sa gloire, mais il sait mieux que nous discerner en quoi elle consiste. Il ne nous a peut-être faits si grands qu'afin que nos respects T honorassent davantage. Et si nous manquons de remplir en cela ses desseins , peut-être qu'il nous Uissera tomber dans la poussière de laquelle il nous a tirés '.

la même pensée qui le continue, à savoir que let roit sont plus obligés envers Dieu que les autres hommes, précisément parce qu'il leur adonné un rang supérieur. — Pellisson place ici nn long développement; il traite des rai:*ons i^ur let^uelles repose la croyance en Dieu. V. le Supplément aux Mémoires de luei, n« 9.

1. ta fin de ce morceau, que Pellisson n'a pas reproduite, a quelque ressemblance avec la paraphrase des psaumes, où nous avons recunnu la main de Pérignj. Nous en rapprochons quelques vert (V. an t. 1 notre Ëtude sur la composition des Mi^oioires, ch. y, sur Périgny, p. liv.)

Ce sont les peuples qui parlent :

Rois, Ttnet adorer m graud Roi qui, sur vous, A lui seul Umm I«s droits qo« vous avei snr aous...

Beaucoup ' de mes ancêtres qui ont voulu donner ' à leurs successeurs de pareils enseignements, ont attendu pour cela Textrémité de leur vie. Mais je ne suivrai pas en cela leur exemple. Je vous en parle dès cette heure, mon fils , et vous en parlerai toutes les fois que j*en trouverai Toccasiou '. Car, outre que j'estime qu'on ne peut de trop bonne heure imprimer dans les jeunes esprits des pensées de cette conséquence, je crois qu'il se peut faire que ce qu'ont dit ces princes dans un état si pressant ait quelquefois été attribué à la vue du péril où ils se trouvaient : au lieu que vous en parlant maintenant, je suis assuré que la vigueur de mon âge, la liberté de mon esprit et l'état florissant de mes affaires ne * vous pourront jamais laisser sur ce discours aucun soupçon de faiblesse ou de déguisement \

Ce iont les rois :

Tout ce qo^on voit en nous de gloire et de splendeur, Grand Dieu, nous le devons à la seule grandeur. L^éclat de ta faveur nous élève, et nous donne Les bien» et les honneurs, la vie et la couronne. Mais dès lors que de nous les yeux sont dclouroés. On nous voil languissants, abattus, consternés; On nous voit sans vigueur, on nous voit sans lumière. Retomber k Tinstant dans la même poussière Dont nous tira Teffort de tes puissantes mains Pour nous mettre au-dessus du reste des humains.

Les derniers vers surtout fournissent la phrase finale dn texte B.

1. Nous retrouvons le! Pellisson; Il conserve la première phrase et la fin de la dernière depuis : « au lieu que... »

2. Pellisson : « fkire de pareilles exhortations à leurs enfants. »

3. Sur le manuscrit du texte B, f* l79 v*, celle phrase est i^outée en interligne.

4. Pellisson : « ... ne vous permettraient point d'y soupçonner du déguisement ou de les attribuer à la vue du péril. » Cette fin de phrase est empruntée à une des'phrases du texte B, qu'on a laissées de c6té.

5. Pellisson conclut ainsi : « Ne me donnez pas ce déplaisir, mon fils, qu'elles n'aient un jour servi qu'à vous rendre plus coupable^ comme elles if feraient sans doute si vous veniez à les oublier. «

SUPPLÉMENT

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