‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 262 sur 280 · AUTRES AFF. ÉTRANGÈRES ET INTÉRIEURES. LE DAUPHIN NAIT. M · texte numérisé non relu

AUTRES AFF. ÉTRANGÈRES ET INTÉRIEURES. LE DAUPHIN NAIT. M

ettnne si j^aTais mné tvae mi pM trop d'éclat ée f airantagt que j*avai8 sur elle.

Je pois ajouter, comme une suite de cette affaire, un autre ar*> ti0ce des Espagnols que je découvris alors , et auquel je m'opposai. Avec le même dessein de venir à cette égalité prétendue, ils avaient gagné ceux qui dressaient les pouvoirs des ambassadeurs de Venise, qui, toutes les fois qu'on y parlait de la France et de l'Espagne , les joignaient ensemble par les mots délie due corone. Je m*en plaignis et fis cesser cette nouveauté.

J'obligeai encore le roi Catholique à me faire justice sur un autre point, c'est-à-dire à ôter de ses titres la qualité de comte de Roussillon qu'il se donnait toujours, quoique ce pays me fût acquis par le droit des armes , et cédé par le traité des Pyrénées , sans compter le droit ancien que la France avait de le retirer des mains des Espagnols , qui n'ont jamais exécuté les conditions sous lesquelles il leur avait été donné.

Les Polonais et les Moscovites, environ ce temps-là, me prirent pour médiateur dans leurs différends. Les ducs de Savoie tt de Modène remirent les leurs à mon jugement.

Tous naquîtes, mon fils, le premier du mois de novembre. Gomme tontes ces choses glorieuses à mon État et à ma propre personne venaient d'être faites ou paraissaient fort avancées, j'en tirai un secret augure que le ciel ne vous destinait pas k abaisser ▼otre patrîe. La joie de mes sujets, qui fut très-grande pour votre naissance, me fit voir d'un côté combien ils sont naturellement affectionnés à leurs princes , et , de l'autre . tout ce qu'ils se promettaient un jour de vous, dont ils vous feraient, mon fils, un reproche éternel si vous ne remplissiez leur attente.

Je donnai ensuite divers ordres pour le dedans du royaume, sur lesquels je ne m'arrêterai pas, les ayant déjà touchés en partie quand je vous ai parlé des réformations que j'y avais entreprises. Je licenciai les mortes-payes, qui n'étaient qu'une dépense inutile; je commençai à régler, par un édit, Tâge et la conduite des officiers de justice : à quoi néanmoins j'ai beaucoup ajouté depuis.

comme vous le verrez en son liea. Je continoai à faire ealrer des troapes dans mes places , pour modérer l*excessiye aulorité des goovemears. Je mis la dernière main à cet utile règlement des duels, dont l'effet a été si grand et si prompt qu'il a presque exterminé un mal contre lequel mes prédécesseurs, avec d'aussi bonnes intentions que moi , aTaient inutilement employé toutes sortes de remèdes.

J'achevai cette année, et commençai la suivante, par la promotion de huit prélats et soixante-trois chevaliers de Tordre du Saint- Esprit : les places n'en avaient pas été remplies depuis l'année 1633, c'est ce qui en faisait le grand nombre; mais j'aurais souhaité de pouvoir encore élever plus de gens k cet honneur, ne trouvant pas de joie plus pure pour un prince que celle d'obliger sensiblement plusieurs personnes de qualité dont il est satisfait , sans charger pas un de ses moindres sujets* Nulle récompense ne coûte moins à nos peuples, et nulle ne touche plus les cœurs bien faits que ces distinctions de rang , qui sont presque le premier motif de toutes les actions humaines, mais surtout des plus nobles et des plus grandes ; c'est d'ailleurs un des plas visibles effets de notre puissance, que de donner quand il nous platt un prix inûni à ce qui de soi-même n'est rien. Vous avez appris, mon fils, quel usage les Romains, et particulièrement Auguste, le plus sage de leurs empereurs, savaient faire de ces marques purement honorables, qui étaient bien plus fréquentes en leurs siècles que parmi nous. D'excellents hommes ont blâmé les derniers temps de n'en avoir pas assez : il est à propos ^ non-seulement d'user de celles que nos pères ont introduites, quand nous le pouvons, mais même d'en inventer quelquefois de nouvelles , pourvu que ce soit atec jugement, avec choix, avec dignité, comme vous verrez ailleurs que j'ai tftcbé de vous en montrer l'exemple.

Nous avons confessé notre paavreté poar l'année 1663. (V. p. 465-468.) Avant de recueillir avec soin tout ce que noas offraient les inannscrits, nous avons donné l'analyse d'an fragment assez long de Pellisson qui n'est pas dans les manuscrits de la Bibliothèque impériale : c'est ce fragment qu'on va lire. Nous en empruntons la copie comme pour le n** 1 de l'Appendice à l'édition de 1806 des Œuvres de Louis XIV {U I, p. 146-300, et p. 20S-207), négligeant de reproduire ici les morceaux dont nous avons déjà fait usage, soit pour l'interprétation d'autres textes de cette année (V. les variantes du texte A de 1662, p. 471-485), soit pour l'intelligence de quelques pages de Louis XIV de 1679, qui sont célèbres sous le titre de : Réflexions sur le métier de Roi (V. p. 515-517).

D'après la composition de Pellisson, Tannée 1662 commençait le III« livre des Mémoires du Roi. Ce livre était partagé comme les précédents , en sections : division sans importance que nous ne signalerons qu'en note.

Je comiDençai * PanDée 1663 avec ud ferme dessein, non-seulement de continuer ce que j*avaia entrepris pour le bien de mes peuples, mais encore d*y ajouter chaque jour coi que Teipérience me découvrait d'avantageux et d*utile. En trafaillant au rétablis-

Page 1