CONDUITE A TENIR A L*ÉGARD DES PROTESTANTS, 4S
N* S. — T. page 418, note 4.
C^Mlolto à tealr à l^ésard dea PrelestoBte. l^em ramener mmnm Tleleaee. ^ Orl^ne ûm prete«(eBllmne.
Certainement PelUsson n'aurait pas écrit les pages qu'on va lire si, au moment où Louis XIV l'associait à son travail des Mémoires, il avait pratiqué encore la religion prétendue réformée. Un protestant, si zélé courtisan qu'il fût, ne pouvait pas se charger de Juger, de condamner ainsi, même en des termes modérés, sa doctrine et son parti. La conversion de Pellisson ayant eu lieu à la fin de l'année 1670, nous avons un motif de plus pour ne pas prêter à cet écrivain la rédaction primitive, ni même la seconde rédaction des Mémoires de 1661, qui se sont abstenue&^ considérations générales sur les protestants et sur le prdHBntisme. Dans la Table du texte A, l'idée est signalée en ces termes au 2^ cahier : « Réflexion sur le danger qu'il y a de souffrir les nouveautés en matière de religion ; » mais elle ne parait pas y avoir tenu une place aussi considérable que c^lle que lui accorde Pellisson. Le texte B donne seulement des faits ; il n'y a pas d'appréciation générale.
La courte « réflexion » du texte A est peut-être le thème que développe Pellisson. Ce sont, du reste, les pages les plus expressives qu'il ait ajoutées aux Mémoires de 1661 \ Rulhière a consulté, pour son ouvrage sur les protestants, le roa-
I. Ce morceau a sa valeur pour les protestants. Rulhière a remarqué, p. 2-17 de ses Éclaircissements sur ta révocation de Vidit de Nantes^ 17SS, qu'ayant pas«épar les mains de trois abbés (l'abbé d'Olivet, qui le premier le publia dans un Recueil anonipÊte dopuicules littéraires (Amsterdam, in-t2, 1767), TabliéSallier, qui reçut les manuscrits de Noaillesàla Bibt. imp.. en 1768, l'abbé Soucbay, auquel Tabbé Salller légua une partie de ses papiers], Il a été falsifié. Il ne sait auquel des trois on doit attribuer cette fraude. Rulhière copia de sa main tout le morceau sur le manuscrit déposé à la Bibl. imp. par le maréchal de Noailles. M. Charles Readabien voulu nous communiquer cette copie de Rulhière, qui ligiiale en marge
4&4 SUPPLÉMENT AUX MÉMOmES DE 1661.
nuscrit original déposé par le maréchal de Noailles à la BibL du Boi.
Et quant à ce grand nombre de mes sujets de la religion prétendue réformée , qui était un mal que j'avais toujours regardé et que je regarde encore avec douleur, je formai dès lors le plan de toute ma conduite envers evLXi que je n'ai pas lieu de croire mauvaise , puisque Dieu a voulu qu'elle ait été suivie et le soit encore tous les jours d'un très-grand nombre de conversions.
Il me sembla S mon fils, que c«ux qui voulaient employer des remèdes violents ne connaissaient pas la nature de ce mal , causé en partie par la chaleur des esprits, qu'il faut laisser passer et s'éteindre insensiblement, au lieu de Texcitei^de nouveau par des contradictions aussi fortes, toujours inutiles d'aiUeurs, quand la corruption n'est pas bornée à un certain nombre connu, mais répandue dans tout TÉtat.
Autant que je l'ai pu comprendre, l'ignorance des ecclésiastiques au siècle précédent, leur luxe, leurs débauches, les mauvais exemples qu'ils donnaient, ceux qu'ils étaient obligés de souffrir par la même raison, les obus enfin qu'ils laissaient autoriser dans la conduite des particuliers contre les règles et les sentiments publics de l'Eglise ^, donnèrent lieu plus que toute autre
les différences avec rimprimé de 1767. Elle est à U Bibl. imp. (S. Fr. 40)6, 1.) Nous relevons (oui ce qui a de l'importance : l'éditeur de 1806 l'avait fait du reste, en partie, dans ses notes. (Œuvres de Louii XIV, 1. 1, p. 84-89.)
I. Ce g des éditions de 1767 et de 1806 n'est pas dans la copie de Rulhière.
?. La phrase, depuis « les abus... * jusqu'ici, manque dans l'édition de 1767.
aniGiïiË PU PROTE^TAimsiiE. 45>5
cbo^ei a ces grandes blessure» qu'elle a reçues par le schisme et par Thérésie.
Les nouveaux réformateurs disaient vrai visiblement en beaucoup de choses de celte nature, qu'ils reprenaient avec autant de justice que d'aigreur. Ils imposaient au contraire en celles qui ne regardaient pas le fait, mais la croyance '. Or, il n*est pas au pouvoir du peuple de distinguer une fausseté bien déguisée quand elle se cache d'ailleurs parmi plusieurs faussetés évidentes.
On commença par de petits différends, dont j'ai appris que les protestants d'Allemagne, ni les huguenots de France ne tiennent presque plus de compte aujourd'hui. Ces petits différends en produisirent de plus grands, principalement parce qu'on pressa trop un homnie vio* lent et hardi, qui, ne voyant plus de retraite honnête pour lui, s'engagea plus avant dans le combat, et, s'abandonnant à son propre sens, prit la liberté d'examiner tout ce qu'il vénérait auparavant. Il promit au monde une voie facile et abrégée pour se sauver : moyen trèspropre à flatter le sens humain , et à entraîner la multitude. L'amour de la nouveauté en séduisit plusieurs *. Divers intérêts des princes se mêlèrent à cette querelle. Les guerres en Allemagne, puis en France, redoublèrent l'animosité du mauvais parti. Le bas peuple douta encore moins qu'une religion ne fût bonne, pour laquelle
1. L*éditeurd«s tltH a satHlKoé ceci : « Le» nouveaux réformatean, qui rqirenaienl ces déaordret avec autant de Justice que d*aigreur, prirent d<^ là occasion d*im|KMer en ce qui ne regardait pas le fait et la pratique, Dial« la croyance et les dogmes. • -