‹ Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin. D'après les textes originaux avec une étude sur leur composition, des notes et des éclaircissementsChapitre 272 sur 280 · GOUVERNEUR, ARCHEVÊQUE DONNÉS A PARIS. TROUPES DU ROI · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR, ARCHEVÊQUE DONNÉS A PARIS. TROUPES DU ROI

yent soîis lés gdiitérnëurs cessent de prendre avec eux les atiachemenis et les mesures qu*ils y prenaient auparayant ; Taotre , que lés gouverneurs eux-mêmes, ne pouvant demeurer dans leur emploi que par une continuation de ina bonne volonté , vivent dans une soumission beaucoup plus grande.

Je donnai encore un archevêque à Paris, après lui avoir donné un gouverneur. On sait le peu de sujet que j*avais alors d*étre content du cardinal de Retz, et de quelle conséquence il m^était que cette dignité fût remplie d'un autre. Tant qu*il avait espéré son rétablissement des intrigues ou des révolutions de la cour durant la vie du cardinal Mazarin, 11 avait opiniâtrement refusé sa démission, quelques propositions avantageuses qu'on lui eût pu faire. Il ne me vit pas plutôt agir par moi-même, et Tautorité affermie en mes mains qui rendait toutes les cabales inutiles , quMl crut que le meilleur parti était de se remettre à ma volonté, comme il fit sans aucune condition. J*avais nommé d*abord pour cette place importante Tarchevéque de Toulouse, Marca, homme d*un savoir et d*un mérite extraordinaires; mais il mourut aussitôt après, et je choisis pour lui succéder Tévèque de Rhodez, qui avait été mon précepteur. Je ne fus pas fâché sans doute, mon iils, de reconnaître, par cette marque de mon affection, le soin qu*il avait pris de mon enfance, et il n*y a personne à qui nous devions davantage qu*à ceux qui ont eu Thonneur et la peine tout ensemble de former notre esprit et nos mœurs. Mais je ne me serais jamais déterminé à ce choix, si je n'eusse connu en lui, avec plus de certitude qu*en aucun autre , les qualités qui me semblèrent les plus nécessaires en un poste aussi considérable que celui-là. J'ai trèssouvent résisté â mon inclination, je le puis dire avec vérité, pour ne faire de cette nature de bien à des personnes à qui j*aurais fait avec plaisir du bien de toute autre sorte, ne remarquant pas en elles ou la capacité on l'application d'un véritable ecclésiastique K

1. Suivent des réOeiions sur le choix d<s sujets pour les béoéflce» d'Ëglise, que nous avons déjà eu occasion de citer (V. 1662, p. 48jh488).

Ce fut < eikYiroa ce même temps, moo fils, qae je créai et mk sur pied votre compagnie de cbevau-légers : ce ne fut pas sflalement pour yous donner cette marque de mon affection, mais aussi par une occasion particulière quMl est bon de tods eipliquer. La paix me permettait de licencier la plus grande partie de mes troupes ; le dessein de soulager mes peuples m'y engageait. De dix-huit cents compagnies d'infanterie, je n*en gardai qne bail cents, et de mille cornettes de csTalerie que quatre cent nmdset leraent ; mais la guerre pouvait facilement revenir, et Ton poivait difficilement retrouver des troupes aussi aguerries qne celleslà , surtout si on perdait ce grand nombre d'officiers qnMI avait fallu réformer, et qui en faisait la principale vigaeor. Une partie n'avaient que leur emploi pour subsister, et me touchaient de compassion. Plusieurs ne pouvant se résoudre à Toisiveté entière pensaient à prendre parti chez l'étranger. Je crus à propos d*ea retenir autant que je le pouvais auprès de ma personne. J'en plaçai quantité dans mes gardes du corps et dans mes mousquetaires, et ce fut pour occuper les autres que je formai votre compagaie de cbevau-légers, leur donnant, outre la paye ordinaire des corps où ils entraient, des pensions proportionnées aux emplois où ii^ avaient été jusqu'alors : et ainsi , je faisais subsister un grud nombre de braves gens, et je me conservais à moi-même le nM>yei de remettre en moins de rien d'autres troupes sur pied, pen différentes des premières, puisque c'est d'ordinaire l'officier qai i>spire non-seulement la discipline et l'adresse, mais aussi le cotrage au soldat. Et d'ailleurs, j*avais souvent remarqué avec plaisir la différence presque infinie du reste des troupes d'avec celles de ma maison, que l'honneur d*être plus particulièrement à moi, la discipline plus exacte, l'espérance plus certaine des récompenses, des exemples du passé, l'esprit qui y régnait de tout temps, rendaient absolument incapables d'une mauvaise action. Ainsi il oie semblait utile d'en augmenter plutôt que d'en diminuer le nombre: à quoi je trouvais aussi de la dignité et de la grandeur.

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