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sèment des finances , je m*éuis déjà assujetti, comme je tous Tti dit, à signer moi-même toutes les ordonnances qui s'expédiaient pour les moindres dépenses de l*État. Je trouvai que ce n*était pas assez, et je voulus bien me donner la peine de marquer de ma propre main, sur un petit livre que je pusse voir à tous moments, d*un côté les fonds qui devaient me revenir chaque mois, deTaor tre toutes les sommes payées par mes ordonnances dans ce moislà, prenant pour ce travail toujours l'un des premiers jours da mois suivant, afin d*en avoir la mémoire plus pré»eBte*
Il se pourra faire, mon fils, que dans le grand nombre de coortisans dont vous serez environné, quelques-uns, attachés à leurs plaisirs et faisant gloire d'ignorer leurs propres affairés, vous représenteront quelque jour ce soin comme fort au-dessous de U royauté. Ils vous diront peut-être que les rois nos prédécesseurs n'en ont jamais usé de la sorte, non pas même leurs premiers ministres qui auraient cru s'abaisser s'ils ne se fussent reposés de ee détail sur le surintendant, et celui-là encore sur le trésorier de répargne, ou sur quelque commis inférieur ou obscur. Mais eeu qui parlent ainsi n*ont jamais considéré que, dans le monde, Iff plus grandes affaires ne se font presque jamais que par les plus pe* tites , et que ce qui serait bassesse en un prince, sHl agissait V^ un simple amour de l'argent , devient élévation et hauteur quaod il a pour dernier objet l'utilité de ses sujets, l'exécution d'une ii finité de grands desseins, sa propre splendeur et sa propre magnificence, dont ce soin et ce détail sont le plus assuré fondement. Que s'ils veulent vous avouer la vérité, et reconnaître combien ^ fois ils prennent de fausses mesures, ou sont contraints de rompre celles qu'ils avaient prises, parce qu'il plaît ainsi à leur intendant, qui seul est le maître de ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas foire* quelles contradictions et quels chagrins ils ont à essuyer Ik-énr sus, vous jugerez aisément qu'ils auraient sans comparaison moins de peine à savoir leurs affaires qu'à ne les savoir pas. Imagineir vous , mon fils, |que c'est encore tout autre chose pour un Roit dont les projets doivent être plus divers, plus étendus, et plus cachés que ceux de pas un particulier, de telle nature, eofiUi qu'à peine se trouve-t-il quelquefois une seule personne au monde i qui il puisse les confier tous ensemble et tout entiers. Il n'y a ce-