MOTIFS PARTICULIERS A LA RELIGION CHRÉTIENNE
autant de fatigue que de péril par toute la terre pour la convertir; méprisés, persécutés, et finissant presque tous leur vie par le martyre, mais ne se relâchant ni ne se démentant jamais par eux et par leurs successeurs. Cette religion qui prêchait des mystères si opposés au sens humain, et des maximes si dures et si fâcheuses aux gens du monde, sans les forcer par aucune violence, sans armer jamais le sujet contre le prince, ni le citoyen contre le citoyen, sans faire jamais que souffrir et que prier, a désarmé ses persécuteurs et toutes les puissances qui lui étaient contraires, s'est établie par tout le monde, s'est vue dominante en moins de trois siècles : ce qui ne peut être arrivé, dans le bon sens, que par les miracles dont Thistoire chrétienne est rem-plie, et que nous ne voyons plus aujourd'hui, mais dont ce progrès si grand et si étonnant du christianisme nous prouve la vérité, outre mille autres témoignages très-authentiques.
Voilà, mon fils , les considérations dont j'ai été le plus touché. Je ne doute pas que celles-là même ou d'autres ne fassent un pareil effet sur vous, et que vous ne tâchiez de répondre sincèrement au nom de très* chrétien que nous portons : si ce ne peut être en toutes vos actions comme il serait à souhaiter, ne perdez jamais de vue pour le moins ce qui fait tout le mérite des bonnes et tout le remède des mauvaises et des faibles.
€«iiiaieiii se iertlaaicai le» Bfémolrefl de IttSfl . Cette fUi i^at être néffllsée.
Le quatrième cahier, da texte B antérieur à la révision de Pellisson, nous laisse au moment où les rédacteurs vont aborder la question des ûnances lors de la disgrâce de Fouquet : un sujet tout nouveau allait donc conunencer. Nous nous rencontrons ici avec le troisième alinéa du cinquième cahier du texte A. Ainsi on a perdu tous les développements qui se rapportent à cette fm du cinquième cahier, et à l'ensemble des trois cahiers suivants.
Y a-t-il beaucoup de regret à avoir? Pour tous les faits de finances, on ne lit pas, dans les cahiers du texte primitif A, un seul mot que n'ait donné l'aperçu de finances de I66i à 1666, composé d'après les Mémoires de Colbert. Ces renseignements techniques sont reproduits en tète de notre Étude sur la Composition des Mémoires (V. 1. 1). Les gens de plume que Louis XIV emploie sont étrangers à la pratique et à la science des affaires : ils ne se risqueraient pas à rien ajouter d'eux-mêmes sur un pareil sujet. Même Pellisson, quoiqu'il s'entende bien à ces matières qu'il a maniées autrefois dans la complicité de Fouquet, déclare, nous favons vu (V. 1. 1, p. CLXxvii), qu'il s'en tient pour la révision de Tannée 1661» en ce qui concerne les finances, aux indications qui viennent du Roi : or, ces indications, suivies dans le texte A, et sans doute dans le texte B, ont pour premier auteur le contrôleur général. Pellissoo a des raisons particulières pour être discret : ce n'est pas par incapacité ou par ignorance. Les pages sur les finances n'auraient donc pas été très-précieuses.
En faisant le compte exact de ce que les rédacteurs auraient pu rendre intéressant à leur manière, la perte véritable se borne à Tentreprise du baron de Yatteville, où la prérogative de la France et l'orgueil du Roi sont engagés : de là, les pro-