‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 26 sur 280 · REPROCHE ADRESSÉ AUX HOLLANDAIS, ALLIÉS DU ROI · texte numérisé non relu

REPROCHE ADRESSÉ AUX HOLLANDAIS, ALLIÉS DU ROI

Et néanmoins, je voyais bien qu'il était à propos de mettre là quelqu'un dont le bon sens me pût donner quelque repos d'esprit dans les rencontres difficiles.

Il y a enfin cette addition à la phrase sur Du Terron, addition effacée comme les trois lignes qui précèdent.

... m'assurant que Bellefons était fort propre à faire exécuter les choses selon mes intentions.

N» 14. — V. t. I, page 187, note 1,

Béflcxl«ii à propes de la retraite déleyale éem Hollandais devant la flotte anglaise. — Il ne ffavt pas, pevr nne légère ftMite) enibller plualeiuni serrlees {Brouillon).

La surprise et le mécontentement de Louis XIV, quand il apprit que les Hollandais avaient laissé, sans livrer de combat, la flotte anglaise se porter à Tile de Wight, c'est-à-dire sur la routeque pouvait suivre leduc deBeaufort pour aller se rëuuir à leurs vaisseaux, prennent des proportions bien plus considérables dans le texte A que dans notre texte €• Quatre lignes de ee dernier texte contiennent la substance d'une page entière queTédition de 1806 (t. II, p. 225-226) a reproduite d'après la copie du texte A. Cette amplification est moins curieuse cependant que la réflexion dont nous la faisons suivre : nous tirons les pages nouvelles des mêmes volumes Msc. (t. I, ^ 140-141) où elles n'ont pas été remarquées jusqu'ici; il ne DOQ^ parait pas qu'on doive leur attribuer une autre place. Peignons d'abord l'étonnement et l'indignation du roi (texte kyUlUft^ 63-(^), sar ceqoe les Hollandais, au lien de coin-

battre, se sont retirés de ptas de trente lieues des Abords de niedeWigfat:

Ces nouvelles étaient d'autant plus étonnantes qu*il n*eût pas été possible à toute la prudence humaine de les prévoir, après les conventions que j'avais faites si fraîchement avec les états de Hollande. Je fis partir aussitôt des courriers divers pour donner avis au duc de Beaufort d'une si surprenante aventure.

A dire vrai, on ne peut pas s'imaginer une si expresse contravention que celle qu'ils faisaient en cela aux résolutions que nous avions prises, dont Tune des principales était que les états feraient le plus de diligence possible pour marcher au-devant du duc de Beaufort, avant que les ennemis se pussent mettre entre deux ; et que si, malgré nos efforts communs, les Anglais se trouvaient au milieu de nous, la flotte de Hollande les suivrait pas à pas pour les tenir toujours en inquiétude et pour empêcher qu'ils ne pussent user contre mes vaisseaux de tout l'avantage que le nombre leur donnait.

Au lieu que les états avaient fait précisément le contraire : car, quoiqu'ils fussent en mer quelques jours avant les Anglais, et qu'ils pussent, par conséquent, s'avancer si fort devers ma flotte, qu'il n'eût pas été au pouvoir des ennemis de les empêcher de s'y joindre, ils se laissèrent dépasser par la flotte anglaise, et même, la voyant passer devers nous, se retirèrent aussitôt vers leurs côtes, comme s'ils leur eussent voulu laisser une entière commodité de nous charger.

Le manquement des Hollandais à une promesse formelle

LEUR RETRAITE DÉLOYALE DEVANT LA FLOTTE ANGLAISE. 6t

andt cependaDt son excuse, leur amiral Ruyter étant malade, comme Û est dit dans les deux textes A et CL Louis XIV put donc se radoucir, et son rédacteur chercha une réflexion à approprier au sujet; de là les développements isolés des f^ 140- 141 (Msc. 1. 1). Cette réflexion est bien certainement inspirée par le fait actuel ; on en jugera par les premières lignes. Cadre-t-elle heureusement avec le fait ? Le rédacteur parait lui-même en avoir douté, puisqu'on lit en tête, et en marge : « cayer à garder, » « râlexion à garder pour ailleurs. » Nulle part ailleurs, elle n'a été employée. Nous la remettons au jour, à l'endroit où elle a pris naissance. Le ré* dacteur avait raison de la retirer, car on s'y est bien vite écarté del'objet principal, c'est-à-dire de la conduite des peuples ou des princes envers leurs alliés, et la réflexion est devenue, comme à l'ordinaire, une leçon à l'adresse des sujets. Les sujets et le prince, c'est pour eux exclusivement que l'on pense, que l'on écrit.

Ces folios qu'on ne gardait pas ont été traités comme d^ pages de brouillon, où on pouvait jeter, à la marge, tout ce qui venaità la pensée. Ainsi, outre le titre delà réflexion que nous allons donner : c ne pas oublier plusieurs services pour une l^re faute, > deux ou trois autres sont écrits à la suite, pour mémoire : « des gens de guerre ; » « ne pas épargner la dépense dans les choses utiles ou glorieuses; » « sur l'utilité de l'histoire. »

Voici ces pages X inédites :

Mais je ne voulus pourtant pas faire paraître aucun chagrin de ce procédé. Au contraire, prenant en bonne part les raisons qui me furent données pour le justifier, je ne laissai pas de faire de ma part tout ce qui me fut possible cooune vous * le verrez dans la suite, considé-

]• Od ut d*abord t « Tavet va. »

rant que, dans le reste de la campagne, les Hollandais a?aient bien fait leur devoir.

Et je vous observe plus particulièrement ceci parce que ceux qui ont écrit la vie des princes les ont souvent accusés en général d'un défaut dont je vous devrais bien garantira Ils disent qu'ordinairement ceux de notre rang oublient tous les services rendus durant un long temps par la considération d'une seule faute.

Peut-être qu'à bien examiner les choses, on trouverait à justifier une bonne partie de ceux que Ton a chargés de ce reproche, en faisant voir qu'il est de certains crimes qui ne peuvent pas être dissimulés par la considération de quelque service que ce puisse être, parce que l'intérêt public est à préférer en tout au particulier, et qu'il ne faut pas qu'un sujet, pour avoir fait son devoir en plusieurs rencontres, ait la liberté d'entreprendre tout au moindre mécontentement qu'il pourra recevoir, et qu'il s'imagine qu'il s'est acquis par ses travaux une entière impunité.

Mais ces grands crimes exceptés, je suis persuadé que nous devons avoir de l'indulgence en beaucoup de choses soit pour nos alliés, soit pour nos sujets qui d'ailleurs ont quelque mérite. Il ne serait pas juste que mille bonnes actions fussent effacées par une seule mauvaise. Nous devons entrer en considération de la faiblesse des hommes et voir qu'il en est peu qui ne s'écartent quelquefois du droit chemin. La vertu ^ de chaque

1. Une barre est passée sar tout ce qui précède, comme pour séparer le fait particulier aux Hollandais de la réflexiou générale, qu'on r^crve ponr un autre endroit.

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