‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 211 sur 280 · AUX · texte numérisé non relu

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Le Supplément se compose de parties démembrées du texte de Pellissou : ce sont , par conséquent , des pages connues depuis longtemps par l'édition des OEuvres de Louis XIV (1806, 1. 1). Sur le manuscrit, elles sont Tobjet de peu de corrections. Elles intéresseront moins par la nouveauté des faits que par le tour donné aux réflexions générales ou lieux communs. Les idées sont ordinairement suscitées par quelque indication fort sommaire du texte B. Le germe déposé dans ce texte prend un singulier développement sous les efforts de la plume trop laborieuse ou trop complaisante de Pellisson ; il grossit tout ce qu'il touche. En cela, il ressemble beaucoup aux rédacteurs des Mémoires de 1666 et de 1667-1668. La similitude que nous établissons entre eux et lui n'est pas à son avantage. Il faut se résigner à le compter parmi ces écrivains de troisième ou de quatrième ordre, dont le nombre fut grand au premier âge de l'Académie française. En 167 1, une forme de phrase plus ou moins savante et cadencée n'était plus un titre suffisant à l'admiration, comme vingt ou trente ans auparavant. Si les contemporains de Pellisson avaient été admis à lire de pareilles pages au moment où il les écrivait, ils n'auraient pas, je pense, porté de lui, comme historien moraliste, un jugement plus favorable que celui que nous osons émettre ici.

ANALYSE DE CES TEXTES

N^ 4. De l'amour du travail et du plaisir de gouTerner. Le Bof gouverne par lui-même. Il est difficile de choisir des ministres.

N<> â. Utilité de prendre conseil, mais aussi de décider par soimême. Les minisires mêmes aiment à sentir un maître.

N» 3. Ne pas souffrir les prétentions des compagnies de judicature à la souveraineté : abus de pouvoir punis ; faveurs retirées. Le Roi n*a pas contre elles de ressentiment : réflexion sur Tesprit de vengeance. Nécessité de maintenir Tautoriié souveraine.

N<* 4. Les traités avec TEspagne n'engagent pas le Roi à la rigueur.

N** 5. Habitudes de corruption à la cour d'Angleterre.

N^ 6. Puissance de Charlemagne, le grand empereur, dont les rois de France sont les héritiers. A-t-il eu le titre d'empereur romain ?

N* 7. Les rois de France valent les empereurs, et ne doivent pas leur céder le pas.

N" 8. Conduite à tenir à Tégard des protestants : les ramener sans violence. Origine du protestantisme.

N» 9. Raisons sur lesquelles repose la croyance eu Dieu et particulièrement en Jésus-Christ.

N« i. — Y. page 385, Hôte 4.

De ramonr du travail. — I«e Bol f^ouyeme par Ivl-méoie. Il est dinicile de choisir des BilabiU*eo.

Quant au travail *, mon flls, il se pourra faire que vous commenciez à lire ces Mémoires en un âge où Ton est bien plus accoutumé de le craindre que de l'aimer, trop

1. Ces pages sont dans l'édition de 1806, p. 19-30. Nous ne reproduf- «ons pas les parties de pages qui ont passé dans nos variantes. V. p. 386-389.

DE lVmOVR su travail» tu PUt^fR W GOCVERNER. 4tt

content d*étre échappé à la sujétion des précepteurs et des maîtres, et de n'avoir plus ni heure réglée ni appH* cation longue et certaine. Ici je ne vous dirai pas seule-* ment que c*est toutefois parla que Ton règne, pour cela qu'on règne, et qu*il y a de l'ingratitude et de Taudaee à regard de Dieu, de Tinjustice et de la tyrannie à Vêt gard des hommes, de vouloir Tun sans l'autre; que ces conditions de la royauté, qui ^ pourront quelquefois vous sembler rudes et fâcheuses en une si grande place, vous paraîtraient douces et aisées, s'il était question d'y parivenir.

Il y a quelque chose de plus, mon fils, et je souhaite que votre propre expérience ne vous l'apprenne jamais : rien ne vous serait plus laborieux qu'une grande oisiveté, si vous aviez le malheur d'y tomber; dégoûté premièrement des affaires, puis des plaisirs, puis d'ellemême, et cherchant partout inutilement ce qui ne se trouve point, c'est-à-dire la douceur du repos et du loisir, sans quelque fatigue et quelque occupation qui précède.

Je m'imposai pour loi de travailler régulièrement deux fois par jour ^.

Je ne puis vous dire quel fruit je recueillis aussitôt après cette résolution. Je me sentis comme élever l'esprit et le courage, je me trouvai tout autre, je découvris en moi ce que je n'y connaissais pas, et je me reprochai avec joie de l'avoir si longtemps ignoré. Cette première timidité que le jugement donne toujours et qui me fai-

1. Sur le manuscrit de PelliMon, p. 7^, on lit d'abord : « ... que ces conditions qu'un peu de mollesse lait «]uelquefois sembler... •

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